© INTERNELes premiers cas de lymphogranulomatose vénérienne (LVG) ont été détectés en début d’année chez 34 homosexuels au Royaume-Uni, annonce la revue spécialisée Sexually transmitted infections (Sti). Parmi ces patients, 17 sont également porteurs du VIH. Cinq d'entre eux pensent avoir contracté l'infection sur le continent européen, les autres disent avoir été infectés en Angleterre. Dans tous les cas, les rapports sexuels étaient non protégés. Selon un spécialiste, l'infection était probablement présente au Royaume-Uni depuis quelque temps, mais avec de nombreux cas non diagnostiqués.
MST : forte progression des infections à gonocoques
En hausse constante depuis plusieurs années, les infections à gonocoques ont augmenté de 52 % entre 2008 et 2009. Elles peuvent provoquer l'infertilité chez la femme.
Publié le 19/08/2010
La LVG (Lymphogranuloma venereum), également appelée maladie de Nicolas et Favre, est une maladie sexuellement transmissible (MST), due à une infection par des souches de bactéries appelées Chlamydia trachomatis. Le traitement repose sur les antibiotiques durant 21 jours. Il est efficace s'il est administré correctement et à temps. Sinon, la maladie peut se compliquer : fistules, rétrécissement au niveau anal. Le port du préservatif protège efficacement contre cette maladie. Endémique dans certaines régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du sud, la LGV est une infection rare dans le monde occidental.
En Europe, une alerte a été lancée en 2004 à la suite d'une bouffée épidémique de LGV survenue en 2003 à Rotterdam (Pays-Bas). Selon la revue Sti, plus d'une centaine d'hommes, dont la plupart étaient séropositifs, ont alors été touchés par la maladie. Depuis les cas néerlandais, des foyers d'infection similaire ont été détectés à Anvers, Hambourg, Paris, en Suède et plus récemment aux Etats-Unis (New York, San Francisco et Atlanta), note le mensuel spécialisé. Ce dernier pays avait cependant décrit des cas dans la littérature médicale en 1981. On retrouve ainsi une série de 27 cas diagnostiqués entre 1981 et 1986 à l'hôpital Saint-Louis de Paris.
103 cas en France
Selon une synthèse publiée le 1er septembre 2004 par l'Institut national de veille sanitaire (InVS), 103 cas de LGV rectales ont été identifiés en France (dont 96 à Paris et 5 à Bordeaux), entre janvier 2002 et septembre 2004. Tous les patients étaient masculins. L’âge moyen était de 35 ans. Un réseau de surveillance a été mis en place, incluant les hôpitaux parisiens Bellan, Cochin-Tarnier et Saint-Louis, l’hôpital bordelais Pellegrin et deux laboratoires.
"Le nombre de cas déclarés par ce réseau est probablement sous-estimé par rapport au nombre réel de cas dépistés ou non", indiquait alors l’InVS. "La France apparaît donc comme le pays le plus affecté par l’émergence de la LGV rectale", pointait encore l’Institut, en précisant que "l’allure de la courbe épidémique est en faveur d’une persistance de cette infection". L’organisme appelait en conclusion au maintien de "campagnes d’informations auprès des professionnels de santé mais aussi des populations affectées".
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