Sécheresse : pénurie d'eau dans le Larzac

Par Matthieu DURAND (avec AFP), le 30 juin 2005 à 17h06 , mis à jour le 01 juillet 2005 à 10h02

L'épuisement de sources dans une région de l'Hérault a nécessité la mise en place d'un approvisionnement en eau par camion citerne. 11.000 habitants de 11 communes sont concernés par cette pénurie.

citerne larzac hérault eau sécheresse

Onze communes de l'Hérault, situées sur le plateau du Larzac, sont alimentées en eau par camion citerne. La sécheresse est à l’origine de l’épuisement progressif des sources. "Un point d’approvisionnement, qui fournissait le tiers de la ressource en eau du secteur, s’est tari tandis que le niveau d’autres sources a baissé", explique à tf1.fr Maurice Requi, président du Sivom, le syndicat intercommunal chargé de la gestion de l'eau.

Onze mille personnes sont concernées par cette pénurie, notamment dans le canton du Caylar. Mais la population double pendant l’été, avec l’arrivée des touristes. Le bassin de la zone alimente également une aire très fréquentée de l’autoroute A75. Avec l'appui financier du Conseil général, un camion citerne de 25.000 litres effectue donc cinq rotations par jour pour alimenter le bassin de la région. Il contribue ainsi à 10% de la consommation totale d’eau.

Des restrictions de consommation d’eau ont par ailleurs été mises en place. Les jardiniers ne sont ainsi plus autorisés par exemple à utiliser l'eau potable, alors que l'irrigation est autorisée dans le reste du département durant la nuit. "Depuis trois jours, on ne peut plus boire d’eau du robinet. C’est dans un moment comme ça que l’on se rend compte de la chance d’avoir l’eau courante", témoigne une habitante de la commune du Caylar. L’eau du robinet est potable mais provient d’un autre village, précise Maurice Requi. Les critères de qualité sont inférieurs à ceux de la région approvisionnée, où les exigences sont élevées du fait de la présence d’élevages pour la production du Roquefort. "Par principe de précaution, nous recommandons à la population de la faire bouillir avant de la consommer mais ils peuvent s’en servir pour leur toilette ou laver la salade", ajoute-t-il. Le dispositif devrait être maintenu jusqu’au début septembre.

Une telle situation est inédite dans la région, qui connaît pourtant régulièrement des sécheresses. "L’hiver a été très sec, il a peu ou pas neigé sur le plateau et les réserves en eau n’ont pas été remplies", souligne Cécile Avezard, sous-préfète de Lodève. "Les ressources de substitution étaient envisagées depuis longtemps", poursuit-elle, du fait de la présence d’élevages ovins mais aussi bovins, lesquels sont "assez consommateurs d’eau".

photo : TF1

Par Matthieu DURAND (avec AFP) le 30 juin 2005 à 17:06
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Russanowski, le 03/07/2005 à 09h01

    Voici l'idée. Pourquoi ne pas créer une ou des centrales en bord de mer, en pomper l'eau, la purifier et l'achenminer vie un ou des oleoducs vers les régions touchées par la sécheresse. N'est-ce pas un beau projet et qui pourrait servir d'exemple. Je crois que c'est tout à fait faisable. Encore faut-il avoir envie de le faire ... Pour le pétrole, on le fait déjà, Non ?

  • Christine, le 03/07/2005 à 08h32

    Quand on pense qu'à côté du Caylar, une petite bourgade s'apprête à construire un golf (un golf ! sur le Larzac ! terre brûlée !)pour le plaisir de la gent Montpelliéraine qui vient y passer des week end campagnards ! Quand nos nappes phréatiques sont déjà plus basses qu'en 1976, et qu'on interdit au pauvre citadin d'arroser son jardin ou ses plantes de balcon ! Le niveau des rivières du Sud-Aveyron est déjà plus bas qu'à la fin d'un été anormalement chaud. C'est lamentable d'envisager de tels projets quand on sait qu'une commune doit être alimentée en eau par camion citerne.

  • Pierre-marie vallez, le 01/07/2005 à 14h35

    Savez-vous ce que c'est un remembrement, eh bien c'est quand on finance (nous à hauteur de 55 %, des travaux débiles)je l'ai vu dans pas mal de villages y compris le mien... supprétion de beaucoup de fossé, de kilomètres de haies, des pâtures qui deviennent champ, des fosses qui n'existent plus, des assinissements encore plus débiles ect ect.. quand on jette une brique en l'air, il ne faut pas s'étonner si on bouge pas de place de se la prendre sur la gueule après...

  • Fabienne, le 01/07/2005 à 14h02

    Peux t-on continuer a miser pour des régions entières sur un développement du tourisme de masse, alors que la ressource eau est de plus en plus en danger ? Combien de milliers de m3 d'eau certaines régions doivent elles puiser pour la période des vacances ?? Douches, wc, repas ? Peux t-on continuer longtemps ainsi ? Fabienne

  • Jean Laplace, le 01/07/2005 à 00h36

    Décidément, ce Département de l'Hérault se signale par les deux extrêmes: inondations puis sécheresse. Peut-être est-il plus sensible que d'autres? Mais si ces "catas" avaient d'autres origines que la fatalité? Peut-être serait-il temps alors de se poser les bonnes questions? Et si la bonne - ou la mauvaise gestion - des ruissellements et des écoulements avait une incidence sur la perrenité de la ressource? Après on pourrait s'interroger sur les raisons? comment les modifier? etc..., etc... .

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience