© AFPAprès plusieurs mois de bras-de-fer avec l'UE, le Japon serait disposé à renoncer à accueillir le réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter, au profit du site français de Cadarache. C’est ce qu’a affirmé mercredi le quotidien Yomiuri Shimbun. "A ce stade, les négociations se dirigent vers la conclusion d'un accord entre le Japon et l'UE ce mois-ci", a déclaré une source gouvernementale japonaise. En échange de renoncer à sa candidature, Tokyo obtiendrait des compensations : les entreprises du pays non hôte, donc japonaises, se verraient allouer 20% des contrats de construction d'Iter, suivant une proposition de Tokyo de septembre 2004.
"Nous n'envisageons pas du tout d'abandonner notre offre. Nous n'avons pas changé d'intention", a toutefois déclaré le vice-ministre de la science japonais, Akio Yuuki. Le ministre japonais des Affaires étrangères Nobutaka Machimura doit aborder le dossier Iter mercredi à Paris avec son homologue français Michel Barnier. Le porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères avait indiqué mardi que le Japon n'avait "pas arrêté de politique ou de décision sur cette question".
Accord avant le G8
Pour compliquer l’affaire, Jacques Chirac a déclaré mardi à la télévision que la France était "sur le point d'obtenir l'implantation" du réacteur expérimental à Cadarache. Lundi, le ministre de l'Economie du Luxembourg, qui assure actuellement la présidence du Conseil de l'UE, avait indiqué que le Japon avait accepté de discuter la possibilité que le réacteur soit implanté en Europe. Lors d'une récente visite à Tokyo du commissaire européen à la Recherche Janez Potocnik, les deux parties étaient convenues "d'accélérer les discussions" afin d'aboutir à un accord sur le site avant la réunion du prochain G8 début juillet en Ecosse.
Les deux camps s'opposent depuis des mois sur le choix stratégique du site d'Iter, un projet lancé par l'UE, le Japon, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et la Corée du Sud. Dans cette âpre compétition, l'UE se bat, avec le soutien des Russes et des Chinois, pour le site de Cadarache, dans le sud de la France. Les Japonais, qui bénéficient de l'appui des Etats-Unis et de la Corée du Sud, défendent chez eux celui de Rokkasho-mura. Depuis la fin de l'an dernier, l'UE n'a pas fait mystère de sa volonté de lancer la construction d'Iter à Cadarache sans le Japon si aucun accord n'est rapidement trouvé.
Iter : de la fission à la fusion |
photo : le site de Cadarache (AFP)
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