
Un an jour pour jour après le début du mouvement qui a ébranlé le monde de la recherche, des milliers de chercheurs sont descendus mercredi à nouveau dans la rue à Paris et en régions pour dénoncer le projet de loi en préparation du ministre délégué à la Recherche François d'Aubert, qu'ils "considèrent comme une base inacceptable pour définir les grandes lignes de l'avenir du système de recherche français".
A Paris, de 6.000 à 7.000 manifestants selon les organisateurs, 3.000 selon la police, ont défilé entre La Sorbonne et la place de la Bastille. "Recherche et enseignement supérieur : un autre projet est possible", proclamait la banderole déployée en tête de la manifestation de Paris, qui regroupait des chercheurs des grandes universités franciliennes et des grands organismes publics comme l'Inserm, l'Inra ou le CNRS. "Le projet de loi est repoussé de mois en mois", a déploré le porte-parole de Sauvons la Recherche, Alain Trautmann. "On veut cette loi, et une bonne loi", a-t-il ajouté, faisant allusion au projet de loi d'orientation et de programmation qui doit traduire dans les faits les revendications exprimées par les chercheurs et être présenté en conseil des ministres fin mai par le gouvernement.
"No recherche, No future"
A Marseille, plusieurs centaines de chercheurs - 400 selon la police, 500 selon les manifestants - ont défilé de la gare Saint-Charles au Vieux Port. Ils s'étaient auparavant rassemblés en assemblée générale à l'Université de Saint-Charles en faisant circuler un texte baptisé "Le serment des Marseillais". A Bordeaux, une manifestation a rassemblé de 500 à 600 chercheurs, thésards, étudiants, doctorants, enseignants. Ils ont posté une lettre aux parlementaires portant, selon eux, un millier de signatures. A Lyon, ils étaient 2.000 selon les organisateurs, 700 selon la police, pour réclamer "un texte de loi sérieux", et à Grenoble les manifestants ont installé un stand dans le centre-ville portant une affiche "No recherche, No future".
A Lille, environ 250 manifestants, dont certains habillés en blouse blanche, ont manifesté avec sifflets, casseroles et tambours. A Nancy, des étudiants et des lycéens se sont joints à la manifestation des chercheurs pour un cortège de quelque 500 personnes. A Tours, une cinquantaine de chercheurs, de différents secteurs (Université, CNRS, INRA) se sont réunis à l'heure du déjeuner en centre ville pour proposer aux passants de signer une pétition "Sauvons la recherche". A Brest, une centaine de chercheurs, essentiellement du CNRS, de l'université et de l'Ifremer se sont rassemblés à l'université Victor-Segalen avant de participer à un sit-in sur les marches de l'université. A Toulouse enfin, les quelque 300 manifestants lançaient des slogans tels que "y'en a marre d'enfiler des CDD, la recherche publique, c'est pas des Légo".
ANR : programmation adoptée
La programmation de l'Agence nationale de la recherche (ANR), créée en février, a été adoptée mardi. La programmation est composée de programmes dits "blancs", issus des propositions de scientifiques, de programmes à mener en partenariat avec la recherche publique ou privée et de programmes thématiques pour un montant supérieur à un milliard d'euros. Des projets "téléguidés par le secteur marchand" et qui négligent le domaine des sciences humaines, selon le SNCS-FSU. L’Agence a indiqué recruter par ailleurs "des scientifiques responsables de programmes de recherche".
photo : manifestants à Paris (LCI)
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