© INTERNELe bilan de l'épidémie ne cesse de s'alourdir. Selon les derniers chiffres officiels, disponibles depuis ce week-end, 213 cas de fièvre de Marburg avaient été comptabilisés le 8 avril en Angola, dont 184 mortels. Seules les provinces du nord du pays sont touchées, la plus atteinte étant celle de Uige avec 184 cas et 164 morts. Suivent les provinces de Zaïre (6 cas, 6 morts), Kwanza Sul (6 cas, 6 morts) Malanje (6 cas, 2 morts), Cabinda (2 cas, 1 mort) et Kwanza Norte (1 cas, 1 mort). La capitale Luanda et sa province ne sont pas épargnées avec 8 cas et 4 morts.
Le foyer de l'épidémie de Marburg, provoqué par un virus de la même famille qu'Ebola, a été localisé en octobre 2004 dans la province de Uige, frontalière de la République démocratique du Congo. Ce n'est que le 22 mars que le virus - découvert en 1967 suite à la contamination d'employés d'un laboratoire de la ville allemande du même nom par des singes verts venus d'Ouganda - a été identifié en Angola après analyse au Centre de contrôle des maladies d'Atlanta, aux Etats-Unis. Il n'existe pas de vaccin ou de traitement efficace contre cette maladie qui se transmet par contact avec les fluides corporels d'un malade.
"Cette épidémie est sans précédent"
L'épidémie de Marburg en Angola est pire que toutes celles causées par le virus Ebola, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) après avoir lancé un appel à des fonds d'urgence d'un montant de 3,5 millions de dollars pour trois mois, afin d'enrayer la propagation de la maladie. Avec un taux de mortalité proche de 88% (dans la province de Uige, il a atteint les 98%), "il est clair que cette épidémie est sans précédent pas seulement en Angola, mais partout. C'est l'épidémie de fièvre hémorragique la plus grave jusqu'à présent", selon Pierre-François Pirlot, coordinateur résident des activités de l'ONU en Angola. D'après l'OMS, le taux de mortalité d'Ebola oscille entre 50 et 90%.
"Nous avons eu plusieurs épidémies d'Ebola dans la région, la pire en Ouganda. Mais même en Ouganda, la létalité n'était pas si élevée que celle de Marburg en Angola", a renchéri un autre expert de l'OMS, Allarangar Yokouibd. Cette épidémie est plus grave "même en termes de cas" avec une "morbidité aussi plus élevée". Plus inquiétant encore, la courbe "du bilan des morts et des cas n'a pas atteint son pic", a estimé Anarfi Asamoa-Baah, directeur-général adjoint de l'OMS pour les maladies contagieuses. Selon lui, "tout le monde doit être en alerte. Pas seulement les autres provinces en Angola, mais tous les pays frontaliers comme la Namibie, le Congo, la République démocratique du Congo et la Zambie".
La RDC est déjà "en état d'alerte générale". Le Congo et le Gabon ont mis en alerte leurs réseaux de surveillance épidémiologique. Sao Tome et Principe comme le Kenya, pourtant éloignés, ont pris des mesures de prévention. En lançant l'appel de fonds, le Bureau de coordination de l'assistance humanitaire de l'ONU (Ocha) a souligné que l'argent financerait des équipements de protection pour les personnels hospitaliers, des désinfectants, des sacs étanches pour les cadavres et des trousses de secours d'urgence.
Photo d'ouverture : victimes du virus Ebola, proche du virus de Marburg - archives
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