Chasse à la baleine : nouveau bras de fer international

le 20 juin 2005 à 07h00 , mis à jour le 20 juin 2005 à 07h38

Les 62 pays membres de la Commission baleinière internationale se réunissent à partir de ce lundi en Corée du Sud. Certains pays, comme le Japon, souhaitent remettre en cause le moratoire sur la chasse à la baleine.

La baleine qui a bouché le port © INTERNE

La conférence annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), qui débute ce lundi en Corée du Sud, va, une fois de plus, faire des vagues. L'enjeu de la réunion d'Ulsan, un ancien port baleinier, est un moratoire datant de 1986 interdisant des prises de baleines à des fins commerciales.

Les pays de pêche, tels le Japon, la Norvège et l'Islande, affirment que les mammifères marins ne sont plus menacés et réclament l'autorisation de reprendre les prises dans le cadre de stricts quotas. Les pays opposés à la chasse, soutenus par les organisations écologiques, réfutent l’argument. Le ministre australien de l'Environnement Ian Campbell a ainsi publiquement déclaré récemment qu'il s'agissait d'une "mission de vie ou de mort pour les baleines". Depuis plusieurs semaines, les autorités australiennes ont d’ailleurs tenté de convaincre les "petits" pays de la CBI de se rallier à leur position (cliquez ici pour lire l'article). En privé, les délégués reconnaissent qu'aucun des deux camps n'a la majorité des trois quarts nécessaires à un changement du statu quo.

"Si tous les pays deviennent comme l'Australie, nous n'aurons plus de raison de rester dans la CBI", a prévenu un responsable de l'agence japonaise des pêches. "L'actuel moratoire n'est pas suffisant car de nombreux pays l'enfreignent et si nous nous y accrochons, la commission baleinière va tomber en morceaux", a pour sa part déclaré le ministre danois des Affaires étrangères, Per Stig Moeller. "Partant de ce constat, nous avons chargé nos négociateurs de pousser pour l'instauration d'un nouveau système qui soit à même de mieux protéger les baleines", a-t-il expliqué. Si le moratoire était levé, a précisé le ministre danois, les prises "scientifiques" devraient être incluses dans les quotas baleiniers de chaque pays.

Tourisme contre pratiques ancestrales

La Norvège est le seul pays au monde à avoir autorisé la pêche commerciale. D'autres pays comme le Japon et l'Islande — qui disent pêcher à des fins scientifiques — sont régulièrement accusés de contourner l'interdiction. La CBI, où siègent 62 pays, autorise en effet la commercialisation de la viande de baleine, à condition que les cétacés aient été tués à des fins de recherche. Les habitants de deux territoires danois semi-autonomes, le Groenland et les îles Féroé, sont, eux, autorisés à pêcher la baleine mais exclusivement pour se nourrir.

Arguant d'une augmentation des populations de baleines, Tokyo a l'intention de presque doubler ses prises de baleines de Minke, actuellement de 440 par an, et de pêcher des baleines de plus grande taille, les baleines à bosse et les rorquals communs, des espèces menacées. Des organisations écologistes comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) rétorquent qu'il n'est pas nécessaire de tuer ces mammifères pour effectuer des recherches scientifiques. Et toute atteinte à des espèces menacées déclencherait les hostilités avec des pays comme l'Australie et la Nouvelle Zélande, où le tourisme baleinier représente des centaines de millions de dollars par an. Mais le Japon fait aussi valoir qu'il défend une pratique culturelle ancestrale et accuse ses adversaires de fanatisme.

le 20 juin 2005 à 07:00
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3 Commentaires

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  • Louise, le 21/06/2005 à 03h17

    Dernièrement, un baleinier japonais qui relachait au port de Nouméa a été accueilli par une manifestation hostile visant à empêcher les marins d'accoster en raison de leur activité (la NOuvelle Calédonie est une zone de reproduction des baleines à bosse). Non contents de mazouter dans les eaux territoriales des autres pays, les chalutiers japonais démolissent fonds marins et ressources halieutiques par leurs pratiques de pêche (filets dérivants, raclage des fonds marins ...). Ils pêchent dans les zones de reproduction des baleines et se livrent à de véritables massacres, sans aucun souci de la préservation des espèces. On attend toujours les résultats des recherches "'scientifiques" de ces pillards. Le whale watching est une activité qui bien pratiquée peut protéger les espèces et qui crée une ressource économique pour de nombreuses îles isolées du Pacifique. La pêche japonaise et nordique (et accessoirement espagnole, sous pavillons de complaisance) est une menace écologique partout dans le monde : aucune règle, le profit maximum, des pratiques de pirates, notamment vis à vis des malheureux équipages embarqués dans ces galères.

  • Matt, le 20/06/2005 à 10h47

    Quand il n'y aura plus aucune baleine à pecher j'espere qu'ils seront très contents d'eux. C'est tout bonnement insupportable. Il faut interdire purement et simplement l'exploitation de toute espece protégée, que ce soit à des fins scientifiques ou commerciales. Et que ce soit un patrimoine ancestral n'y change rien. Nos ancètres se faisaient la guerre, est ce que pour autant nos devons perpétuer cette tradition ? Leur argument ne tient pas la route. Honte au Japon, qui est décidément capable du meilleur comme du pire.

  • Olivier, le 20/06/2005 à 10h09

    J'espère que les médias vont nous informer complètement et en temps réel car je pense dans ce cas que les gens qui sont comme moi opposés à la chasse à la baleine prendront soin de boycotter complètement les produits japonais et norvégiens.

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