© INTERNELe risque de cancer colorectal est un tiers plus élevé chez les gros consommateurs quotidiens de viande rouge et charcuterie (deux portions ou plus par jour) par comparaison avec les gens qui en mangent très peu (une fois ou moins par semaine), selon une vaste étude européenne sur dix pays. En revanche, manger du poisson tous les deux jours réduit de 40% le risque de développer ce cancer, par comparaison à une consommation de moins d'une fois par semaine, selon l'étude Epic (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) portant sur près de 500.000 personnes publiée dans l'édition du 15 juin du Journal of National Cancer Institute. La consommation de volailles est, en revanche, sans effet, constatent les auteurs de ce travail coordonné par Elio Riboli du Centre international de recherche sur le cancer, Lyon (CIRC/IARC).
Les mécanismes de cette relation entre risque de cancer et grosse consommation de viande et charcuterie, indépendante de l'apport en fibres, ne sont pas encore complètement élucidés. Des études sur volontaires sains de Sheila Bingham, chercheur de Cambridge (Angleterre), suggèrent que des composés nitrosés ayant des effets cancérogènes se forment dans le système gastro-intestinal, suite à l'ingestion de fer, dont est très riche la viande rouge. La formation des composés (dits "précurseurs") cancérogènes pendant la cuisson de la viande à forte température (type grill ou barbecue) est également évoquée.
L'énigmatique effet protecteur du poisson
Mais on en trouve aussi dans le poisson et la volaille grillés, dont la consommation n'augmente pas le risque de cancer colorectal. Le possible effet protecteur du poisson - qu'il soit "frais, gras, en boîte, salés et/ou fumés" - n'a guère d'explication, si ce n'est d'après des études sur les animaux, la présence d'acides gras dont l'huile de poisson est riche, qui pourraient inhiber le processus cancéreux.
"Le risque de cancer colorectal pourrait être réduit en augmentant la consommation de poisson chez ceux qui en mangent le moins, et en réduisant celle de viande rouge, abats et charcuterie chez les gros consommateurs", concluent les experts. A l'appui de cette conclusion, l'étude permet de calculer le risque de développer un cancer colorectal dans les 10 ans : il passe de 1,28% chez les faibles consommateurs de viande rouge et charcuterie (moins de 30g/j pour un homme et 13g/j pour une femme) à 1,71% chez les gros consommateurs (plus de 129g/j pour un homme et plus de 85g/j pour une femme). Il est de 1,86% chez les faibles consommateurs de poisson (moins de 14g/j) à 1,28% chez les gros consommateurs (plus de 50g/j).
Photo d'ouverture : visite au rayon boucherie - archives
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