Alzheimer : du nouveau dans la détection précoce

le 20 juin 2005 à 11h27 , mis à jour le 20 juin 2005 à 11h49

Des chercheurs américains ont créé une technique pour détecter les personnes susceptibles de développer la maladie d'Alzheimer. Elle permettrait d'établir une "prévision" neuf ans avant l'apparition des symptômes.

scanner cerveau IRM (DR) © INTERNE

Une équipe de l’école de médecine de l'Université de New York a mis au point une technique permettant de prédire dans "85% des cas" quelles personnes ont le plus grand risque de développer la maladie d'Alzheimer ou de sérieux problèmes de mémoire. Et ce, 9 ans, voire 15, avant l’apparition de symptômes.

Le Dr. Lisa Mosconi a suivi pour son étude 53 personnes en bonne santé âgées de 54 à 80 ans pendant au moins neuf ans et dans certains cas jusqu'à 24 ans. Elle les a soumis à une série de scintigraphies et de tomographie pour mesurer le volume de glucose (sucre) utilisé par le cerveau — le sucre est le carburant cérébral. "Cette recherche montre pour la première fois qu'une réduction de l'activité du métabolisme dans l'hippocampe pourrait être utilisée pour prédire qui a le plus grand risque de développer la maladie d'Alzheimer", selon le Dr. Mosconi, qui a présenté dimanche ses travaux devant la première conférence internationale d'Alzheimer pour la prévention de la démence. "Les résultats de notre étude doivent encore être confirmés par d'autres recherches", a-t-elle précisé.

Vers "des stratégies de prévention"

Cette technique s'appuie sur les recherches du psychiatre Mony de Leon, directeur du Centre de santé cérébrale. Lesquelles ont montré, à l'aide de la tomographies puis de l'IRM (imagerie par résonance magnétique), que la taille de l'hippocampe, région du cerveau associé à la mémoire et aux capacités d'apprendre, diminue au fur et à mesure que la maladie d'Alzheimer progresse. "Nous sommes confiants que ces études montrent qu'une détection précoce d'Alzheimer est possible, ce qui pourrait aussi ouvrir la voie à des stratégies de prévention", a ajouté le Dr. Mony de Leon.

Une autre étude présentée dimanche et effectuée sur 1.800 Américains âgés, d'origine japonaise, a montré que ceux consommant des jus de fruit ou de légume au moins trois fois par semaine paraissent avoir quatre fois moins de risque de développer Alzheimer.

Une maladie d’origine inconnue

La maladie d'Alzheimer est une dégénérescence du système nerveux central qui se manifeste tout d'abord par des pertes de mémoire et évolue lentement vers un état de démence sénile. L'origine de cette maladie incurable reste inconnue et apparaît le plus souvent autour de 70 ans, mais parfois de façon plus précoce avant 65 ans, qui dans ce cas a un caractère génétique. Alzheimer touche 4,5 millions d'Américains et ce nombre devrait tripler aux Etats-Unis d'ici 2050 en raison du vieillissement de la population.

le 20 juin 2005 à 11:27
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5 Commentaires

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  • Lefrancois, le 21/06/2005 à 18h17

    1/ La démarche scientifique consiste à se poser d'abord la question du comment. Une fois que l'on cerne les facteurs en co-réaction, les probabilté pour développer une thérapie efficace augmente, et c'est tout l'intérêt de cette étude. 2/ Pendant ce temps des gens, des papy, mamy, papa, maman, meurent et mourront dans des conditions d'indignité atroces pour leurs proches, et c'est insupportable..tout comme ceux qui mourraient de la rage dans d'atroces convulsions jusqu'à Pasteur, qu'y pouvons-nous, rien, réclamer l'euthanasie et se ronger les sangs toute sa vie de savoir que c'était peut-être la meilleure solution ne nous sauvera jamais de cette rage impuissante, de cette douleur atroce d'avoir un proche déchu précocemment de son statut d'être humain. Sachant qu'il n'y a pas de solution et que la solution quand elle apparaîtra ne pourra soigner que les cas les plus précoces, nous ne pouvons que subir, comme nous aurons à subir notre propre déchéance et nos derniers instants, où peut-être intellectuellement en pleine possession de nos moyens intellectuels, notre corps nous abandonnera lentement, ce qui est terrible aussi. Les anciens disaient qu'ils avaient fait leur temps, moyen bien ironique de reprendre à leur compte le fait qu'ils n'y pouvaient mais. Et ne croyez pas que c'était moins douloureux.

  • CARLETON, le 21/06/2005 à 16h53

    Existe-t-il à Paris, OUI OU NON, un centre, un CHU ou que sais-je encore, où l'on puisse faire ce type d'examen de détection ? Ma mère a eu cette maladie atroce et a "duré", jusqu'à démence complète, pendant huit ans ... je suis donc concernée.

  • Caroline, le 21/06/2005 à 11h05

    Formidable, mais comme d'hab. on ne sait pas ou s'addresser pour avoir droit a ce diagnostique et l'autre probleme c'est qu'en france on ne peux pas obliger le sgens a se faire soigner et ca m'etonnerais que les gens aille faire ce genre de test avant de ressentir des symptomes ...

  • Dr jerome blin, le 20/06/2005 à 14h36

    Les outils diagnostiques se developpent qui permettent de diagnostiquer plus tot l'une des nombreuses causes de perte de mémoire. Chez les sujets de plaignant de perte de mémoire sans perte d'autonomie il s'agit en fait rarement d'une maladie d'Alzheimer, souvent d'une cause curable et dans la majorité des cas d'une maladie qui se traite. D'ou l'importance pour les patients et leur famille de consulter tôt, avant que les lésions ne se soient étendues, pour maintenir le plus longtemps l'autonomie des seniors

  • Jacques, le 20/06/2005 à 12h08

    Oui et après??? Remarquez que ça permettra au futur malade de faire son testament avant de commencer à perdre la raison... Une recherche basée sur une thérapie efficace serait plus bénéfique.

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