
La Commission baleinière internationale (CBI), réunie jusqu'à vendredi en Corée du Sud, a voté à 30 voix contre 27 en faveur d'une proposition australienne demandant au Japon d’abandonner son projet de doubler ses prises de baleines de Minke, pour les faire passer de 440 à 850 par an, comme il l’a annoncé lundi. Le Japon avait également averti qu'il allait étendre sa pêche à des espèces réputées menacées, comme le rorqual commun et la baleine à bosse. Cette extension porte au total à 1.300 le nombre de cétacés pêchés chaque année par le Japon.
Tokyo n'a pas besoin de l'approbation de la CBI pour ce projet car il fait partie, selon lui, d'une pêche "scientifique", qui bénéficie d'une dérogation au moratoire de la chasse commerciale en vigueur depuis 1986. Les pays anti-chasse estiment cette justification fallacieuse. "Même si nous avons perdu, nous sommes contents", a déclaré le responsable de la délégation japonaise. "Nous allons mettre en œuvre" le projet de doublement, a lancé comme dans un défi un représentant du ministère nippon des Pêches.
"Stopper Tokyo"
La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'Allemagne avaient fait part de leur "profonde inquiétude" face au programme de chasse nippon, combattu également par l'Australie et la Nouvelle-Zélande, fer de lance des anti-chasse. "Je suis satisfait qu'une majorité des pays aient envoyé un message fort au Japon selon lequel sa chasse à la baleine est tout simplement inacceptable", a déclaré le ministre néo-zélandais de l'Environnement, Chris Carter. Le revers essuyé mercredi par le Japon est le troisième en autant de jours : après avoir échoué à faire adopter lundi des votes mineurs de procédure, Tokyo n'avait pas non plus réussi mardi à réunir suffisamment de soutien pour faire approuver un projet de gestion de la pêche en cas de reprise de la chasse commerciale.
"Il n'y a certainement pas lieu à faire preuve de suffisance. Les pays anti-chasse doivent rehausser le niveau de leur jeu pour le prochain round", a indiqué Nicola Beynon, de la Société internationale de protection des animaux, avertissant que le Japon "était en train de recruter plus de pays [à sa cause, NDLR] en vue de l'année prochaine" et qu'il avait averti que "le vent était en train de tourner". "Nous savons que le Japon va ignorer la pression diplomatique", a-t-elle regretté, appelant les anti-chasse à "trouver une manière de stopper" Tokyo, "qu'il s'agisse de sanctions commerciales ou d'une action devant la Cour internationale de justice", ce qu'avait récemment déjà menacé de faire la Nouvelle-Zélande.
Le Japon ne pourra pas réunir les deux tiers des 66 membres de la CBI nécessaires pour faire approuver une reprise de la chasse commerciale, "mais il obtiendra une victoire morale s'il obtient une majorité (simple) des pays", a prévenu Chris Carter.
photo : la reprise de la chasse à la baleine au japon (TF1)
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