Mobilisation internationale pour les phoques

Par AFP, le 29 mars 2005 à 07h00 , mis à jour le 29 mars 2005 à 12h45

Alors que le Canada s'apprête à reprendre cette semaine la chasse aux phoques, une coalition d'associations de défense des animaux appelle à boycotter les produits canadiens issus de la pêche. Le ministre canadien de la Pêche répond que l'espèce est loin d'être menacée.

phoque © INTERNE

La chasse aux phoques doit reprendre cette semaine au Canada. Mais déjà, une vaste coalition de groupes de défense des animaux appelle à un boycottage des exportations canadiennes de poissons et autres produits de la mer aux Etats-Unis et en Europe. Cette coalition crie au "massacre", alors que les autorités canadiennes, jugeant que l'espèce est abondante et en bonne santé, ont fixé à 319.517 le nombre de bêtes, essentiellement des phoques du Groënland, qui pourront être abattues cette année, ce qui portera le total à 975.000 depuis 2003.

Cette intensification de la chasse suscite l'indignation des dizaines d'associations qui composent la coalition, comme le Fonds international des protection des animaux (IFAW) ou la Humane Society des Etats-Unis. Chaque année, ces associations mènent d'intenses campagnes médiatiques dénonçant la "cruauté" des chasseurs canadiens, qui gourdin au poing, frappent à mort de jeunes phoques sur la banquise. La chasse a procuré l'an dernier un gagne-pain de 16 millions de dollars canadiens à un peu plus de 15.000 pêcheurs de l'Est du pays, inactifs en cette saison. Elle se déroule dans deux zones, aux Iles-de-la-Madeleine, archipel québécois du golfe du St-Laurent où elle débutera le 29 mars, puis à Terre-Neuve.

"Le plus grand et le plus cruel des massacres"

"C'est le plus grand et le plus cruel des massacres de mammifères marins de la planète", estime l'IFAW. Ces affirmations fond bondir le ministre canadien des Pêches et Océans, Geoff Regan, pour qui "la chasse au gourdin est souvent moins cruelle que les méthodes utilisées dans les abattoirs commerciaux" pour les bovins ou les poulets. Cette "rhétorique exaltée qu'emploient les pourfendeurs" ne vise, selon lui, qu'à "réunir des fonds pour leurs organisations".

Les défenseurs des animaux sont, aujourd'hui, d'autant plus amers qu'ils concluent à "l'échec" de leurs campagnes menées au début des années 1980 et qui avaient contraint le Canada à interdire la chasse aux "blanchons", les jeunes phoques du Groënland de moins de 12 jours qui n'ont pas encore mué. Pourtant, toute chasse avait pratiquement cessé jusqu'en 1995, les embargos sur la vente des peaux de "blanchons" aux Etats-Unis et en Europe ayant provoqué un effondrement des prix. Mais la chasse a ensuite repris, en même temps que la demande pour les peaux, pendant que les mammifères se multipliaient : "la population de phoques du Groënland dépasse les cinq millions d'individus, soit plus du triple de ce qu'elle était dans les années 1970", estime le ministre canadien.

De guerre lasse et jugeant que l'argent est le nerf de la chasse, les défenseurs des animaux ont donc décidé de lancer un boycottage contre l'ensemble de l'industrie de la pêche qui soutient la chasse. Cinquième exportateur mondial, le Canada a livré pour 4,5 milliards de dollars canadiens de produits de la mer en 2004, plus de 60% des recettes provenant des Etats-Unis et 10% de l'Union européenne, son troisième marché.

Photo d'ouverture : archives

Par AFP le 29 mars 2005 à 07:00
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