© INTERNEL'Organisation mondiale de la Santé (OMS) les "encourage à prendre les devants pour combattre les problèmes liés à la dépendance à l'égard du tabac, à sa consommation et à l'exposition à la fumée du tabac".
"Le tabac reste l'une des principales causes de mortalité dans le monde avec près de cinq millions de décès par an", rappelle le docteur Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS. Dans "l'effort mondial engagé contre cette épidémie", "les professionnels de la santé sont en première ligne", souligne-t-il. "Au contact d'un pourcentage élevé de la population, précise l’agence de santé des Nations unies, ils peuvent faire beaucoup pour aider les gens à changer de comportements." Selon certaines études, "des conseils même brefs donnés par des professionnels de la santé peuvent porter les taux d'abstinence à 30%". Les interventions de sevrage tabagique conduites par des infirmiers augmentent quant à elles de 50% les chances de s'arrêter de fumer.
Pas assez formés
Encore faut-il que les professionnels de la santé possèdent les compétences adéquates pour combattre le tabagisme. Ce qui est loin d’être le cas : 5 à 37% étudiants de troisième année en médecine (soins dentaires, médecine, soins infirmiers et pharmacie) avaient effectivement reçu une formation en règle à ce sujet, selon une récente étude menée dans dix pays. "Il est important que les établissements scolaires, les organismes de santé publique et les services officiels de l'éducation s'associent pour donner aux professionnels de la santé les outils dont ils ont besoin pour combattre le tabagisme chez leurs patients," insiste le docteur Julie L. Gerberding, directrice des Centres américains de contrôle des maladies (CDC).
Problème : "le fait d'être soi-même fumeur est souvent un obstacle qui empêche les professionnels de la santé à s'engager dans la lutte contre le tabagisme", note l’OMC. En France, le tabagisme reste élevé chez les étudiants en médecine (37,2% fument), mais beaucoup plus faible dans les autres catégories de personnels : 29,7% chez les aides soignantes, 21,4% chez les infirmières, 15,9% chez les médecins, selon l'enquête Baromètre tabac datant de 2003. La Fédération hospitalière de France (FHF) et le réseau Hôpital sans tabac se sont ainsi engagés dans une vaste campagne de sensibilisation et de prévention des personnels hospitaliers, soit quelque 1 million de personnes. Lancée en janvier dernier, la campagne "On ne fume pas à l'hôpital" a culminé en mai avec une aide à l'arrêt des personnels hospitaliers concernant quelque 6.000 personnes.
L’enjeu est de taille : "si des efforts supplémentaires ne sont pas faits pour appliquer maintenant les solutions qui existent, avertit l’OMS, quelque dix millions de décès dus au tabac seront enregistrés chaque année d'ici à 2020, la plupart dans des pays en développement".
photo : archives TF1
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