
La ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, indique dans une interview au Parisien de samedi qu'elle a décidé de porter de quatre à six le nombre maximal de loups qui pourront être "prélevés". Elle souligne au passage que cela représente "moins de 10% de la population estimée de 70 à 90 individus sur le territoire".
La ministre indique que les éleveurs vont pouvoir user d'un "tir de défense" qui "ne sera possible que sur autorisation individuelle délivrée par le préfet et sous réserve que l'éleveur possède le permis de chasser et ait préalablement protégé son troupeau". "Nous voudrions, et nous allons essayer de tenir ce principe, que ce tir ne se fasse qu'après trois attaques successives en trois semaines", spécifie-t-elle. "Néanmoins, nous donnerons aux préfets une plus grande latitude que par le passé, afin qu'ils gèrent au mieux le problème".
La ministre de l'Ecologie et du Développement durable précise qu'"un tir de défense", cela peut être "un tir d'effarouchement, par balles ou munitions en caoutchouc, ou cela peut être le tir à balles réelles, mortel à l'occasion." "Si l'éleveur n'est pas lui-même chasseur, il pourra recourir à un garde assermenté ou à un lieutenant de louveterie", explique-t-elle, assurant que "cela ne met pas en danger la préservation de l'espèce. J'insiste, ces mesures n'ont rien à voir avec une régulation de la population du loup, c'est une position raisonnée qui tient compte des positions de tous".
A propos des indemnisations des éleveurs victimes d'attaques, la ministre annonce qu'"elles vont augmenter en moyenne de 80%." De plus "faisant le pari de la confiance", elle explique que les remboursement se feront "sur simple déclaration auprès de la préfecture, ce qui permettra à l'éleveur de toucher son indemnisation dans les six semaines". La ministre annonce qu'elle se rendra sur place en juillet "afin de faire le bilan et de rencontrer toutes les parties prenantes".
La controverse sur le loup a fait rage l'an dernier avec l'autorisation donnée par le gouvernement d'abattre quatre loups en 2004 et l'adoption d'un Plan d'action prévoyant des quotas de tirs annuels jusqu'en 2008 (cliquez ici pour découvrir notre dossier consacré au loup). Mme Olin fait valoir que "2200 brebis (ont été) victimes des attaques du loup en 2003" et 2550 en 2004. Interrogée sur le dossier de l'ours des Pyrénées, elle annonce qu'elle n'exclut pas de réintroduire plusieurs individus dans le massif. "Je serai dans la continuité de mon prédécesseur et de ce qu'a dit le président de la République", a-t-elle souligné.
| Les éleveurs mitigés, les défenseurs du loup outragés |
A l'opposé, Lauriane d'Este, vice-présidente de la SPA nationale et responsable de la faune sauvage, s'est déclarée "opposée aux tirs de défense contre les loups par autorisation individuelle aux éleveurs, dans l'état actuel des populations". Elle a expliqué que la SPA était "pour des méthodes d'effarouchement uniquement" et a évalué à "45 au maximum" la population actuelle de loups. |
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