Tabagisme : les médecins doivent donner l'exemple

Par M. D. (avec AFP), le 03 mai 2005 à 07h00 , mis à jour le 31 mai 2005 à 10h02

La Journée mondiale sans tabac, qui se déroule mardi, vise à mobiliser les professionnels de la santé. Leurs conseils et recommandations sont davantage suivis du public. Encore faut-il qu'ils soient correctement formés.

Paquet de cigarettes et mains au-dessus © INTERNE

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) les "encourage à prendre les devants pour combattre les problèmes liés à la dépendance à l'égard du tabac, à sa consommation et à l'exposition à la fumée du tabac".

"Le tabac reste l'une des principales causes de mortalité dans le monde avec près de cinq millions de décès par an", rappelle le docteur Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS. Dans "l'effort mondial engagé contre cette épidémie", "les professionnels de la santé sont en première ligne", souligne-t-il. "Au contact d'un pourcentage élevé de la population, précise l’agence de santé des Nations unies, ils peuvent faire beaucoup pour aider les gens à changer de comportements." Selon certaines études, "des conseils même brefs donnés par des professionnels de la santé peuvent porter les taux d'abstinence à 30%". Les interventions de sevrage tabagique conduites par des infirmiers augmentent quant à elles de 50% les chances de s'arrêter de fumer.

Pas assez formés

Encore faut-il que les professionnels de la santé possèdent les compétences adéquates pour combattre le tabagisme. Ce qui est loin d’être le cas : 5 à 37% étudiants de troisième année en médecine (soins dentaires, médecine, soins infirmiers et pharmacie) avaient effectivement reçu une formation en règle à ce sujet, selon une récente étude menée dans dix pays. "Il est important que les établissements scolaires, les organismes de santé publique et les services officiels de l'éducation s'associent pour donner aux professionnels de la santé les outils dont ils ont besoin pour combattre le tabagisme chez leurs patients," insiste le docteur Julie L. Gerberding, directrice des Centres américains de contrôle des maladies (CDC).

Problème : "le fait d'être soi-même fumeur est souvent un obstacle qui empêche les professionnels de la santé à s'engager dans la lutte contre le tabagisme", note l’OMC. En France, le tabagisme reste élevé chez les étudiants en médecine (37,2% fument), mais beaucoup plus faible dans les autres catégories de personnels : 29,7% chez les aides soignantes, 21,4% chez les infirmières, 15,9% chez les médecins, selon l'enquête Baromètre tabac datant de 2003. La Fédération hospitalière de France (FHF) et le réseau Hôpital sans tabac se sont ainsi engagés dans une vaste campagne de sensibilisation et de prévention des personnels hospitaliers, soit quelque 1 million de personnes. Lancée en janvier dernier, la campagne "On ne fume pas à l'hôpital" a culminé en mai avec une aide à l'arrêt des personnels hospitaliers concernant quelque 6.000 personnes.

L’enjeu est de taille : "si des efforts supplémentaires ne sont pas faits pour appliquer maintenant les solutions qui existent, avertit l’OMS, quelque dix millions de décès dus au tabac seront enregistrés chaque année d'ici à 2020, la plupart dans des pays en développement".

photo : archives TF1

Par M. D. (avec AFP) le 03 mai 2005 à 07:00
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3 Commentaires

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  • Jack, le 01/06/2005 à 09h58

    Halte à l'hypocrisie des politiques français ! Langue de bois et double jeux ! La lutte contre le cancer est une priorité nationale pour Chirac (une de plus ... ) et l'Etat contrôle intégralement l'industrie du tabac ... et ses revenus. Sans commentaire ... Il n'y a aucune volonté politique d'appliquer les textes existants. La loi Evin est appliquée de façon partielle et laxiste. Dans ce contexte, demander aux professionnels de santé (dont je ne fais pas partie) d?avoir un comportement exemplaire est une utopie. Ils sont effectivement en première ligne pour gérer les détresses humaines dues au tabac. Je respecte et je salue l'énorme travail qu'ils font déjà. Mais seuls, ils ne n'endigueront pas le fléau. Il est indispensable d?appliquer sans complaisance les lois existantes et de les renforcer, particulièrement dans la protection des enfants et des non-fumeurs. Il faut mettre fin aux demi-mesures à la française qui tentent de ménager fumeurs et non-fumeurs. Le tabac est une drogue qui tue 5 millions d?individus par an . A ce titre il doit être totalement interdit dans les restaurants, bars, boites de nuits et dans les entreprises. Bonne santé à tous !

  • Dan, le 01/06/2005 à 09h25

    " pourquoi les gens fument...", j'ai la réponse...Parce qu'il y a des cigarettes.....Comme quoi, le commerce, le business, font mauvais ménage avec une certaine qualité de la vie.....

  • Florian, le 01/06/2005 à 01h19

    à Biochimiste de Gif sur Yvette, c´est possible qu´il y ait du vrai dans ce que tu as dit. Mais en temps qu´ancien fumeur et étudiant en médecine, je peux te dire, que les pauses que tu prends pour fumer (ou acheter tes cigarettes), te font déjà perdre au moins 10 minutes de travail par rapport à un non fumeur qui lui bosse pendant ce temps. Alors au final tu ne gagnes rien, au contraire. Crois moi il n´y a aucun avantage à fumer. Pourquoi les gens fument alors? Parce qu´il y a la petite voix du cerveau primitif qui dit "c´est bon pour toi, tu vas te sentir mieux". Et c´est la même voix qui vous reproche pendant la montée d´un escalier "ben, t´as du mal!!". En espérant avoir la chance d´être encore publié.

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