L'effet de serre mesuré par la Nasa

le 28 avril 2005 à 22h24 , mis à jour le 28 avril 2005 à 22h34

L'agence spatiale américaine a évalué la quantité de chaleur que "stocke" la Terre du fait du réchauffement climatique. Selon la Nasa, la Terre retient 0,85 watt d'énergie de plus par mètre carré qu'elle n'émet sur une période donnée. Conséquence déjà visible : une hausse du niveau des océans de 3,2 cm depuis 1993.

espace satellite iss image prétexte terre globe (LCI) © LCI

La Terre absorbe davantage d'énergie qu'elle n'en émet, et ce déséquilibre calorique confirme le réchauffement de la planète par effet de serre atmosphérique dû à la pollution humaine, indique une étude de la Nasa, publiée jeudi aux Etats-Unis. "Ce déséquilibre d'énergie est l'indice prouvant que les estimations scientifiques de l'impact de l'activité humaine sur le climat sont bien exactes", a déclaré James Hansen, directeur des études spatiales de l'institut Goddard de l'agence spatiale américaine, principal auteur de ces recherches publiées dans Science Express, version en ligne de la revue scientifique américaine.

Utilisant des satellites qui relaient des données recueillies par des stations climatologiques installées sur des bouées sur les océans ou dans des stations terrestres, ainsi que des modèles informatiques d'océanographie, cette équipe de chercheurs a calculé que la Terre retenait 0,85 watt d'énergie de plus par mètre carré qu'elle n'émettait sur une période donnée. Cette accumulation d'énergie entraînera, si elle persiste, un relèvement de 0,6 degré Celsius (un degré Fahrenheit) de la température médiane de la Terre d'ici la fin du siècle, selon ces chercheurs.

Les effets aggravants de l'inertie thermale

Bien que paraissant modeste, cette quantité de chaleur supplémentaire, emmagasinée sur l'ensemble de la superficie du globe, aura un impact significatif sur le climat, ont-ils affirmé. Un accroissement d'un watt par mètre carré maintenu pendant dix mille ans est suffisant pour faire fondre la glace d'un kilomètre à la surface de l'océan, ont calculé ces climatologues. En outre, les océans gardent la chaleur plus longtemps que le sol, ont-ils souligné, comme le montre le fait que l'eau met plus longtemps à se réchauffer au début de l'été que l'air. Ce phénomène, qui se produit dans les profondeurs océaniques, appelé "inertie thermale", signifie que l'on peut s'attendre à terme à une élévation supplémentaire de 0,6 degré Celsius (un degré Fahrenheit), ont relevé ces scientifiques.

En d'autres termes, souligne James Hansen, si le monde décide d'avoir davantage de preuves du réchauffement atmosphérique avant d'agir, le phénomène d'inertie thermale des océans laisse prévoir un changement climatique encore plus important qu'il sera très difficile voire impossible d'éviter. En effet, "des eaux plus chaudes accroissent la probabilité d'une fonte accélérée de la couche de glace aux pôles comme l'a déjà montré la montée du niveau des océans". Les données recueillies par les satellites d'observation ont montré que le niveau des océans a monté de 3,2 centimètres (1,26 pouces) depuis 1993, a-t-il précisé. Cette variation paraît minime mais elle est deux fois plus importante que celle enregistrée sur l'ensemble du siècle dernier.

Photo d'ouverture : archives

le 28 avril 2005 à 22:24
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