Objectif du programme PastoraLoup : faciliter la cohabitation entre le loup, les moutons et les hommes (photo : Brice Gautriaud, WWF France). © INTERNEUn éleveur a abattu un loup, un mâle d’une trentaine de kilos, qui s’attaquait à son troupeau de moutons, samedi dans le massif des Bauges, a indiqué lundi la préfecture de Savoie. L’éleveur, qui a aussitôt prévenu les gendarmes, leur a déclaré qu’il ne savait pas qu’il s’agissait d’un loup au moment de l’attaque et qu’il avait réagi pour sauver son troupeau. L’information a été révélée lundi matin par le quotidien Le Dauphiné Libéré.
La dépouille de l’animal a été transportée dans les locaux de l’Office national de la chasse (ONC) à Ecole-en-Bauges pour y être autopsiée. Une enquête en flagrant délit a été ouverte par la gendarmerie et le dossier a été transmis au procureur de la République.
"Qu’en dernière extrémité"
Nelly Olin, la ministre de l’Ecologie et du Développement durable, a condamné lundi cet abattage qui a été effectué "sans que les procédures du protocole qu’elle a mis en place aient été préalablement respectées". La ministre a rappelé que, dans le cadre du dispositif d’intervention mis en place pour protéger les troupeaux des attaques de loup, "le tir à balles ne peut être pratiqué qu’en dernière extrémité".
"En tout état de cause, le nombre maximum de loups qui pourront être prélevés jusqu’à l’hiver 2005-2006 est désormais réduit de six à cinq", note Nelly Olin qui avait récemment pris, conjointement avec le ministre de l’Agriculture, un arrêté qui autorise le tir de six loups jusqu’au 31 mars 2006. Son prédécesseur, Serge Lepeltier, avait autorisé le "prélèvement" de quatre loups en 2004, dont seuls deux ont été effectivement tués. Aucune autorisation d’effarouchement ou de tir n’a été donnée en Savoie, alors qu’en Isère un prélèvement a été autorisé par arrêté ministériel paru le 18 juin au Journal officiel, suivi d’un arrêté du préfet de l’Isère. Le ministère de l’Ecologie indique enfin que "le Préfet de Savoie réunira dans la semaine le comité restreint du groupe loup".
L’association Ferus parle pour sa part d’un "dérapage inadmissible" et indique qu’elle "va porter plainte contre X dès aujourd’hui pour destruction d’espèce protégée". Le loup est en effet une espèce protégée par une directive européenne et la convention de Berne (cliquez ici pour découvrir notre dossier consacré au loup). Exigeant que les autorités "identifient et poursuivent les coupables", l’association souligne qu’elle "fera de cette affaire un test". Et d’affirmer : "Le protocole flou adopté par les ministres, et que toutes les associations ont condamné, est déjà violé".
98 associations pour le retour des ours dans les Pyrénées |
Quatre brebis tuées dans une attaque de loups |
Une des bêtes a été entièrement dévorée. Quatre brebis ont été tuées lors d'une attaque de plusieurs loups contre un troupeau gardé dans un enclos électrique et protégé par des chiens, lundi à Allos, dans les Alpes-de-Haute-Provence. C'est ce qu'on a appris auprès de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Selon Benoît Blache , qui a fait les constatations pour l'ONCFS, les loups étaient au nombre de deux ou trois. Il s'agirait de la première attaque de cette importance dans la région. La bergère, Nanou Ortunez, a expliqué avoir été réveillée vers 05H00 par des bêlements et avoir retrouvé ses bêtes mortes ou agonisantes. "J'en ai marre, les écologistes devraient venir un jour ramasser les brebis mortes, mangées", a-t-elle dit. |
photo : B. Gautriaud/WWF France
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