© INTERNELes fonds restent insuffisants pour lutter efficacement contre le paludisme. C’est ce qui ressort du rapport mondial publié mardi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations unies pour l'Enfance (Unicef).
Les vertus cachées des chaussettes sales
Une équipe de chercheurs basée en Afrique compte venir à bout du paludisme en mettant au point des pièges odorants à base de senteurs de pieds qui attirent et tuent les moustiques.
Publié le 13/07/2011
Fin 2004, quelque 3,2 milliards de personnes vivaient dans des zones où sévit le paludisme : 107 pays sont touchés, 350 à 500 millions de personnes souffriraient chaque année de crises de paludisme, selon les estimations. Richard Feachem, directeur exécutif du Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a estimé récemment que le paludisme entraînait "probablement 3 millions" de décès chaque année. Plus d'un million d'Africains en meurent chaque année, surtout des enfants de moins de 5 ans (lire l’encadré ci-dessous).
Des progrès sont faits dans l'accès à la prévention et aux traitements, mais il est "trop tôt" pour déterminer si le fardeau global de la malaria a augmenté ou s'est réduit depuis 2000, estiment les organisations des Nations unies. Il faudrait 3,2 milliards de dollars par an (dont 2 milliards pour l'Afrique) pour lutter de manière efficace contre la maladie dans les 82 pays les plus touchés. Soit cinq fois plus que les "600 millions de dollars" disponibles cette année.
Retards
Plusieurs organismes, dont l'OMS, l'Unicef et la Banque mondiale, ont lancé en 1998 l'initiative Faire reculer le paludisme (Roll Back Malaria) avec l'objectif de diviser par deux la mortalité liée à cette maladie d'ici 2010. Un objectif "maintenant impossible à atteindre" à cause du retard pris, selon la revue médicale britannique Lancet qui a récemment violemment critiqué cette initiative.
L'Afrique, où sévit surtout la forme la plus grave de paludisme due au Plasmodium falciparum, s'était fixée en 2000 un programme : fournir d'ici 2005 un traitement efficace et des moustiquaires imprégnées d'insecticide à 60% des personnes exposées à un fort risque de paludisme et un traitement préventif à 60% des femmes enceintes. Le nombre de moustiquaires imprégnées a été multiplié par dix ces trois dernières années dans plus de 14 pays africains, assure le rapport, mais seulement 3% des moins de cinq ans bénéficiaient de cette protection, selon des enquêtes faites dans 34 pays entre 1999 et 2004. Face à la résistance croissante du parasite aux médicaments antérieurs, 23 pays africains ont décidé d'adopter les traitements combinés à base d'artémisinine (ACT), dix à vingt fois plus chers que la cloroquine. Mais seulement neuf les appliquaient effectivement fin 2004. Une production d'ACT par ailleurs freinée par la pénurie d'artémisinine, une plante médicinale chinoise.
Une piqûre suffit |
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