Jacques Chirac réaffirme le caractère public des plages

Par D.S. (avec AFP), le 18 juillet 2005 à 11h06 , mis à jour le 18 juillet 2005 à 22h00

Le président de la République était lundi à Rochefort à l'occasion des 30 ans du Conservatoire du littoral. Le matin, le ministre délégué à l'Aménagement du territoire a rejeté tout assouplissement de la loi.

littoral mer plage

Pour son anniversaire, le Conservatoire du littoral recevra 40% de budgets en plus. A Rochefort où il se trouvait lundi à l'occasion du trentenaire de l'établissement public, Jacques Chirac a promis que la taxe de francisation des bateaux, payable à l'achat et renouvelable chaque année, serait dorénavant reversée au Conservatoire. En 2006, on devrait s'en tenir à 80% mais, dès l'année suivante, la totalité sera dévolue à la protection des 8000 km de plages françaises, ce qui fera passer le budget de 26 millions d'euros à 35.

Autre bonne nouvelle : "un décret réaffirmera prochainement la destination fondamentale des plages, c'est-à-dire leur usage libre et gratuit par le public, et réglementera de manière stricte les concessions de plage", a promis le président de la République. "La loi littoral doit s'appliquer pleinement", a-t-il insisté. Les Verts et les associations de protection de la nature s'inquiètent de projets de modification de la loi littoral, un texte adopté en 1986 qui limite l'urbanisation des côtes françaises.

"Un tiers du littoral"

La mission du Conservatoire est d'acquérir des espaces fragiles pour les protéger en leur conférant le statut de sites naturels. Ainsi, a rappelé Jacques Chirac, en trente ans, le Conservatoire du littoral a acquis 75.000 hectares, et "assuré la préservation de 12% des côtes de métropole" et d'une dizaine de lacs métropolitains de plus de 1000 hectares chacun, comme les lacs d'Annecy et du Bourget.

"Nous avons pour ambition de préserver à terme le tiers de notre littoral", a indiqué le président de la République, qui avait fait adopter la loi de 1975 créant le Conservatoire lorsqu'il était Premier ministre. Lundi sur France 2, le ministre délégué à l'Aménagement du territoire avait avancé le chiffre de 200.000 ha supplémentaires en métropole d'ici 2050. En 1995, l'objectif avait été fixé à 2030. Il a été repoussé, compte tenu de problèmes budgétaires récurrents et de l'envolée du foncier inconstructible.

"Espaces grignotés"

Le chef de l'Etat a souligné que le Conservatoire allait désormais étendre son action en mer, "enjeu essentiel pour notre pays qui a, sous sa juridiction, le deuxième domaine marin du monde". Le Conservatoire a engagé récemment des actions de protection du récif coralien à Mayotte, et de protection de l'Ile-aux-Oiseaux en baie d'Arcachon. Il prévoit un programme de protection des rives humides de la Gironde, de la Camargue, du pourtour marin de l'archipel de Chausey, ainsi que du Grand Cul-de-sac marin de Guadeloupe.

Jacques Chirac a cependant souligné que "les espaces naturels du littoral continuent à être grignotés" et que 12% des logements neufs construits en France entre 1990 et 2003 l'ont été dans les communes littorales, qui, pourtant, ne représentent que 4% du territoire français.

Sécheresse : "Pas de préoccupation particulière"

Jacques Chirac a jugé lundi lors d'une réunion de la préfecture à La Rochelle que la situation en matière de réserves en eau ne justifiait pas de "préoccupation particulière sur le plan national, pour le moment, ni pour l'eau potable, ni pour l'industrie ou la production énergétique" Le chef de l'Etat a cependant souligné qu'"il y a une vigilance qui doit être renforcée quant à l'utilisation de l'eau". L'eau "doit être traitée avec un peu plus de respect qu'on ne le fait aujourd'hui", a souligné Jacques Chirac. La déclaration du président "est stupéfiante quand on constate que neuf départements sont classés en situation préoccupante et 27 autres en situation délicate" et que "les restrictions locales d'eau se multiplient", a estimé l'UFC-Que Choisir. La sécheresse touche la plus grande partie du pays, en particulier la moitié ouest, le nord du bassin parisien, ainsi que la région PACA. La préfecture de Loire-Atlantique a pris lundi un arrêté pour durcir la restriction des prélèvements d'eau dans le département.

Par D.S. (avec AFP) le 18 juillet 2005 à 11:06
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