
Les industriels de l’alimentation cherchent à se distinguer de la "malbouffe" : McDonald’s avait déjà incité ses clients à déguster ses produits avec modération (cliquez ici pour lire : McDo se démarque du hamburger-frites), c’est au tour des Biscuitiers de France de plaider pour une consommation "variée, équilibrée et modérée".
Le 4 avril dernier, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avait recommandé aux Français de réduire d'un tiers leur consommation d'aliments transformés (viennoiseries, biscuits, barres chocolatées) pour prévenir les risques accrus de maladies cardio-vasculaires (cliquez ici pour lire l'article : Les acides gras trans, un risque croissant). Les Biscuitiers de France, qui représentent plus de 75% du chiffre d'affaires du secteur, soit 2,2 milliards d'euros, ont donc décidé de mettre en place une "démarche pédagogique afin d'aider les consommateurs".
Des "repères" ont ainsi été établis pour permettre à chaque catégorie de Français de consommer un nombre de portions "raisonnable". Exemples : un enfant de 9-10 ans se voit donner un "repère" de 3 à 5 petits-beurre pour le goûter et de 2 à 3 madeleines pour le petit-déjeuner ; une femme à l'"activité moyenne" se voit recommander de consommer 1 à 2 "cookies" au goûter et 2 gâteaux moelleux à la confiture le matin. "Deux à trois madeleines, cela représente quand même 15 grammes de beurre", commente le docteur Paule Nathan, nutritionniste, diabétologue, endocrinologue. "Deux cookies, cela équivaut à 180 calories alors qu’un yaourt et une pomme en font 100, tout en apportant en plus des fibres, de la vitamine C, des protéines et du calcium", poursuit la spécialiste interrogée par tf1.fr.
Appel à la transparence
Les Biscuitiers de France s'engagent aussi à favoriser la lisibilité de l'étiquetage, notamment en mentionnant le pourcentage de l'ingrédient mis en relief : ainsi, 15% de chocolat pour un biscuit fourré au chocolat. Selon les industriels, "le goûter devrait apporter 10 à 15% des apports énergétiques recommandés et la part des biscuits dans cet apport devrait représenter 50%". Un "devrait" qui fait bondir le docteur Nathan. "La ration calorique pour une journée se décompose en 50 à 55% de glucides lents, c’est-à-dire du pain, du riz, des pâtes…, 30% de lipides (huile, beurre…) et 15% de protides (yaourt, œuf, viande…). Les glucides rapides, comme les biscuits, ne doivent pas dépasser les 10%", souligne la spécialiste.
"Les industriels doivent aussi être transparents sur les graisses utilisées dans les biscuits, insiste-t-elle. Il faut préférer les produits à base d’huiles non hydrogénées plutôt que ceux à base d’huiles hydrogénées ou saturées." Ces dernières provoquent des excès de poids et des problèmes cardiovasculaires. Et le docteur Nathan de rappeler que la France connaît "la plus forte augmentation d’obésité infantile d’Europe, avec une augmentation des troubles lipidiques et du diabète chez l’enfant".
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