Les eaux françaises "fortement dégradées"

le 06 juin 2005 à 16h40 , mis à jour le 07 juin 2005 à 22h04

Ces résultats préoccupants proviennent de l'état des lieux des six grands bassins français, rendu publics pour la première fois lundi. A la source de cette mauvaise qualité : le "couple infernal" nitrates-pesticides.

[Expiré] [Expiré] Dole Vue de la ville au bord de l'eau © AFP

50 à 75% des eaux françaises sont fortement dégradées, selon un rapport du Muséum national d'histoire naturelle. Cette étude porte pour la première fois à la connaissance du public les résultats d'états des lieux réalisés pour décembre dernier par les Agences de l'eau dans les six grands bassins français, conformément à une législation européenne. La directive cadre sur l'eau de 2000 demande aux Etats membres de parvenir à un "bon état" de l'ensemble des eaux en 2015, et imposait un état des lieux au 22 décembre.

Ce premier bilan national montre que, dans l'hypothèse la plus optimiste, moins de 50% des eaux (superficielles et souterraines) du territoire métropolitain pourront atteindre le bon état écologique requis d'ici 2015. Dans l'hypothèse la plus pessimiste, seulement un quart atteindra ce niveau. En effet, seulement 25% des masses d'eau naturelles sont classées en "bon état probable", 25% sont classées "à risque" et 23% présentent un "doute" (les données manquent ou bien il existe des incertitudes). 27% des eaux, qui ont été fortement modifiées par l'homme (comme les lacs de retenue des barrages), sont classées à part.

Le rapport repose essentiellement sur l'analyse du "couple infernal" nitrates/pesticides, relève le professeur Jean-Claude Lefeuvre qui a coordonné l’étude. Les nitrates proviennent des engrais et des déjections des élevages. Les pesticides sont utilisés, essentiellement par l'agriculture pour combattre les insectes et les maladies. Mais ce bilan, déjà préoccupant, "est loin de refléter la réalité" car il ne prend pas en compte les micro-polluants tels que les produits pharmaceutiques, phtalates (présents dans les plastiques), retardateurs de flammes bromés, dioxines (cancérigènes) ou encore micro-algues toxiques, comme celles qui ont conduit à interdire pendant 5 semaines la vente des huîtres du bassin d'Arcachon. "On n'a pas mis en place les structures qui permettent de mesurer [ces] autres polluants, a estimé le professeur Lefeuvre. Cela implique des laboratoires performants, du matériel et de l'argent."

le 06 juin 2005 à 16:40
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

11 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Nathalie, le 07/06/2005 à 12h08

    En parlant de Nicolas Hulot, s'il y a un livre à lire c'est bien "le syndrome du Titanic". Voici une phrase que j'avais relevé et qui colle parfaitement avec cet article: "la consommation annuelle de pesticides en France (2ème pays après les USA) est de 110 000 tonnes par an". L'homme prend vraiment la terre pour une poubelle et il affirme son pouvoir en écrasant tout sur son passage. Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que la nature est indomptable.

  • Dada, le 07/06/2005 à 10h53

    Toujours le même pollueur : l'être humain !! Il aura fait pas mal de dégat ce personnage dans la vie sur terre, et surement contribué à son exctinction. Quand les gens comprendront que la terre est malade, qu'il faut agir maintenant et non dans 1 siècle, il sera trop tard !!!!

  • Dan, le 07/06/2005 à 10h39

    Les OGM, pas plus que les pesticides, ne résoudrons le ou plutôt les problèmes, ramener l'argumentation au niveau de fantasmes, c'est un peu réducteur, pas plus que l'agriculture ou l'élévage intensif n'a résolu les problèmes de la planète( il ya toujours autant sinon plus de monde à "crever" de faim....), tout ça c'est du business qui condamne à terme notre planète....Les OGM, même s'ils réduisent notablement les pesticides, ne les éliminent pas complètement et qui prouve que demain les micro-organismes de toutes sortes ne s'adapteront pas, naturellement, aux OGM ( la nature a plus d'un tour dans son sac), quelquefois, il me semble que les scientifiques manquent d'une certaine modestie.....La réalité c'est que, pour une question de gros sous, c'est la fuite en avant...tant pis pour la planète et l'humanité...

  • Jean, le 07/06/2005 à 10h22

    C'est à se demander si les industries chimiques qui fabriquent les pesticides, les sociétés qui dépolluent l'eau et les industries qui fournissent des traitements anti cancéreux n'appartiennent pas aux mêmes détenteurs de capitaux????

  • Anne, le 07/06/2005 à 03h49

    De toute facon c'est partout pareil le monde est devenu une grande poubelle. Lisez Nicolas Hulot.

  • Olivier, le 07/06/2005 à 00h01

    Sans même s'intéresser auy paysans, on peut peut être parler des jardiniers amateurs et adeptes de la nature du dimanche.... Dès les premiers beaux jours, ils répendent qui de l'herbicide, qui un insecticide, qui un raticide... Sur leur beaux jardins.. ET absorbent des quantité énormes de ces produits, lors de la pulvérisation, lors de la consommation des légumes, et enfin ont la chance de polluer ce qu'il y autour.. Leur contribution est bien entendue infime, mais tant significative d'une société ou l'on met à disposition du public, dans les supermarchés, des poisons qui ruinent nos ressources en eau.

  • Raouf, le 06/06/2005 à 23h25

    Et oui on met des radars partout, mais on ne vérifie pas ce que nos agriculteurs jettent dans leur champs et dans notre eau qui est poluée pour 30 ans chez nous qui n'est plus potable mais que l'on paye toujours au même prix (cherchez l'erreur) Ca c'est bien plus dangereux qu'un excés de vitesse mais cela ne rapporte pas.

  • Bruno, le 06/06/2005 à 22h55

    Les OGM permettent de limiter ce genre de problèmes. Mais entres les fantasmes et l'ignorance, ceux-ci font davantage peur que les pesticides. Et comme, on ne peut pas se permettre de faire que de la culture biologique... Il va falloir à un moment, expliquer clairement qu'entres les risques potentiels des OGM et la nocivité réelle et avérée des pesticides, il y a un choix logique à faire.

  • PaT, le 06/06/2005 à 19h36

    L'eau,se raréfiant,devient de plus en plus précieuse.Et nous continuons à la polluer?C?est encore un beau pari pour l?avenir.Tant pour notre économie,déjà bien malade que pour l?avenir de nos enfants.Quelle Terre déciderons nous de leur léguer?Réfléchissons et agissons rapidement, ça urge!

  • Audrey, le 06/06/2005 à 19h19

    Et 94% des crous d'eau Français sont pollués. 35% des cancers viendraient de la toxicité de notre alimentation et des produits chimiques contenus dans les produits de consommations courantes ( comme les phtalates interdits aux usa, au japon et ds certains pays d'europe). Pourquio on en parle jamais à la télé ? au jt ? seulement 1,8% des agriculteurs français font du bio.c'est quand même indécent vu la menace évidente qui pése sur nous ?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience