Grippe : l'OMS appelle à la destruction d'un virus dangereux

le 14 avril 2005 à 07h00 , mis à jour le 15 avril 2005 à 11h12

Des échantillons potentiellement mortels du virus de la grippe ont été envoyés à plus de 3700 laboratoires de 18 pays. Le risque d'une épidémie est quasi-nul, assure l'OMS qui appelle à la destruction des échantillons.

batonnet médecin médecine docteur sante malade (DR) © INTERNE

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé mercredi plus de 3.700 laboratoires mondiaux à détruire des échantillons potentiellement mortels du virus de la grippe de 1957-58, envoyés par un laboratoire américain depuis les Etats-Unis apparemment à la faveur d'une lacune dans les mesures de protection. Le virus de 1957-58, nommé A/H2N2, a fait entre un million et quatre millions de morts dans le monde avant de disparaître en 1968. Les personnes nées après 1968 n'ont qu'une immunité nulle ou limitée face à ce virus, qui ne figure plus dans les vaccins actuels contre la grippe, selon l'OMS.

Le problème paraît remonter à un laboratoire américain privé, qui a expédié en octobre dernier des échantillons du virus à environ 3.700 laboratoires et cabinets médicaux. Il s'agissait de tests de routine dans le cadre d'un processus de certification conduit par le College of American Pathologists (CAP), une des autorités établissant les normes de fabrication des vaccins. Le problème n'a été découvert que le mois dernier par le Laboratoire national de microbiologie du Canada.

Le Dr Jated Schwartz, porte-parole du CAP, a affirmé que "dans aucune circonstance le Collège aurait demandé à ce que des souches de A/H2N2 soient envoyées à des laboratoires". "Nous devons déterminé si une erreur d'étiquetage a été faite ou si les règles régissant ces pathogènes dangereux doivent être renforcées", a noté pour sa part un porte-parole des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies infectueuses (CDC).

Le virus "pas détecté" en France

Un seul laboratoire en France a reçu une souche du virus A/H2N2, ont indiqué mercredi soir les autorités françaises. "Les deux centres nationaux de référence de la grippe n'ont détecté récemment aucun virus grippal A/H2N2 en France", a précisé la Direction générale de la santé (DGS). Les laboratoires mexicains, brésiliens, singapouriens, sud-coréens, canadiens et hong-kongais ont indiqué avoir localisé et détruit les échantillons reçus par erreur. Jusqu'à présent, aucun cas de contamination n'a été rapporté parmi les employés des laboratoires concernés. "La probabilité d'une infection de grippe contractée en laboratoire est considérée comme faible quand les précautions de sécurité adéquates sont respectées. Le risque pour la population dans son ensemble est également considéré comme faible", a souligné l'OMS

Le gouvernement américain a appelé le 8 avril tous les laboratoires concernés à détruire ces échantillons. Un second message envoyé le 12 avril a demandé que tout cas de maladie respiratoire dans les labos "fasse l'objet d'une enquête et soit notifié aux autorités", selon la même source. George W. Bush considère que la destruction de ces virus est une "haute priorité", a fait savoir la Maison Blanche. Selon Mme Cheng, 90% des laboratoires concernés se trouvent en Amérique du Nord, et seulement 61 dans 16 pays d'Asie, d'Europe, d'Amérique latine et du Moyen-Orient. Tous les échantillons devraient être détruits d'ici à vendredi, a déclaré le spécialiste de la grippe à l'OMS, Klaus Stohr. 

L'incident pose la question du niveau d'alerte correspondant à chaque virus. Aux Etats-Unis, le A/H2N2 est évalué au niveau de risque 2, alors qu'il est déjà inscrit au niveau 3 par plusieurs pays qui le jugent plus dangereux. "A l'avenir, nous devrons certainement étudier ce problème et l'OMS fera des recommandations" pour faire en sorte que cette souche soit évaluée à un niveau de risque plus élevé, a déclaré Klaus Stohr. Il a précisé qu'une annonce publique avait été retardée jusqu'à ce que la destruction des échantillons soit bien engagée, afin d'éviter que le virus n'attire la convoitise d'éventuels terroristes.

ERRATUM

Nous avons publié le 13 avril un article intitulé "La bourde de l'OMS" dans lequel nous affirmions que l'Organisation mondiale de la santé était à l'origine de l'envoi à 3700 laboratoires des échantillons potentiellement mortels du virus de la grippe de 1957-58. Cette affirmation est absolument fausse et provient d'une information erronée. L'OMS n'a en aucune façon envoyé ces échantillons.Nous nous excusons sincèrement auprès de l'Organisation mondiale de la santé et de nos lecteurs de cette erreur et des possibles désagréments qu'elle a pu causer.
La rédaction

Voici le communiqué que L'OMS nous a fait parvenir et que nous avons décidé de publier : "Cette semaine, l'Organisation mondiale de la santé (l'OMS) a lancé une alerte mondiale pour demander à quelques 3747 laboratoires dans 18 pays de détruire les échantillons du virus de la souche grippale H2N2 envoyé par Le College of American Pathologistes (CAP) dans le cadre de tests de qualité de routine.
L'OMS est globalement satisfaite du traitement médiatique que les journalistes à travers le monde ont réservé à cette alerte et la fidélité dans le traitement de l'information. Mais contrairement à ce qui a pu être annoncé par certains médias, en particulier quelques médias en ligne et quelques stations de radio francophones, l'OMS n'est en aucun cas à l'origine de l'envoi de ces échantillons. Au contraire, l'OMS coordonne la réponse internationale pour répondre à la situation. Certains de ces médias ont été contactés par l'OMS pour corriger leurs informations. Ils ont présentés leurs excuses à l'OMS quant à cette erreur. "
Service des médias et communication, OMS, Genève

le 14 avril 2005 à 07:00
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