Sortie précoce de maternité : attention danger

Par Marie-Lucie VANLERBERGHE, le 22 juin 2005 à 14h02 , mis à jour le 22 juin 2005 à 14h08

Dans son rapport sur " La première semaine de la vie ", l'Académie Nationale de Médecine s'inquiète du raccourcissement de la durée de séjour en maternité et recommande la garantie d'un relais en cas de retour précoce à la maison.

Maternité (TF1) © TF1 Goodies

La première semaine de vie hors du ventre maternel est cruciale pour un bébé, dont les fonctions vitales doivent s’ajuster à la vie extra-utérine. Cette période d’adaptation rend le nouveau-né, même à terme, particulièrement vulnérable durant ces premiers jours.

Des expériences, à l’étranger notamment, ont montré qu’en l’absence d’un suivi médical organisé, le nouveau-né est exposé à des risques de morbidité accrus, surtout dans les familles à risque médical ou socialement défavorisées. Aux Etats-Unis par exemple, une forme d’encéphalopathie (troubles cérébraux) est réapparue pour cause de sortie précoce de maternité.

En France, les PMI et les médecins font part d’un relatif malaise, car le système de suivi néonatal ne semble pas sécurisé. Malgré de nombreuses initiatives locales, comme les réseaux ville-hôpital ou des réseaux périnatals, des informations font état ici ou là en France de problèmes qui auraient dû être diagnostiqués pendant la première semaine de vie.
Des dérives se produisent chaque année, entraînant parfois des réhospitalisations tardives. Certaines mettent en péril la santé voire même la vie des nouveau-nés. Des cas qui n’auraient pas existés si le séjour en maternité avait été plus long ou si un suivi à domicile avait été mis en place.

Le phénomène n’a pas la même ampleur d’une région à une autre et d’une maternité à une autre. Ses raisons : manque de lits, fréquentation en hausse, désir des femmes de rentrer plus vite chez elles…

Sur ce constat, l’Académie demande un état des lieux et des pratiques et la définition de lignes de conduite pour les maternités et les structures qui assurent le suivi des enfants.
Elle recommande par ailleurs une surveillance régulière par des professionnels pouvant intervenir à toute heure pendant cinq jours au moins. Egalement préconisée, la garantie d’un système de relais par des sages-femmes en cas de retour précoce à domicile (pas avant 3 jours).

Cette organisation de suivi-relais a d’ailleurs été mise en place depuis 1993 dans un service lyonnais. Trois sages-femmes rattachées au service de l’hôpital se déplacent chez les jeunes accouchées. Elles connaissent la mère, son dossier, sont joignables 24h sur 24 sur leur portable et assurent le relais avec l’hôpital. Une formule qui répond de manière satisfaisante à ce que recommande l’Académie, mais soulève un autre problème, celui de la pénurie de sages-femmes en France.

Par Marie-Lucie VANLERBERGHE le 22 juin 2005 à 14:02
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2 Commentaires

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  • Audrey, le 28/06/2005 à 22h10

    La santé des nourrissons est evidemment primordiale mais sur ce sujet de sortie de la maternité de façon précoce il faut aussi faire attention aux mamans. J'ai été victime d'un choc septique quelques jours apres ma sortie de la maternité. J'ai failli " y rester" comme on dit pour un ou deux jours de plus où mon "souci" aurait pu être évité. attention aux retours en arrière ancestraux....

  • Muriel, le 27/06/2005 à 03h48

    Les femmes de France ont bien de la chance. Ici c'est 24h et dehors. et apres on s'etonne que le pays le plus riche du monde aie une mortalite infantile prequ'equivalente a celle d'un pays en voie de development. Par pitie n'immitez pas l'Amerique.

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