
Viennoiseries, pâtisseries, biscuits et barres chocolatées, ces petites douceurs qui font notamment le bonheur des enfants s’avèrent chargées en graisses cachées. Surconsommés, ces acides gras trans (AG trans) peuvent accroître le risque de maladies cardiovasculaires. A la demande de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) donne l’alerte lundi dans un rapport intitulé : "Risques et bénéfices pour la santé des acides gras trans apportés par les aliments-Recommandations".
L’agence rappelle que "les matières grasses sont essentiellement composées d’acides gras (…) qui n’ont pas tous les mêmes effets sur notre corps". Certains, apportés par l’alimentation, sont dits "essentiels" car nécessaires à l’organisme. A l’inverse, d’autres, tels les acides gras "saturés" et les AG trans, "ont des effets néfastes s’ils sont consommés en trop grande quantité", précise l’Afssa. Ainsi, "la consommation des AG trans à des niveaux qui dépassent 2% de l’apport énergétique total est associée à une augmentation significative des risques de maladies cardio-vasculaires".
On trouve les AG trans dans le lait et les produits laitiers ainsi que dans les viennoiseries, pâtisseries, biscuits et autres produits de panification. L’Afssa pointe que cette deuxième catégorie de produits contient "des quantités souvent importantes de graisses cachées d’origine ‘technologique’", telles que les margarines industrielles. Or, les jeunes garçons, surtout ceux âgés de 12 à 14 ans, sont de grands amateurs de pains au chocolat, croissants et autres gâteaux. Résultat : leur consommation d’AG trans est trop élevée.
30% de réduction
L’Afssa appelle en conséquence à "réduire de 30% au moins la consommation [de ces] aliments forts contributeurs d’AG trans et de faible intérêt nutritionnel". Par ailleurs, s’il est plus difficile de "diminuer les apports en lait et en produits laitiers compte tenu des besoins en calcium de la population", les experts invitent le public à "préférer les produits demi-écrémés ou écrémés".
L’agence recommande également "de fixer des teneurs maximales en AG trans dans les produits où ces teneurs peuvent être maîtrisées techniquement : dans les graisses visibles (huiles de table, margarines) et dans les produits qui contiennent des quantités importantes de graisses cachées d’origine technologique". Autre préconisation : préciser la teneur en AG trans des produits dans le cadre d’un étiquetage nutritionnel obligatoire. "Les teneurs en AG trans des produits d’origine laitière destinés à la consommation humaine peuvent varier du simple au triple", souligne enfin l’agence. D’où "l’intérêt de poursuivre la réflexion sur l’impact des différentes pratiques traditionnelles d’élevage".
"Le rapport de l'Afssa nous donne raison", se félicite Paule Nathan, nutritionniste, diabétologue, endocrinologue. "Il montre que des causes institutionnelles dans l'alimentation industrielle peuvent expliquer en partie l'augmentation des maladies du métabolisme et de l'obésité", insiste-t-elle. Mais par quoi remplacer les pains au chocolat appréciés des bambins ? "Par du pain !, déclare la spécialiste. Complet, aux noix, au levain... il n'y a pas de gras dans le pain (1). Il suffit alors d'ajouter un peu de chocolat, de pâte à tartiner ou de fromage. D'une manière générale, il faut sortir des courses automatiques destinées à faire plaisir aux enfants pour aller vers des aliments beaucoup plus simples et que l'on peut trouver y compris dans les supermarchés".
(1) Selon le docteur Nathan, pour une portion de 100 grammes, une baguette représente 271 calories et 1 gramme de lipides ; un pain au lait, 366 cal et 15 g de lipides ; une brioche, 410 cal et 23 g de lipides.
photo : DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...





