Canicule : "pas de catastrophisme"

Par Matthieu DURAND, le 27 juin 2005 à 15h08 , mis à jour le 28 juin 2005 à 16h52

Une vingtaine de départements ont mis en place une alerte à la canicule. Etat des lieux des urgences avec le docteur Philippe Olivier, responsable du service des urgences à l'hôpital d'Avignon.

canicule urgences © INTERNE

tf1.fr : L’alerte à la canicule a été lancée jusqu’à mercredi dans le Sud-Est et en Ile-de-France. Les services d’urgences sont-ils prêts à faire face un éventuel afflux de malades ?
Philippe Olivier (1) : Il ne faut pas tomber dans le catastrophisme. La crise de 2003 [due à la canicule "meurtrière, NDLR] a permis la mise en place d’un dispositif d’alerte de qualité. Actuellement, la profession est très sensibilisée. En Avignon, nous essayons de nous organiser en réseau. En cas de manque de places, hôpitaux publics et cliniques transfèrent les malades vers les établissements qui peuvent les accueillir. Le problème vient du fait que les établissements privés ne sont plus homologués comme sites d’urgences : les patients doivent donc passer par les urgences des hôpitaux publics avant d’être éventuellement emmenés vers une structure privée.

Autre difficulté : nous devons prendre en charge des soins programmés [des malades qui avaient pris rendez-vous, NDLR] en même temps que l’accueil des urgences, qui sont par définition non programmées. D’où une grosse charge de travail en début de semaine, où nous gérons la sortie des malades du week-end, l’arrivée des patients qui avaient pris rendez-vous et les urgences.

tf1.fr : Dans certains hôpitaux, les médecins urgentistes se plaignent de ne pas toujours pouvoir compter sur l’aide d’autres services pour accueillir des malades
P. O. : Le gros problème, c’est d’intégrer des malades non programmés dans des services où les soins sont programmés. Il y a les services qui n’en ont pas grand-chose à faire — c’est souvent le cas des services hyper-spécialisés —, et puis ceux qui jouent le jeu. Il faut évidemment trouver un équilibre car moins de malades programmés, cela signifie plus de malades aux urgences. A l’hôpital d’Avignon, qui est un établissement de taille humaine, on arrive à peu près à se mettre d’accord. Cela passe beaucoup par les rapports humains.

tf1.fr : La fermeture de lits, cet été, risque-t-elle de compliquer la situation ?
P. O. : Le manque de lits dans les hôpitaux est un problème chronique. Il y aura toujours des fermetures de lits mais elles sont en principe compatibles avec l’activité. En Avignon, une commission se réunit sur ce thème depuis des années. Un dispositif de sécurité est prévu au cas où la situation deviendrait anormale : sur la base du volontariat, des personnels en congés pourront être rappelés.

Derrière la fermeture de lits, il y a des enjeux financiers, notamment le remplacement des infirmières. C’est compliqué : encore faut-il les trouver. L’an dernier, une infirmière recrutée pour un remplacement est restée seulement quatre heures aux urgences puis elle est partie. Elle trouvait le travail trop dur. D’autres services ont parfois eu affaire à des infirmières pas assez formées.

tf1.fr : Les professionnels de la santé sont davantage sensibilisés aux risques de la canicule, dites-vous.  Et le public ?
P. O . : Non, il y a un vrai décalage. Les malades ne font pas cas de nos difficultés et ne comprennent pas qu’on essaie de les renvoyer parfois vers leur médecin généraliste. Sur 100 malades, 80 ne posent pas de problème. Les autres contestent beaucoup. Cela reflète le comportement très égoïste de notre société.

(1) Responsable du service des urgences à l’hôpital d’Avignon, le docteur Philippe Olivier est également le délégué de l’Amuhf (Association des médecins urgentistes hopsitaliers de France) pour la région PACA.

Affluence aux urgences lyonnaises

Les arrivées aux urgences de l'hôpital Edouard Herriot à Lyon ont augmenté de 15% ces derniers jours et le SAMU-SMUR du Rhône a reçu 30% d'appels supplémentaires ce week-end, probablement en raison de la chaleur, ont indiqué lundi des responsables des Hospices civils de Lyon (HCL). Des malaises et des débuts de déshydratation ont été diagnostiqués, mais aucun coup de chaleur, du type de ceux qui avaient causé des milliers de décès en août 2003, ont précisé des responsables des HCL. Les urgences pédiatriques ont aussi connu une recrudescence des arrivées, avec une centaine de passages par jour, contre 70 à 80 d'ordinaire en cette période. "Cette suractivité est assez difficile à gérer, mais elle ne dépasse pas nos capacités habituelles", a souligné le professeur Dominique Robert, chef du département des urgences médicales de l'hôpital lyonnais. De plus, "il est difficile d'identifier la place de la chaleur dans les pathologies", a-t-il noté, donnant l'exemple des fièvres qui peuvent être causées par les fortes températures ou par des virus.

photo : archives TF1

Par Matthieu DURAND le 27 juin 2005 à 15:08
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4 Commentaires

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  • Ronfladonf, le 28/06/2005 à 18h03

    Bien vu Delaroche... Seulement on a changé de premier ministre depuis la pentecote, et les priorités ne sont plus les mêmes!!! Maintenant c'est l'emploi, et il doit avoir employé cet argent à autre chose car ce brave Philippe Olivier nous parle encore du manque de moyen sans parler de cette cagnotte. A moins que les infrastructures ne valent pas mieux que celles pour la reconstruction post-tsunami (France => pays dvpé?)

  • François, le 28/06/2005 à 10h45

    Je ne connaissais pas ce philippe olivier, mais ces propos sont lamentables. Reporter l'incurie de l'état et des administrateurs dans le domaine de la santé publique sur l'égoïsme des gens qui souffrent, qui meurent, ou sur la faiblesse des infirmières intérimaires ( j'en connais qui doivent faire des bonds en lisant cela...), c'est , pour le coup, réellement pitoyable. Honte à lui! J'apprécierais de voir publier mon avis sur les propos de ce docteur.

  • Delaroche, le 27/06/2005 à 22h12

    Mais où sont donc passés les sommes récoltées lors du lundi de pentecôte ?????????????? il me semble que cela devait servir pour ce genre de situation!!!!!!!!!! où sont-ils passés????????????????

  • Xx, le 27/06/2005 à 21h03

    Pollution + chaleur = milliers de morts c'est marrant personne ne fait rien. il va falloir que ca monte encore pour que tout le monde comprene.

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