
Les niveaux de dioxines, une famille de polluants pour partie cancérigènes, mesurés dans l'air en Ile-de-France sont globalement "faibles" et comparables aux teneurs constatées dans d'autres agglomérations européennes, selon une étude publiée vendredi par Airparif. Les dioxines sont émises lors des processus de combustion. Leur présence dans l’air ne fait l’objet d’aucune réglementation, la principale source de contamination étant alimentaire.
L'organisme de surveillance de la qualité de l'air a mesuré les teneurs en dioxines dans l'air en juin et novembre 2004, sur huit sites, dont six à proximité d'incinérateurs ou d'installations industrielles et deux sites témoins. Une étude spécifique a porté en mars 2005 sur l'incinérateur d'Ivry-sur-Seine. Les niveaux relevés en hiver sont faibles et homogènes, entre 0,02 et 0,009 picogrammes ITEQ (unité de mesure internationale de toxicité) par m3. En été, la grande majorité des sites présentent aussi des teneurs faibles (0,01 à 0,05 pg ITEQ/m3) à moyennes (0,1 à 0,2 pg ITEQ/m3). Globalement, les teneurs sont comparables aux mesures réalisées par Airparif en 1997 et aux autres villes européennes. A titre de comparaison, la teneur est comprise entre 0,07 et 0,20 à Londres.
La campagne de mesure autour de l'incinérateur d'Ivry-sur-Seine montre des teneurs faibles et homogènes, légèrement plus élevées (0,15 pg ITEQ) lorsque les sites de mesures étaient sous le vent de l'usine de déchets. Les niveaux les plus faibles sont mesurés dans la zone témoin de la forêt de Fontainebleau. Curieusement, les niveaux les plus élevés (0,81 à 3,41 pdg ITEQ) sont relevés dans l'autre site témoin, aux Halles, dans le centre de Paris, où il n'y a aucune industrie émettrice. Explication : des accidents de feux d'ordures se sont produits début juin dans le sous-sol du centre commercial, qui ont requis l'intervention des pompiers.
Combustions non maîtrisées
Les niveaux de dioxines mesurés sont généralement plus élevés l'été que l'hiver, ce qui est étonnant car le chauffage contribue aux émissions de dioxines. Cette hausse estivale peut s'expliquer par une moindre dispersion des pollutions et par des brûlages de végétaux, ou des barbecues, inexistants l'hiver.
A côté des sources industrielles, "les combustions non maîtrisées (comme le brûlage de déchets domestiques, de débroussaillage, déblais de construction et déchets agricoles) peuvent générer localement et ponctuellement des concentrations dépassant largement le niveau de fond de dioxines", indique Airparif. Ces sources pourraient prendre une part croissante dans les émissions, du fait de la baisse imposée par la réglementation aux émissions des incinérateurs.
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