© INTERNEChaque année en France, les infections nosocomiales — ces infections "acquises" à l'hôpital au-delà d'un séjour de 48 heures — touchent 800.000 personnes hospitalisées et en tuent au moins 4.200. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Le Point qui publie jeudi une "liste noire" des établissements "les plus défaillants". Or, elles pourraient être évitées une fois sur trois, note l'hebdomadaire. Le constat est accablant : près d'un quart des hôpitaux du secteur public (107 sur 461) ne surveillent pas les infections qui peuvent survenir chez leurs patients, selon la revue.
"La mesure" de ce taux d'infections chez les patients opérés est pourtant "une nécessité pour maîtriser le risque infectieux post-opératoire" et même une "priorité", explique Gilles Brücker, directeur de l'Institut de veille sanitaire (InVS). "Tout cela montre que les efforts faits ces dernières années sont insuffisants", admet-il. Et encore, l'hebdomadaire n'a pas eu la dent si dure : "il suffisait qu'un établissement mesure ces infections dans un seul de ses services de chirurgie pour qu'il ne figure pas sur cette liste noire". "25% d'établissements qui ne suivent pas leurs infections du site opératoire ou "Iso" (la zone d'incision, la partie du corps opérée, NDLR), c'est 25 % de trop", déclare au Point le Dr Brücker.
Une question de "priorités"
Or si les Iso "ne représentent que 10 à 15% des 800.000 infections contractées chaque année dans les établissements de soins", elles "sont parmi les plus redoutables, entraînant une mortalité élevée ou un handicap important dans de nombreux cas", juge l'hebdomadaire. Contacté par tf1.fr, Guillaume Kac, médecin hygiéniste à l'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris, refuse pour autant de qualifier de "négligents" les hôpitaux épinglés par Le Point. "Qu'il n'y ait pas de surveillance des infections nosocomiales au bloc opératoire ne veut pas dire qu'elle n'existe pas dans d'autres services", relève-t-il. Faute de moyens suffisants, poursuit-il, "les hôpitaux sont obligés de faire des priorités".
Car "ce type de surveillance n'est pas simple, insiste le docteur Kac. Il faut recueillir des données au bloc mais aussi pendant la période d'hospitalisation du patient. Et même après." Jusqu'à 30 jours après l'intervention, voire un an pour les personnes qui reçu ont une prothèse. Or, ce suivi à long terme nécessite des moyens informatiques - "Et tous les hôpitaux n'en sont pas équipés", selon le docteur Kac - ainsi que du personnel. Or, les professionnels de l'hygiène hospitalière sont encore trop peu nombreux, selon Guillaume Kac qui demande que les autorités débloquent davantage de moyens.
Le plan contre les infections noscomiales |
photo : archives TF1
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