La France choisie pour accueillir Iter

le 28 juin 2005 à 07h00 , mis à jour le 08 décembre 2005 à 18h17

C'est officiel : la France, avec son site de Cadarache dans le sud, accueillera le réacteur expérimental de fusion nucléaire. Un programme de 10 milliards d'euros étalés sur trente ans, avec des milliers d'emplois à la clé.

Iter maquette nucléaire

Après trois ans de bras de fer au sein de l'Union européenne puis entre Européens et Japonais, les partenaires du projet Iter ont signé mardi matin à Moscou une déclaration commune par laquelle ils choisissent la France, avec son site de Cadarache (Bouches-du-Rhône), pour accueillir le réacteur expérimental de  fusion nucléaire Iter. Participaient à la cérémonie de signature des représentants de l'Union européenne (UE), de Russie, de Chine, du Japon, des Etats-Unis et de Corée du sud.

4000 emplois à la clé

Jacques Chirac s'est aussitôt "félicité"  du choix de Cadarache. Selon le chef de l'Etat, qui se rendra jeudi sur le site d'implantation, c'est "un grand succès pour la France, pour l'Europe et pour l'ensemble des partenaires d'Iter".  La venue d'Iter "constitue un formidable levier de développement pour l'ensemble de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur avec d'importantes retombées économiques, scientifiques, sociales et culturelles", a estimé Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille. Le Premier ministre Dominique de Villepin a assuré pour sa part que "la France mettra tout en oeuvre pour accueillir ce projet dans les meilleures conditions" et qu'"Iter permettra la création de 4.000 emplois qui contribueront à valoriser notre potentiel de recherche et d'union". Entre 2005 et 2015, durant les 10 années de construction du réacteur, mille emplois directs et 1.400 emplois induits sont attendus, selon des études à  l'initiative de la préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Huit  cents emplois directs et 2.400 emplois induits devraient être créés pendant les vingt années d'exploitation du réacteur (2015-2035).

Le Japon s'est de son côté aussi dit satisfait car il a su "préserver ses intérêts nationaux". Pratiquement jusqu'au dernier jour, le Japon a défendu le site de Rokkasho-mura, dans le nord de l'archipel, soutenu par les Etats-Unis et la Corée du Sud. La France, quant à elle, bénéficiait du soutien de l'UE, la Russie et la Chine. "Selon l'accord conclu entre la France et l'Europe, nous pouvons obtenir 20%  des commandes, en échange de 10% des coûts totaux de construction", a affirmé Toichi Sakata, directeur général du bureau R&D du ministère des Sciences et Technologies japonais.

"Dangereux" car situé dans une zone sismique, "coûteux" et "non créateur d'emplois", les écologistes ont quant à eux réaffirmé leur hostilité à l'implantation d'Iter sur le site de Cadarache (cf papier : une erreur stratégique).

Fusion nucléaire

Promesse d'obtenir un jour une énergie propre et illimitée pour les uns, délire technologique qui va engloutir quelque 10 milliards d'euros sur trente ans pour ses adversaires, Iter abritera pendant plusieurs décennies un programme international de recherche sur la fusion nucléaire contrôlée. Solution de rechange à la fission nucléaire utilisée dans les centrales actuelles pour produire de l'énergie, la fusion thermonucléaire contrôlée a l'ambition de reproduire ce qui se passe au cœur du Soleil.

Pendant des années, les scientifiques ont tenté sans succès jusqu'ici d'obtenir ce processus par lequel les noyaux de deux atomes de deutérium (isotope lourd de l'hydrogène) se fondent pour former du tritium (autre isotope, léger celui-ci, de l'hydrogène), en dégageant une grande quantité d'énergie. Malgré plus de trente ans d'efforts, ce processus est loin d'être maîtrisé et il faudra plusieurs décennies d'expériences avant de déboucher un jour, probablement pas avant le siècle prochain, sur une production commerciale d'électricité.

Photo : maquette du site de Cadarache (AFP)

le 28 juin 2005 à 07:00
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40 Commentaires

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  • Sydney, le 28/06/2005 à 13h40

    ITER en france!! C'est que celui la il doit pas regarder les journaux francais parce ce que si tu savait (35h,greve etc..).Meme pas encore construit,et deja des critiques debiles,genre combien tu vas nous couter? Si la france crache deja sur son potentiel de recherche, et bien ou va t'on?Les fonds tant prives que publique sont tellement ridicule par rapport notamment aux etats unis et le japon que le peu que se rejouir d'un investissement mondiale comme ITER.Les mauvaises langues vous diront gaspillages,merci mais on peu pas toujours vivre avec ses monuments datant du siecle dernier.

  • Nicolas, le 28/06/2005 à 13h34

    C'est le moment d'investir dans l'immobilier a Cadarache...

  • Gregory, le 28/06/2005 à 13h29

    C'est une bonne nouvelle pour tout les pays membres de ce projet. Il est seulement dommage que cette décision soit prise avec deux ans de retard. Le réacteur à fission nucléaire, qui est le stade ultime de production d'énergie, devrait permettre d'avoir une énergie bien plus propre (sans déchêts), mais surtout de pourvoir à une future pénurie de pétrôle. On sait jamais, cela peut toujours arriver....

  • Yves, le 28/06/2005 à 13h24

    Je suis étonné du manque d'intêret que suscite de projet. C'est grâce la fusion nucléaire (énergie quasi inépuisable et infiniment moins polluante que la fission) que tous les problèmes d'énergie seront oubliés. Fini l'effet de serre, fini la dépendance vis à vis des pays producteurs de pétrole. Alors les "ça pollue", "ça coûte des sous", "ça va dénaturer la vallée".. etc ce sont vraiment des arguments d'esprits étroits.

  • Toine, le 28/06/2005 à 13h16

    Concernant les energies 'alternatives' (solaire et magnetique notamment), je pense qu'il faut être un peu moins presomptueux que certains sur leur simple 'complémentarité', il s'agit uniquement d'un manque d'investissement de temps et de moyen, et surtout la peur de créer des energies quasi-gratuite, donc mauvaise pour les affaires. Science parfois hypocrite..

  • Moi, le 28/06/2005 à 13h14

    Après toutes manifestations pour les JO, le réacteur ,etc...et pendant ce temps-là de nombreux concitoyens continuent à crever de faim dans la rue ou à bruler dans des hôtels....suivant

  • Bernard, le 28/06/2005 à 13h04

    Que d'extase pour ce nouvel engin ... Il en faut pas beaucoup pour exciter notre gouvernement ... 4000 emplois sur 30 ans ... Super, alors que de l'autre le chomage ne fait que monter mois après mois ... Ca fait combien de chomeur en plus sur 30 ans ???

  • Arno, le 28/06/2005 à 13h02

    Le nucleaire est l'energie qui est la plus satisfaisante d un point de vue ecologico-economique. VIVE LE NUCLEAIRE ET VIVE LA FRANCE ET L EUROPE QUI AVANCENT!

  • Wakou, le 28/06/2005 à 12h57

    Comme si dans 30ans notre energie de tous les jours viendra d'iter... nimporte quoi. les 10 milliards il aurait peut etre fallu les mettre autre part, sur des technologies dont on sait quelles fonctionnent correctement et surtout qui ne presente pas un risque enorme pour la population... avant de parler renseignez vous

  • Galak, le 28/06/2005 à 12h42

    Pour ceux qui croient que la fusion thermonucléaire est source de pollution : ils se trompent. Au contraire, la pollution est nulle. Dans l'avenir, à condition que les recherches aboutissent, la fusion sera LE moyen le plus propre de produire de l'energie. Plus de déchets radioactifs à enfouir, plus de pollution atmosphérique : le jeu en vaut la chandelle ! Bravo à l'Europe.

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