Le "scandale" des grossesses mortelles

le 07 avril 2005 à 07h00 , mis à jour le 07 avril 2005 à 09h50

La Journée mondiale de la santé, qui se tient ce jeudi, est consacrée à la santé de la mère et de l'enfant. Par manque de soins et d'hygiène, plus d'un million de femmes enceintes et de nourrissons meurent chaque année, dénonce l'OMS.

femme enceinte ventre grossesse (DR) © INTERNE

Plus d'un demi million de mères meurent chaque année dans le monde pendant leur grossesse ou leur accouchement. Un "scandale" dénoncé jeudi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son rapport annuel sur la santé dans le monde. Le document est publié à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, consacrée cette année à la santé de la mère et de l’enfant.

Sur un total mondial de 136 millions de naissances par an, moins des deux tiers des femmes des pays en développement accouchent avec l'aide d'une personne qualifiée. Dans les pays les moins avancés, particulièrement en Afrique sub-saharienne, la proportion tombe à moins d'un tiers, indique le Dr. Marie-Paule Kieny, directrice du département de la santé familiale à l'OMS. Et de rappeler que deux heures d'hémorragie post-natale peuvent suffire à entraîner la mort. "On sait ce qu'il faut faire pour éviter cette hécatombe, les interventions sont simples et peu coûteuses, ajoute la spécialiste. Il faudrait que les femmes enceintes se nourrissent correctement et évitent les travaux pénibles."

Outre 530.000 mères, 4 millions de nouveau-nés meurent chaque année avant leur 28e jour, souvent de causes banales comme le manque d'hygiène. "Il faudrait que les enfants soient lavés, réchauffés et nourris au sein dans l'heure qui suit leur naissance", pointe le docteur Kieny.

Retard et régressions

La communauté internationale s'est engagée en l'an 2000 à réduire la mortalité maternelle des trois-quarts et la mortalité des enfants des deux tiers avant 2015. "Au rythme actuel, certaines parties du monde n'atteindront pas ces objectifs avant 150 ans", a estimé le Dr David Aitken, un des directeurs de l'OMS. "Nous ne devons pas permettre cela". Dans les 75 pays où la situation est la plus grave, il faudrait investir au total 9 milliards de dollars par an dans les dix années qui viennent pour atteindre les objectifs de développement du millénaire, voire les dépasser.

La situation sanitaire des mères et des nouveau-nés stagne en Afghanistan, en Angola, au Burkina Faso ou en République démocratique du Congo. D'autres pays, où des progrès avaient été enregistrés, sont désormais en régression, comme le Rwanda, le Kenya, le Turkmenistan, la Zambie ou le Zimbabwe. Ces revers sont souvent liés à une situation politique difficile qui entraîne un effondrement du système de santé, selon l'OMS.

photo : DR

le 07 avril 2005 à 07:00
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