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L'homme épuise les ressources naturelles


le 30 mars 2005 à 12h18
Temps de lecture
3min
environnement pollution usine fumee

Crédits : INTERNE

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SciencesUn rapport de l'ONU donne l'alerte mercredi. Les services fournis par la Nature se dégradent à vitesse grand V. Pointé du doigt, l'impact nocif des activités humaines sur les écosystèmes.

L'Homme modifie les milieux naturels à un rythme sans précédent depuis 50 ans, affaiblissant la capacité de la nature à fournir des services essentiels comme l'air, l'eau et la protection contre les catastrophes naturelles. Un constat alarmant dressé par 1.300 experts de 95 pays sous l’égide des Nations Unies. Leur "rapport de synthèse sur l'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire" (lire l’encadré ci-dessous), publié en France par l'Unesco, concluent à la dégradation d'environ 60% des services clés fournis par la nature à l'homme. Vingt-quatre services qui incluent notamment la fourniture d'eau douce, des stocks de pêche et la régulation du climat.

Certes, la productivité de services comme l'agriculture, le bétail et les produits de l'aquaculture s'est accrue, concourrant au bien-être de millions d'hommes. Mais cette productivité s'est réalisée au détriment des autres services de la nature, notent les experts. Ainsi, la surexploitation des stocks de poissons a épuisé la ressource, et la fourniture d'eau douce est à un niveau inférieur aux besoins, conclut le rapport.

Perte de diversité

Depuis 1945, il y a eu plus de terres converties à l'agriculture qu'au cours des 18e et 19e siècles réunis. Un quart de la surface de la planète est cultivée, note le document. Plus de la moitié des engrais azotés synthétiques utilisés pour l'agriculture l'ont été depuis 1985. Ces modifications drastiques des sols se traduisent par une perte de la diversité des espèces : 12% des oiseaux, un quart des mammifères et au moins 32% des amphibiens sont menacés de disparition d'ici un siècle.

Les pauvres sont les plus touchés par les modifications induites par l'Homme. Les barrages, par exemple, fournissent l'énergie aux villes mais bouleversent l'accès à la terre et à la pêche pour les ruraux. La déforestation à grande échelle, en Indonésie ou en Amazonie, pénalise les populations autochtones qui vivent de la forêt. Le rapport de 2.500 pages formule quelques pistes pour enrayer la dégradation : prendre en compte la nature dans la prise de décision, améliorer la planification, influencer les comportements individuels.

Quatre ans d'évaluation

L'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millennium ecosystem assessment) est un projet sur quatre ans, d’un coût de 21 millions de dollars, mis en œuvre par différentes agences de l’ONU, des organisations scientifiques internationales et des agences dédiées au développement. 

photo : archives LCI

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