Les défenseurs de l'environnement craignent un bétonnage accru des côtes (photo du Domaine d'Abbadia, Pyrénées-Atlantiques : Michel Séméniako). © Michel Séméniako, Conservatoire du LittoralDéjà menacés par les pelleteuses, certains des plus beaux rivages de France vont-ils disparaître sous les eaux ? Une étude menée par le Conservatoire du littoral et rendue publique mardi s’est attachée à mesurer l'impact de l'érosion et de la montée de la mer dues au réchauffement climatique sur les plages, dunes, falaises, polders ou prés-salés. Les experts se sont intéressés uniquement aux terrains appartenant au Conservatoire en France métropolitaine, soit 10% environ des côtes françaises, mais leurs travaux donnent un aperçu de ce qui guette l'ensemble du rivage.
L’étude "repose sur l’hypothèse moyenne d’une élévation prévisible du niveau marin de 22 cm en 2050 et de 44 cm en 2100". Des valeurs qui se placent elles-mêmes, précise le document, "à l’intérieur d’une fourchette prévisionnelle allant de 10 cm à 80 cm pour 2100". Face à cette double menace — érosion et submersion —, quelques zones sont particulièrement menacées. L'érosion va ainsi faire perdre en 2100 plus de 80% de sa surface au site de la dune du Pyla, en Aquitaine. En Normandie, la région la plus exposée au risque de submersion, les dunes de Bréville sont programmées à disparaître d’ici à la fin du siècle.
Impact "modeste"
Les espaces non endigués sont les moins touchés par les effets du changement climatique. La submersion devrait concerner 3% de la superficie des terrains non endigués actuels du Conservatoire et seulement 2,6% de ceux du patrimoine futur. Quant à l’érosion, elle emportera 1,2% de la surface de ces sites déjà acquis et 1% à peine de celle du patrimoine futur.
Pour les sites endigués, les pertes pourraient être plus importantes. Ces terrains situés en dessous du niveau de la mer représentent 7% de la superficie des possessions du Conservatoire et 17% de son patrimoine futur. "De l’entretien des digues qui les protègent dépendra qu’ils soient ou non inondés par la mer", soulignent les experts.
"L’élévation du niveau de la mer attendue au cours du XXIe siècle devrait avoir un impact relativement modeste sur les terrains du Conservatoire du littoral", conclut l’étude. Elle précise toutefois que l’organisme devra "tenir compte" de cette menace "en adaptant ses modes de gestion" et "en modifiant éventuellement sa stratégie d’acquisition". Des mesures qui n’empêcheront pas la disparition de paysages sublimes.
photo : le domaine d'Abbadia, dans les Pyrénées-Atlantiques (M. Séméniako, Conservatoire du littoral)
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