Canicule : pas de surprise mais des difficultés

Par Matthieu DURAND, le 23 juin 2005 à 07h00 , mis à jour le 22 juin 2005 à 18h53

Le ministre de la Santé et de la Solidarité a présenté mercredi un Plan canicule 2005. Les services d'urgences et les maisons de retraite sont-ils préparés à faire face à d'éventuels risques sanitaires ? Réponses de deux spécialistes.

canicule urgences © INTERNE
  • Dr. Gérard Bleichner, président de la Société francophone de médecine d’urgence (SFMU) et responsable du service des urgences de l’hôpital d’Argenteuil :

"Nous sommes entrés dans une phase de pré-canicule : il y a ici et là des malades qui se présentent aux urgences pour des symptômes liés à la chaleur. Depuis 2003 [année de la canicule "meurtrière", NDLR], nous avons eu le temps de faire le tour du problème, de mieux connaître le phénomène et de prévoir ce que l’on ferait. A la SFMU, nous pensons que l’effort éventuel est à porter sur la prévention car lorsque les malades arrivent à l’hôpital pour un coup de chaleur, il est peut-être déjà trop tard.

Des progrès ont été faits en matière d’alerte : en Ile-de-France, grâce à l’informatisation, la surveillance est mise à jour toutes les dix minutes. On peut ainsi connaître le nombre de malades hospitalisés, leur type de pathologies… Malheureusement, ce n’est pas le cas partout en France : sur les 800 services d’urgences du pays, à peine 180 sont informatisés. Restent les difficultés en "aval" : à peu de choses près, on est au même niveau de lits ouverts [disponibles pour l’accueil des malades, NDLR] que les autres années du fait des personnels en congés et du manque chronique d’infirmières dans les hôpitaux. S’il y a cet été un afflux important de malades, nous savons ce que nous devons faire mais ce sera difficile."

  • Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, qui se présente comme "la première fédération de maisons de retraites privées commerciales en France" :

"Les stigmates de 2003 réveillent une panique quasi générale alors que nous sommes dans une vague de chaleur tout à fait normale. Premier constat : la situation actuelle n’a rien à voir avec celle de 2003. Il n’y a plus d’effet de surprise. La veille saisonnière est ouverte depuis le 1er juin, les établissements sont climatisés, les personnels sont excessivement bien formés à la canicule... Bref, nous sommes tous dans les starting blocks.

En revanche, nous déplorons les effets d’annonce, comme celui du déblocage de 26 millions d’euros pour recruter du personnel saisonnier dans les maisons de retraite. Trouver du personnel non qualifié, ce que nous appelons les auxiliaires de lit, c’est facile mais ce n’est pas le cas pour du personnel qualifié, en CDD et surtout pendant l’été. Les établissements ont beaucoup de mal à utiliser ces crédits et préfèrent rappeler leur personnel qualifié en congés. Et s’il n’y a pas de canicule cet été, les 26 millions ne pourront pas être employés à d’autres fins : ils seront dispatchés à droite et à gauche ou repartiront dans une caisse commune. Au Synerpa, nous souhaiterions plutôt que l’Etat accélère les signatures de conventions tripartites entre les Conseils généraux, les DDASS et les maisons de retraite. Par ces conventions, les maisons de retraites reçoivent des crédits principalement pour recruter des aides-soignantes, des infirmières et des médecins. Voilà nos besoins. Or à ce jour, seule la moitié des 10.000 établissements de retraite ont signé cette convention."

photo : archives TF1

Par Matthieu DURAND le 23 juin 2005 à 07:00
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3 Commentaires

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  • Josette, le 24/06/2005 à 13h17

    Qu'y a-t-il de supprenant dans le fait qu'il fasse chaud l'été et froid l'hiver? il n'y a que les parigots qui puissent en être surpris.

  • Bob, le 23/06/2005 à 14h18

    C'est sûr qu'il vaut mieux dilapider des millions d'euros dans le relookage des logos et uniforme de la SNCF ou encore de GDF, une urgence ultra-prioritaire, que de fournir des climatiseurs à nos vieux ! Et y'en a qui blâment l'Europe ou je ne sais qui d'autre pour les problèmes que l'on a chez nous, mais commençons donc par nous respecter nous-mêmes !!!

  • Marseille, le 23/06/2005 à 13h34

    2003 n'a servi à rien ! c'est tout au moins ce que l'on peut se dire quand on rentre dans un hôpital de Marseille (l'Hôpital saint Joseph, où si les équipes sont compétentes et très gentilles certins malades (très malades...) sont dans des chambres où la température fleurte avec les 30°. ce n'est que ce matin que les services ont cru bon de faire les essais pour mettre en route la clim ! qui bien évidemment ne marche pas partout ! c'est un véritable scandale, tout est fait en dépiit du bon sens, rien n'a été prévu, planifié ! et pendant ce temps là certains malades ont chaud !

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