© INTERNEPourquoi l'air est-il irrespirable l'été ?
Quand le danger vient... des moquettes
Toluène, éthers de glycol, phénoxyéthanol : autant de substances nocives qui peuvent être relâchées dans l'air des logements par des moquettes encollées. L'UFC-Que Choisir a mené l'enquête.
Publié le 25/08/2009
La chaleur et le soleil (rayons ultra-violet) contribuent à la formation d'ozone, qui affecte particulièrement les personnes âgées, les enfants et les personnes qui ont des difficultés respiratoires. "En ville, d'autres pollutions (particules fines etc.) s'ajoutent à l'ozone et quand il fait très chaud comme en ce moment, avec une humidité élevée, on étouffe", résume Philippe Lameloise, directeur de l'organisme de surveillance de la qualité de l'air Airparif.
Pourquoi les niveaux d'ozone sont-ils plus élevés en zone rurale, comme en forêt de Rambouillet ou de Fontainebleau, qu'à Paris ?
"Il faut 4 à 5 heures pour former l'ozone. Pendant ce temps, les masses d'air bougent et l'ozone se déplace vers les zones rurales", explique M. Lameloise. A Paris, d'autres polluants sont émis, comme le monoxyde d'azote, qui "brûlent" l'ozone, contrairement aux zones rurales.
Aura-t-on plus de pollution avec le changement climatique ?
Les températures estivales seront 4 à 7 degrés plus élevées en France à la fin du siècle, selon Météo France. Une canicule du type de celle de l'été 2003 reviendrait un été sur deux en moyenne à partir du milieu du siècle. "Les épisodes de pollution à l'ozone seront plus longs et plus fréquents", estime M. Lameloise.
Qu'est-ce qu'on peut faire ?
Il faut réduire les émissions des gaz polluants qui sont à la source de l'ozone : oxydes d'azote et composés organiques volatils (COV, hydrocarbures imbrûlés).
Le trafic automobile est-il le principal responsable ?
Le trafic automobile produit 1/3 des COV et 51% des oxydes d'azote qui contribuent à former l'ozone en Ile-de-France. Les COV sont majoritairement produits par les solvants, émis pour 2/3 par l'industrie et 1/3 par les ménages (nettoyants ménagers, peintures).
Les mesures anti-pollution sont-elles efficaces ?
La limitation de vitesse est efficace quand on roule très vite : 15% d'oxydes d'azote en moins quand la vitesse passe de 130 à 110 km/h, seulement 1% en moins de 70 à 50 km/h. Les mesures ponctuelles (vitesse, stationnement gratuit, appel au civisme) semblent mal respectées et peu efficaces. Airparif ne note pas de variation du trafic liée à ces mesures. "Je crois davantage aux mesures permanentes", comme les normes d'émission des véhicules, indique M. Lameloise.
Les véhicules actuels sont-ils moins polluants ?
"La norme Euro 4 mise en oeuvre au niveau européen pour 2005-2009 divise par deux les seuils de pollution des véhicules", constate Patrick Coroller, chef du département transports à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Pour que la pollution baisse, "il faut aussi que l'usage de la voiture n'augmente pas", remarque-t-il.
Y-a-t-il des marges de progrès ?
Oui, notamment sur les particules fines qui réduisent l'espérance de vie de 8 mois en moyenne en Europe, selon l'Organisation mondiale de la santé. Le filtre à particules (FAP) réduit fortement les émissions de particules fines. "Seulement 4% des véhicules diesel vendus en 2004 étaient équipés d'un filtre à particule", note M. Coroller.
4X4 et monospaces polluent-ils davantage ?
Oui, car ils sont lourds et consomment davantage de carburant.
Que peut-on faire individuellement ?
Choisir les voitures les moins polluantes. L'Ademe publie chaque année un classement annuel. Les voitures seront bientôt étiquetées (A,B,C,D etc.) selon leur niveau de pollution en Europe. Eviter la climatisation, qui aggrave la pollution, surtout en ville. Limiter l'usage de la voiture.
(Image d'archives/DR)
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