© INTERNELes cas de résistance aux antibiotiques du staphylocoque doré (lire l’encadré ci-dessous) ne se limitent plus aux hôpitaux mais deviennent de plus en plus fréquents dans la population en général, selon deux études américaines publiées dans le New England Journal of Medecine.
Alors que jusqu'alors les cas de résistance aux antibiotiques d'infections de la peau comme les abcès étaient seulement observés dans les centres hospitaliers, ils sont désormais beaucoup plus fréquents dans les écoles, les prisons et les clubs de sport, indique une première étude conduite à Baltimore, Atlanta et dans le Minnesota de 2001 à 2002. Entre 8 et 20% des cas de staphylocoque doré résistant à la méthicilline (un groupe d’antibiotiques), ou SDRM, apparaissent depuis ces dernières années dans la population en général, indiquent ces recherches. "Ces infections, écrivent les scientifiques, impliquent en général la peau, surtout chez les enfants, et l’hospitalisation est fréquente." Les SDRM "de ville" représentent aujourd’hui un problème grave et fréquent, conclut l’étude.
Selon d’autres recherches, menées en Californie cette fois-ci, le staphylocoque résistant est capable dans des cas rares de provoquer des nécroses ou la destruction des tissus pouvant entraîner la mort dans les 24 heures. "Les ‘super microbes’ (super bugs) sont malheureusement en train de gagner", a déclaré la responsable de l’étude, le Dr. Loren Miller. Et d’avertir : "Nous devons rapidement mettre au point de nouveaux antibiotiques pour détruire ces pathogènes et commencer à utiliser les antibiotiques de manière plus ciblée".
La France, "championne"
En France aussi, il y a de plus en plus de "porteurs" de SD qui n’ont pas forcément été contaminés en milieu hospitalier, selon Alain-Michel Ceretti, président de l'association de Lutte, d'information et d'études des infections nosocomiales (Lien). "30 à 40% des infections nosocomiales sont liées au staphylocoque doré (SD) et plus de 60% des sources hospitalières de SD sont résistantes", explique-t-il à tf1.fr. Une situation qui fait de la France un champion mondial de ce type d’infections. "La résistance aux antibiotiques n’est pas liée à l’hygiène mais à la surconsommation d’antibiotiques dans les années 60-70 et on paie l’addition aujourd’hui", poursuit-il.
La détection de SD reste limitée en France pour des questions matérielles et financières. Les hôpitaux ne font des prélèvements que sur les malades qui intègrent le service réanimation, sur les patients sans domicile fixe et sur ceux en provenance d’une maison de retraite ou d’un autre hôpital. Or, beaucoup de "porteurs" de SD s’ignorent ou ne sont pas conscients des risques liés aux germes qu’ils hébergent.
Sur la peau et les muqueuses |
Source : Institut Pasteur, direction de la Santé publique du Canada
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