© INTERNE- Dr. Gérard Bleichner, président de la Société francophone de médecine d’urgence (SFMU) et responsable du service des urgences de l’hôpital d’Argenteuil :
"Nous sommes entrés dans une phase de pré-canicule : il y a ici et là des malades qui se présentent aux urgences pour des symptômes liés à la chaleur. Depuis 2003 [année de la canicule "meurtrière", NDLR], nous avons eu le temps de faire le tour du problème, de mieux connaître le phénomène et de prévoir ce que l’on ferait. A la SFMU, nous pensons que l’effort éventuel est à porter sur la prévention car lorsque les malades arrivent à l’hôpital pour un coup de chaleur, il est peut-être déjà trop tard.
Des progrès ont été faits en matière d’alerte : en Ile-de-France, grâce à l’informatisation, la surveillance est mise à jour toutes les dix minutes. On peut ainsi connaître le nombre de malades hospitalisés, leur type de pathologies… Malheureusement, ce n’est pas le cas partout en France : sur les 800 services d’urgences du pays, à peine 180 sont informatisés. Restent les difficultés en "aval" : à peu de choses près, on est au même niveau de lits ouverts [disponibles pour l’accueil des malades, NDLR] que les autres années du fait des personnels en congés et du manque chronique d’infirmières dans les hôpitaux. S’il y a cet été un afflux important de malades, nous savons ce que nous devons faire mais ce sera difficile."
- Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, qui se présente comme "la première fédération de maisons de retraites privées commerciales en France" :
"Les stigmates de 2003 réveillent une panique quasi générale alors que nous sommes dans une vague de chaleur tout à fait normale. Premier constat : la situation actuelle n’a rien à voir avec celle de 2003. Il n’y a plus d’effet de surprise. La veille saisonnière est ouverte depuis le 1er juin, les établissements sont climatisés, les personnels sont excessivement bien formés à la canicule... Bref, nous sommes tous dans les starting blocks.
En revanche, nous déplorons les effets d’annonce, comme celui du déblocage de 26 millions d’euros pour recruter du personnel saisonnier dans les maisons de retraite. Trouver du personnel non qualifié, ce que nous appelons les auxiliaires de lit, c’est facile mais ce n’est pas le cas pour du personnel qualifié, en CDD et surtout pendant l’été. Les établissements ont beaucoup de mal à utiliser ces crédits et préfèrent rappeler leur personnel qualifié en congés. Et s’il n’y a pas de canicule cet été, les 26 millions ne pourront pas être employés à d’autres fins : ils seront dispatchés à droite et à gauche ou repartiront dans une caisse commune. Au Synerpa, nous souhaiterions plutôt que l’Etat accélère les signatures de conventions tripartites entre les Conseils généraux, les DDASS et les maisons de retraite. Par ces conventions, les maisons de retraites reçoivent des crédits principalement pour recruter des aides-soignantes, des infirmières et des médecins. Voilà nos besoins. Or à ce jour, seule la moitié des 10.000 établissements de retraite ont signé cette convention."
photo : archives TF1
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