Etudiants, "bonjour tristesse"

le 07 juin 2005 à 11h36 , mis à jour le 07 juin 2005 à 14h14

Une nouvelle étude confirme la bonne santé des étudiants de France mais leur profond mal-être. Plongée dans un monde bien loin de l'insouciance juvénile...

examen etudiant © TF1

Après l'Union nationale des sociétés étudiantes mutualistes régionales (Usem), c’est au tour de la Mutuelle des étudiants (LMDE) de livrer mardi les résultats de son enquête sur la santé des étudiants. Effectuée avec l'appui de l'Ifop pour le traitement des réponses, elle concerne 9.700 étudiants auxquels 188 questions avaient été posées sur leur santé, leur quotidien, leurs habitudes de vie, leurs relations aux autres, leur opinion sur la société. Cette première enquête doit être renouvelée tous les trois ans pour comparaisons et analyse des évolutions.

Angoisses et rejets

Les résultats confirment ceux relevés par l’Usem (cliquez ici pour lire : La santé des étudiants décryptée). A savoir que les étudiants sont en bonne santé (à plus de 80%) mais inquiets et stressés. Ils se disent même fatigués (62%), tendus et agressifs (54%), insomniaques (50%), angoissés (18%). Ils sont même 15% à avoir eu des idées suicidaires et 5% à avoir fait des tentatives. Première source d’inquiétude : les études, suivies par les relations affectives, les relations familiales et les problèmes d'argent. Les trois-quarts vivent ainsi avec moins de 600 euros mensuels, ce qui les oblige à rogner sur leurs loisirs (60% disent aller rarement au cinéma et 30% jamais en discothèque) mais aussi sur leurs soins (pour 23% des étudiants).

Pour compléter ce sombre tableau, les étudiants trouvent la société défavorable à la jeunesse (66%) et répressive (58%). Moins de trois étudiants sur dix la trouvent égalitaire, dans la vie de tous les jours et au travail. Près de la moitié d’entre eux ont peu ou aucune confiance dans l’avenir. Peu portés à se révolter, ils préfèrent se couler dans le moule (plus de la moitié craignent l'exclusion) et ils comptent sur eux même ou leurs amis pour s'en sortir.

Certains étudiants ont par ailleurs déclaré avoir déjà été victimes d’exclusion ou de problèmes pour leur apparence physique (39%), leur religion (7%) ou leur orientation sexuelle (5%). 13% disent avoir subi des remarques racistes et 23% des filles disent avoir subi des remarques sexistes. 24% disent avoir été injuriés et 8% agressés. 15% des filles et 8% des garçons parlent d'agressions sexuelles et 4% des filles de rapports sexuels forcés.

Cannabis à la hausse

L’enquête de la LMDE s’est aussi intéressée aux "consommations" des étudiants. Plus de six étudiants sur dix ne fument pas mais 22% sont fumeurs réguliers. 15% des garçons et 19% des filles ne touchent pas à l'alcool. Pour les autres, boire, c’est surtout festif (75%) et convivial (58%). C’est aussi une dépendance (18%) et une façon de gérer la déprime (11%). Plus de quatre étudiants sur dix ont expérimenté le cannabis, un chiffre en augmentation depuis deux ans. Pour eux, c'est festif (52%) convivial, (40%), anti-stress (33%), facteur d'oubli (27%), cela permet de dormir (14%). Il y a deux ans, ils étaient majoritaires à dire que le cannabis était plus dangereux que le tabac, la proportion s'est inversée. Pour les autres drogues, 90% disent ne pas y toucher. S'ils en prennent, ce sont d'abord les poppers (7% ont essayé), l'ecstasy (4%) ou la cocaïne (4%).

Et l’amour dans tout ça ? Leur premier rapport sexuel intervient en moyenne à 17 ans. 90% déclarent être bien informés sur la contraception et la protection mais 25% disent ne pas utiliser de préservatif car ils "font confiance" dans leur partenaire. Seuls 3% des étudiants indiquent avoir plusieurs petit(e)s ami(e)s ou petites amies. 2% des femmes disent avoir des attirances homosexuelles et 5% des hommes.

le 07 juin 2005 à 11:36
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16 Commentaires

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  • Bruce, le 08/06/2005 à 14h40

    M, j'ai un collègue Francais à New York qui lui aussi à eu la vie dure pendant ses stages à l'étranger (il est aussi passé par la case BTS).Il m'a dit "L'important, c'est de garder les yeux ouverts, de profiter de chaque occasion que tu as d'ajouter des contacts à ta liste, demander à participer à des déjeuners d'affaire, rendre service à un client, garder contact avec eux, et ne pas sous-estimer le pouvoir d'une lettre de recomandation!N'hesite pas à la fin de chacun de tes stages de demander une lettre de recomandation a ton patron". En bref, ce n'est qu'un mauvais moment à passer, profites-en pour te faire des amis, et tu seras surpris un jour de recevoir un coup de fil du genre:"Bonjour monsieur [ton nom ici], dites-moi, je cherche quelqu'un pour [description du job ici], j'ai pensé à vous parce que [bla, bla, bla], seriez-vous interêssé?" Et n'oublie pas de filer un coup de main aux p'ti jeunes qui en ont besoin, si tu en as l'occasion!

  • Melli, le 08/06/2005 à 12h26

    On travaille parfois pour des prunes, on fait souvent des choses qui ne nous intéressent pas, on passe 25 ans sur les bancs de l'école pour certains. Mais pourquoi déprimer? Non seulement cela n'arrange rien, mais on s'enferme dans le nombrilisme. Je pense, en tant qu'étudiante de 20ans en 3e année de prépa, qu'un peu de service militaire, un peu de responsabilités, feraient à toutes ces petites victimes le plus grand bien. Ca aère, ca muscle, ca fait maigrir les obèses, ca apprend le respect, la solidarité, l'attention eux autres. Et surtout, une discipline de vie ma foi bien saine.

  • M, le 08/06/2005 à 11h43

    Arnaud tu as confiance en ton avenir?? Forcement tu sors d'une ecole de commerce, pour toi ca ne sera pas complique. Cepdt acceder a une ecole de commerce n'est pas donne a tt le monde. Il faut reussir le concours d'entree et pouvoir ensuite financer ses etudes. Je sui en BTS et en stage a l'etranger. Mes parents ont du faire un pret pr que je fasse ce stage indispensable pr le passage de mon examen ms voila avec un BTS en poche, peu de portes s'ouvriront pour moi dans le monde du travail!

  • BIBI, le 08/06/2005 à 11h39

    En réaction à FAB de Metz, je tiens juste à dire que je suis en sixième année d'études et que je confirme une large partie des résultats de cette enquête... La vie d'étudiant est loin d'être simple, très loin même...Mais peut etre que du côté de Metz c'est beaucoup plus facile!!!!

  • Sébastien, le 08/06/2005 à 10h42

    Moi je trouve cette étude proche de la réalité (c'est d'ailleur son but). Je suis moi meme étudiant (en architecture) et en effet, j'ai pas le temps pour faire quoique ce soit à part me consacrer à mes études, et meme si j'avais le temps je n'aurais pas l'argent, je touche 390? de bourse tout les mois et c'est tout (mes parents m'aident pas), heureusement que je suis déterminé parce que personellement tout est fait pour me faire sortir du système (je dois avancer mes bourses, celles ci arrivant chaque trimestre a terme echu, donc faire des prets). Donc oui la situation de pas mal d'etudiant en france est assez pénible quand on voit à combien est l'allocation chomage... Donc arretez de critiquer cette etude, les jeunes etudiant francais sont plutot mal loti, etc comme le di cette enquete, ils ne s'en plaignent meme pas!!!

  • Gilles, le 08/06/2005 à 10h36

    Moi aussi je deprime de plus en plus. Et le pire c'est que c'est contagieux. Plus les nouvelles sont mauvaises, plus les infos nous brises avec le malheur, les delocalisation, le chomage, la pollution, etc... Moins ca va aller. Plus les syndicat crient à la trahison, plus mes voisins foutent le bordel, plus les jeunes brulent des voitures, moins on a envie de se battre pour faire avancer les choses. Notre seul et unique espoir et de tenter de voir la vie en rose ( et pourtant c'est un deprimé dans une situation bien difficile quie parle). Ayons un peu d'espoir dans notre vie, c'est le meilleur moyen.

  • Marie France, le 08/06/2005 à 03h27

    A quelle époque de l'année cette enquête a t'elle été effectuée ? A l'approche d'un examen ? pas étonnant alors que les résultats soient aussi pessimistes.Autre chose, n'oublions pas que le stress fait partie du programme scolaire en France, et cela dès la maternelle. Ailleurs ( en Australie par exemple ) le moral est bon. Les enfants associent l'école donc le travail au mot FUN.A la sortie de l'école quand les parents viennent chercher leurs enfants, on n'entend que ces mots :" hi darling, did you have fun today ? " Traduction : bonjour mon (ma) chéri(e) tu t'es bien amusé(e) aujourd'hui ? Cette façon différente de voir les choses (ou la vie ) ne peut nuire à la santé morale des écoliers d'abord et des étudiants par la suite. Le stress, comme chacun le sait, est source de mille et un maux, il est grand temps que l'on se penche sérieusement sur ce problème en France. Bon courage.

  • Arnaud, le 07/06/2005 à 22h32

    Nimnporte quoi, kan on veut trouver du boulot en France, on en trouve. Franchement, il faut arreter de tirer sur le gouvernement pour critiquer. Il faut vraiment chercher et on trouvera. J'ai 20 ans, je finis mes etudes en ecole de comemrce lan prochain et je ne ne fais pas de soucis pour mon avenir. Merci

  • Fred, le 07/06/2005 à 18h46

    Mouais... c'est vrai qu'on a l'impression de travailler pour rien... les études sont de plus en plus difficiles (et longues) et les post-diplomants ont du mal à trouver le premier boulot. Je suis ingénieur informatique depuis 4 mois et rien ne se passe... seule solution: le chommage, rester à la maison à s'emmerder pendant des mois c'est pas un bon remède contre la déprime. sur une classe de 22 étudiants seulement un a trouvé un boulot. vive la jeunesse

  • Alain Kadlec, le 07/06/2005 à 18h38

    Les jeunes perdent leur temps en restant en France! Allez donc voir ailleurs, ce n'est peut-être pas tout rose mais c'est différent et cela peut faire une grosse différence dans la vie!

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