© INTERNELa conférence annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), qui débute ce lundi en Corée du Sud, va, une fois de plus, faire des vagues. L'enjeu de la réunion d'Ulsan, un ancien port baleinier, est un moratoire datant de 1986 interdisant des prises de baleines à des fins commerciales.
Les pays de pêche, tels le Japon, la Norvège et l'Islande, affirment que les mammifères marins ne sont plus menacés et réclament l'autorisation de reprendre les prises dans le cadre de stricts quotas. Les pays opposés à la chasse, soutenus par les organisations écologiques, réfutent l’argument. Le ministre australien de l'Environnement Ian Campbell a ainsi publiquement déclaré récemment qu'il s'agissait d'une "mission de vie ou de mort pour les baleines". Depuis plusieurs semaines, les autorités australiennes ont d’ailleurs tenté de convaincre les "petits" pays de la CBI de se rallier à leur position (cliquez ici pour lire l'article). En privé, les délégués reconnaissent qu'aucun des deux camps n'a la majorité des trois quarts nécessaires à un changement du statu quo.
"Si tous les pays deviennent comme l'Australie, nous n'aurons plus de raison de rester dans la CBI", a prévenu un responsable de l'agence japonaise des pêches. "L'actuel moratoire n'est pas suffisant car de nombreux pays l'enfreignent et si nous nous y accrochons, la commission baleinière va tomber en morceaux", a pour sa part déclaré le ministre danois des Affaires étrangères, Per Stig Moeller. "Partant de ce constat, nous avons chargé nos négociateurs de pousser pour l'instauration d'un nouveau système qui soit à même de mieux protéger les baleines", a-t-il expliqué. Si le moratoire était levé, a précisé le ministre danois, les prises "scientifiques" devraient être incluses dans les quotas baleiniers de chaque pays.
Tourisme contre pratiques ancestrales
La Norvège est le seul pays au monde à avoir autorisé la pêche commerciale. D'autres pays comme le Japon et l'Islande — qui disent pêcher à des fins scientifiques — sont régulièrement accusés de contourner l'interdiction. La CBI, où siègent 62 pays, autorise en effet la commercialisation de la viande de baleine, à condition que les cétacés aient été tués à des fins de recherche. Les habitants de deux territoires danois semi-autonomes, le Groenland et les îles Féroé, sont, eux, autorisés à pêcher la baleine mais exclusivement pour se nourrir.
Arguant d'une augmentation des populations de baleines, Tokyo a l'intention de presque doubler ses prises de baleines de Minke, actuellement de 440 par an, et de pêcher des baleines de plus grande taille, les baleines à bosse et les rorquals communs, des espèces menacées. Des organisations écologistes comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) rétorquent qu'il n'est pas nécessaire de tuer ces mammifères pour effectuer des recherches scientifiques. Et toute atteinte à des espèces menacées déclencherait les hostilités avec des pays comme l'Australie et la Nouvelle Zélande, où le tourisme baleinier représente des centaines de millions de dollars par an. Mais le Japon fait aussi valoir qu'il défend une pratique culturelle ancestrale et accuse ses adversaires de fanatisme.
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