ESB : détection renforcée chez les ovins

le 19 avril 2005 à 16h29 , mis à jour le 19 avril 2005 à 16h37

Le ministère de l'Agriculture a annoncé mardi le renforcement de la surveillance des éventuels cas de "vache folle" chez les ovins. Le dispositif actuel est "inadéquat", selon des experts.

mouton fièvre aphteuse © INTERNE

Le gouvernement français a décidé de renforcer les mesures mises en œuvre pour détecter chez les ovins d'éventuels cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Un dispositif "visant à préserver la santé publique et la santé animale", a précisé mardi le ministère de l’Agriculture. Dans une étude publiée mardi (lire l’encadré ci-dessous), l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) "émet l'hypothèse que d'autres cas d'ESB pourraient être diagnostiqués dans les cheptels caprin et ovin". "Toutefois les simulations statistiques qu'elle a développées permettent d'estimer qu'il s'agirait d'un nombre limité de cas", a souligné le ministère.

Le premier cas au monde d'ESB sur une chèvre, abattue en France en 2002, avait été annoncé le 28 janvier par la Commission européenne (lire l’article : "Premier cas de ‘vache folle’ confirmé chez une chèvre"). Cette dernière s'était montrée rassurante sur les risques éventuels pour les consommateurs. "Un programme de dépistage renforcé est déjà instauré en France chez les caprins depuis le début de l'année 2005, conformément aux décisions communautaires", a rappelé le ministère de l'Agriculture. Et d’ajouter : "Ce dispositif a permis de tester plus de 40.000 animaux" et "aucun cas d'ESB n'a été suspecté, ni détecté".

Principe de précaution

Le dispositif renforcé de surveillance des ovins "sera axé sur une augmentation des tests de dépistage des EST (encéphalopathies spongiformes transmissibles) à l'abattoir et à l'équarrissage, avec l'appui de l'Afssa et des filières professionnelles concernées". "Les risques liés aux EST ont déjà été pris en compte chez les petits ruminants puisqu'un ensemble de mesures sanitaires (interdiction des farines animales, retrait à l'abattoir des tissus à risque), fondées sur le principe de précaution, est en vigueur depuis plusieurs années", a indiqué le ministère. De plus, "un programme national de sélection génétique visant à obtenir des ovins résistants aux EST est lancé depuis plus de trois ans".

Dispositif actuel "inadéquat"

L'étude de l'Afssa, rendue publique mardi, souligne que "le dispositif actuel est inadéquat par rapport à la réalité de la situation épidémiologique actuelle" et "estime que l'évolution des connaissances et des outils de dépistage depuis 2002 permet désormais de proposer des mesures complémentaires à ce dispositif". Le ministère de l’Agriculture "a transmis l'avis de l'Afssa à la Commission européenne afin qu'il contribue aux travaux d'évaluation en cours à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa), dont un avis est annoncé pour le mois de juillet".

photo : archives TF1

le 19 avril 2005 à 16:29
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