© INTERNELe Japon a ouvert les hostilités sur la reprise de la chasse commerciale à la baleine en annonçant un doublement de ses captures "scientifiques", dès le début lundi de la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) en Corée du Sud.
Tokyo n'a pas besoin de l'accord de la CBI pour cette extension, permise par une faille du moratoire de la chasse commerciale, en vigueur depuis 1986, et qui autorise des captures à des fins "scientifiques". Tokyo a donc simplement informé la CBI qu'il prévoyait de pêcher environ 850 baleines de Minke par an dans l'Antarctique, contre environ 440 actuellement, et d'étendre la chasse à des espèces considérées comme menacées : le rorqual commun et la baleine à bosse. Au total, le nombre annuel de cétacés chassés par le Japon sera donc porté à environ 1.300.
L'annonce japonaise a suscité l'ire des pays anti-chasse, l'Australie en tête. C'est un "scandale", a lancé le ministre australien de l'Environnement, Ian Campbell. La position du Japon va provoquer un "conflit" au sein des 66 membres de la CBI, "entre ceux qui veulent continuer à chasser la baleine et accroître les prises et ceux d'entre nous qui veulent voir la chasse reléguée dans les archives de l'Histoire", a ajouté le ministre. "Où est la science après 18 ans de chasse à la baleine ? Où est la science ? Elle n'existe pas", a pour sa part déclaré ministre néo-zélandais de la Conservation, Chris Carter.
Arguments "scientifiques"
Le Japon a affirmé que sa pêche avait pour but de "faire la lumière sur l'écosystème baleinier dans l'océan Antarctique, de mettre au point un système de gestion des ressources concernant plusieurs espèces de baleines, et améliorer la gestion des populations de Minke". Parallèlement à sa pêche "scientifique", le Japon est à la tête des nations luttant pour une reprise pure et simple de la chasse commerciale, avec la Norvège et le Danemark notamment. Ces pays arguent que la population, en croissance depuis le moratoire, est dorénavant suffisamment stable pour supporter une reprise.
Les anti-chasse rétorquent qu'il n'en est rien. Autre argument évoqué : "Nous disposons d'une industrie d'observation des baleines très saine en Nouvelle-Zélande... Ce sont nos baleines... Quel droit à le Japon d'aller les abattre ?", a tempêté le ministre Carter.
La CBI est dominée depuis 1982 par les anti-chasse et le Japon a échoué, lundi dans la matinée, à réunir suffisamment de soutien pour faire passer deux votes de procédure, ce qui pourrait laisser penser que le pays pro-chasse ne peut réunir assez de soutien dans son combat pour la fin du moratoire. Mais l'arrivée de quatre nouveaux membres, in extremis, parmi le club de la CBI, portant ainsi leur nombre de 62 à 66, pourrait profiter aux pro-chasse, soulignent des délégués. La réunion doit s'achever vendredi.
photo : archives
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