Un loup abattu illégalement par un éleveur

Par M. D. (avec AFP), le 04 juillet 2005 à 16h03 , mis à jour le 04 juillet 2005 à 20h29

Un éleveur savoyard a abattu samedi un loup qui s'attaquait à son troupeau. Une enquête a été ouverte. La ministre de l'Ecologie a condamné le geste de l'éleveur tandis que les défenseurs de l'environnement évoque un "dérapage inadmissible".

Le loupObjectif du programme PastoraLoup : faciliter la cohabitation entre le loup, les moutons et les hommes (photo : Brice Gautriaud, WWF France). © INTERNE

Un éleveur a abattu un loup, un mâle d’une trentaine de kilos, qui s’attaquait à son troupeau de moutons, samedi dans le massif des Bauges, a indiqué lundi la préfecture de Savoie. L’éleveur, qui a aussitôt prévenu les gendarmes, leur a déclaré qu’il ne savait pas qu’il s’agissait d’un loup au moment de l’attaque et qu’il avait réagi pour sauver son troupeau. L’information a été révélée lundi matin par le quotidien Le Dauphiné Libéré.

La dépouille de l’animal a été transportée dans les locaux de l’Office national de la chasse (ONC) à Ecole-en-Bauges pour y être autopsiée. Une enquête en flagrant délit a été ouverte par la gendarmerie et le dossier a été transmis au procureur de la République.

"Qu’en dernière extrémité"

Nelly Olin, la ministre de l’Ecologie et du Développement durable, a condamné lundi cet abattage qui a été effectué "sans que les procédures du protocole qu’elle a mis en place aient été préalablement respectées". La ministre a rappelé que, dans le cadre du dispositif d’intervention mis en place pour protéger les troupeaux des attaques de loup, "le tir à balles ne peut être pratiqué qu’en dernière extrémité".

"En tout état de cause, le nombre maximum de loups qui pourront être prélevés jusqu’à l’hiver 2005-2006 est désormais réduit de six à cinq", note Nelly Olin qui avait récemment pris, conjointement avec le ministre de l’Agriculture, un arrêté qui autorise le tir de six loups jusqu’au 31 mars 2006. Son prédécesseur, Serge Lepeltier, avait autorisé le "prélèvement" de quatre loups en 2004, dont seuls deux ont été effectivement tués. Aucune autorisation d’effarouchement ou de tir n’a été donnée en Savoie, alors qu’en Isère un prélèvement a été autorisé par arrêté ministériel paru le 18 juin au Journal officiel, suivi d’un arrêté du préfet de l’Isère. Le ministère de l’Ecologie indique enfin que "le Préfet de Savoie réunira dans la semaine le comité restreint du groupe loup".

L’association Ferus parle pour sa part d’un "dérapage inadmissible" et indique qu’elle "va porter plainte contre X dès aujourd’hui pour destruction d’espèce protégée". Le loup est en effet une espèce protégée par une directive européenne et la convention de Berne (cliquez ici pour découvrir notre dossier consacré au loup). Exigeant que les autorités "identifient et poursuivent les coupables", l’association souligne qu’elle "fera de cette affaire un test". Et d’affirmer : "Le protocole flou adopté par les ministres, et que toutes les associations ont condamné, est déjà violé".

98 associations pour le retour des ours dans les Pyrénées

98 associations espagnoles, françaises et andorrane demandent aux autorités concernées la restauration de l'ours brun et le renforcement de cette population par la réintroduction de plusieurs individus, ont-elles indiqué lundi dans un communiqué. Cet appel intervient alors que "les ministères de l'Ecologie espagnol, français et andorran sont en train de terminer le mémorandum sur la restauration des populations d'ours bruns dans les Pyrénées qui sera prochainement ratifié", précise le communiqué. Le 23 juin, le ministre de l'Ecologie Nelly Olin avait annoncé que le plan de son prédécesseur Serge Lepeltier, visant à introduire cinq ours femelles dans les Pyrénées, serait mené à bien. 

Quatre brebis tuées dans une attaque de loups

Une des bêtes a été entièrement dévorée. Quatre brebis ont été tuées lors d'une attaque de plusieurs loups contre un troupeau gardé dans un enclos électrique et protégé par des chiens, lundi à Allos, dans les Alpes-de-Haute-Provence. C'est ce qu'on a appris auprès de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Selon Benoît Blache , qui a fait les constatations pour l'ONCFS, les loups étaient au nombre de deux ou trois. Il s'agirait de la première attaque de cette importance dans la région. La bergère, Nanou Ortunez, a expliqué avoir été réveillée vers 05H00 par des bêlements et avoir retrouvé ses bêtes mortes ou agonisantes. "J'en ai marre, les écologistes devraient venir un jour ramasser les brebis mortes, mangées", a-t-elle dit.

photo : B. Gautriaud/WWF France

Par M. D. (avec AFP) le 04 juillet 2005 à 16:03
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23 Commentaires

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  • Bonnet, le 05/07/2005 à 21h01

    Sauvons les loups je me demande si entourer les enclos de ruban de couleur rouge ne suffirai pas a eloigner le predateur. Ref:Pendant l'epoque ou l'on chassait encore le loup.Il etait rabattu dans des bosquet entouré de ruban de coulour rouge; les loups terrorisé par la couleur rouge ne pouvaient s'echapper et étaient alors sauvagement massacrés,seulement pour leurs peaux.Voilà une idée qui merite une attention particulière ,non ?

  • Guillaume, le 05/07/2005 à 16h53

    Je suis citadin, et donc évidemment bien loin des problèmes quotidiens que doivent vivre des éleveurs, mais je suis effaré par le manque de dicernement de certains. Tolérer qu'on tue aveuglement les loups sous prétexte qu'on défend d'abord l'homme, c'est donc aussi accepter que la forêt Amazonienne soit rasée pour faire vivre les populations locales (la forêt amazonnienne étant, pour ceux qui ne le savent pas, le poumon de la planète, nous fournissant à tous l'oxygène qui nous fait vivre). Accepter qu'on tue un loup pour sauver un éleveur, c'est comme d'accepter qu'une entreprise qui pollue trop subsiste, sous prétexte que 500 personnes y travaillent et que la fermeture entraineraient autant de licenciements. Visiblement beaucoup ne savent pas encore que l'on vit en société et que cela implique nécessairement que certains trinquent au profit de la collectivité. Et le loup fait partie de cette collectivité, au même titre de l'air que l'on respire. Les Dinosaures n'ont pas disparus à cause de l'homme, les loups en France, si. Il est donc normal que l'homme fasse tout son possible pour préserver ce qui doit l'être, et ne pas faire comme M. Bush qui quand on lui parle d'environnement, dit : les américains d'abord, l'environnement ensuite.

  • JM, le 05/07/2005 à 15h49

    Les loups au moins ne se mangent pas entre eux mais reglent leur conflit sans tuer leur espece. Pas comme les humains. Le berger aurait pu tirer en l'air ou juste crier et le loup serait parti. Le loup a peur de l'homme. Pourquoi le berger n'avait pas de chien pour garder son troupeau ? La planete n'appartient pas a l'homme, on est juste en location ici. Si l'intelligence consiste a detruire ce qui ne va pas dans notre sens alors je prefere etre bete. Sans mauvais jeu de mot...

  • Galak, le 05/07/2005 à 15h38

    L'homme est un loup pour l'homme.

  • Eric, le 05/07/2005 à 13h02

    Hello, bon disons tout de suite je suis pour la protection des loups. Ma manière de militer; j'achète du mouton italien (pays où il y a plus de loup, plus de chiens de troupeau et pas de polémique) Mais je voudrai soulever une problématique de droit : la légitime défense des biens. Devant cet aspect de l'irresponsabilité pénale, un éleveur peut-il abattre un animal protégé pour protéger son troupeau??? expert en droit merci de répondre. Sans trop m'avancer je pense que oui..

  • Fred h, le 05/07/2005 à 12h24

    100% avec l'éleveur. Tu peux pas laisser un loup massacrer ton troupeau devant tes yeux sans l'abattre. Il faut être un véritable imbécile pour condamner cela. Le loups n'est pas une espèce en voie de disparition, c'est déjà une espèce disparue. Il n'a rien à faire chez nous.

  • GAGNAIRE, le 05/07/2005 à 11h20

    Je trouve inadmissible que l'on protège les loups au détriment des éléveurs de moutons.Il faut savoir qu'une brebis représente un petit capital pour la reproduction.Je trouve normal de se protéger

  • Jeremy, le 05/07/2005 à 11h04

    Je suis halluciné devant tant d'égoisme... "qu'en avons nous à faire des loups"... Tu seras bien malin lorsqu'il n'y aura plus de loup, que les espèces en voix de disparitions seront plus là ! Qu'il n'y aura plus que des humains égoistes et des moutons (humain et animal confondus). Moi je dis autant tuer tout de suite tout forme vivante qui ose s'attaquer à notre gagne pain ! car rappelons le, les moutons morts ne sont que le revenu des éleveurs qui n'ont aucun scrupule à les abattre pour les vendre... L'Homme a volé la nouriture de l'animal sauvage en la domestiquant. Tant qu'ils ne s'attaquent aux moutons... Il faudrait laisser les 10 loups manger les moutons dont ils ont besion pour vivre et pour ne pas s'attaquer aux hommes et mettre en place des dédomagements pour les pertes de l'éleveur, comme cela tout le monde sera contant (mais je crois que cela est déjà en place, non ?

  • Bernard Marmotte, le 05/07/2005 à 09h14

    Mais qu'en avons nous à faire de ces loups?

  • Espinasse, le 05/07/2005 à 08h23

    Je trouve désolant et indécent que l'on en vienne à défendre plus les animaux que les humains, l'écologie est importante mais la vraie, pas l'écologie "intello" et parisienne je vis en ville (près montpellier)je ne suis pas dans l'agriculture et je pense que les éleveurs ont le droit de se défendre.... mrs et mme les écologistes préoccupez vous plutôut des usines qui polluent des réglementations non respectées (bruit..) de la dégradation de l'environnement.... et foutez leur la paix ! Catherine

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