Monna Lisa, la femme la mieux soignée du monde

Par Annick BENOIST (AFP), le 05 avril 2005 à 20h53 , mis à jour le 06 avril 2005 à 09h31

Le célèbre tableau de Léonard de Vinci a désormais un nouvel écrin dans la salle des Etats du musée du Louvre, à Paris. Selon le Centre de recherche et de restauration des musées de France, le chef d'oeuvre serait en très bon état.

Joconde © DR

Elle a 500 ans, mais elle est en pleine forme. Monna Lisa, dont la santé fait l'objet d'une surveillance constante au Louvre, affiche un air presque rajeuni dans son nouvel écrin de la salle des Etats (1). La "Joconde" de Léonard de Vinci (1452-1519) se trouve désormais dans une salle de 840 m2 entièrement réaménagée. Après quelques inquiétudes, l'an dernier, le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) lui a pris le pouls sous tous les angles. Résultat: La Joconde affiche une santé insolente pour son âge.

Selon les premières conclusions de cette étude -la plus importante jamais conduite sur ce tableau- la fente de 11cm qui affecte le panneau depuis une date ancienne et descend du bord supérieur jusqu'à la tempe droite de Monna Lisa, n'a pas évolué et paraît stabilisée.

Très bon état de conservation

Si le panneau est sensible aux variations de températures et de climat et a tendance à se voiler selon une ligne diagonale, "il ne présente pas de risque de dégradation si les conditions de conservation actuelle sont respectées". Sa nouvelle vitrine, devrait lui assurer une stabilité climatique maximale.

En outre, le système de maintien du revers, composé depuis 1951 d'un châssis périmétrique en chêne "empêche efficacicement le panneau de se voiler", indique le C2RMF. Enfin, "l'adhérence de la couche picturale est bonne: le tableau n'est affecté que par un petit nombre de lacunes profondes et paraît en très bon état de conservation malgré un vernis superficiel irrégulier et jauni".

Renaissance

Monna Lisa vient de passer avec succès une batterie de tests: observation sous loupe binoculaire, analyse en microfluorescence X, en microspectrométrie Raman et spectrocolorimétrie. Le bois est sain, la couche picturale aussi.

Il reste, selon Jacques Franck, spécialiste de Léonard de Vinci, qui s'est longuement penché sur la technique du grand maître de la Renaissance, que la couche picturale est infiniment mince, "d'une finesse presque irréelle qui évoque la préciosité des peintures chinoises anciennes faites avec des jus de couleurs".

"L'inconvénient de cette subtilité est qu'elle va à l'encontre des règles de sécurité de la peinture à l'huile, note Jacques Franck. Ce sont les vernis qui maintiennent cette peinture, mais qui en même temps l'obscurcissent". "Certains ont eu l'idée, dans le passé, de vouloir alléger ces vernis pour 'éclaircir' Monna Lisa. Ce serait infiniment dangereux, car on ne peut jamais contrôler le niveau de pénétration d'un solvant. On risquerait dans le cas de La Joconde, d'éliminer des pigments. Ce serait une catastrophe".

(1) Le célèbrissime tableau est à redécouvrir à partir de mercredi au musée du Louvre

Par Annick BENOIST (AFP) le 05 avril 2005 à 20:53
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