L'impact provoque un "flash" important, comme le montre cette image prise par la sonde située à 500 km de la comète.Objectif atteint pour la NASA, qui a réalisé lundi un exploit technique inédit en projetant un engin sur une comète à 133 millions de kilomètres de la Terre. Le projectile de la sonde Deep Impact a heurté la comète Tempel 1 comme prévu lundi, peu après 7h52 heure française.
Une image prise par une sonde restée à 500 km a montré un cône inversé sortant de la comète, le nuage provoqué par le projectile lorsqu'il a percuté l'astre à quelque 37.000 km/h. "Le nuage était bien plus important qu'attendu", a dit un des techniciens du Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena, près de Los Angeles. Avant de s'écraser, le projectile a envoyé une photo saisissante de la comète, un astre irrégulier grosso modo en forme de poire présentant une surface d'apparence blanche sur laquelle se détachaient plusieurs cratères. Selon les techniciens, le projectile est tombé exactement où ils le souhaitaient, après trois corrections successives de trajectoire pendant les 90 dernières minutes de son voyage, prévues dans la feuille de route de la mission.
Impact en images
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La collision et ses conséquences étaient aussi observées et filmées par des caméras et d'autres instruments de mesure à bord de la sonde. Les télescopes de l'espace, comme Hubble, et de la Terre étaient également à pied d'œuvre. Les scientifiques espèrent obtenir grâce aux débris expulsés par la comète, agrégat présumé de glace et de métaux, des informations sur la formation des planètes et de l'univers. "Nous allons recueillir une masse inouïe de données", avait indiqué Michael A'Hearn, professeur d'astronomie à l'Université du Maryland et chef de l'équipe scientifique du projet. Une des théories sur la présence d'eau sur la Terre est qu'elle a été apportée de l'espace lors d'un bombardement de comète ou d'astéroïdes, il y a 4 milliards d'années.
Gaz ou éjectas ?
Le résultat de la mission est "spectaculaire et surprenant", déclare lundi matin à tf1.fr Patrick Michel, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur. "On ne s’attendait pas à un tel flash" au moment de l’impact, ajoute-t-il, ce qui pourrait signifier que le cratère ainsi formé pourrait être important. Autre donnée "inattendue" : "les caractéristiques très surprenantes de la comète, avec quelques cratères, des zones très sombres et d’autres très claires ; on ne sait pas si c’est de la glace. On s’attendait à quelque chose de très poreux, d’irrégulier, un peu comme un boule de neige".
"Je vous avais dit que la comète était un mauvais candidat pour étudier les risques de collision avec la Terre (lire l’interview de Patrick Michel réalisée vendredi dernier), pointe l’astrophysicien, mais c’est aussi vrai pour calibrer nos prédictions sur la taille du cratère d’après une expérience réelle car il peut y avoir du gaz sous la surface de la comète et ce dégazage va contribuer à la taille finale du cratère." Selon le scientifique français, "le flash pourrait être composé en grande partie de gaz, en plus des éjectas de matière, même s'il est trop tôt pour déterminer sa composition". L’astrophysicien espère que les mesures effectuées permettront de connaître la taille du cratère et la composition de ce qui a été éjecté lors de l’impact. "La mission est un vrai succès, conclut Patrick Michel, dans le sens où le projectile a atteint sa cible. Cela prouve aussi qu’on sait corriger une trajectoire d’un projectile fonçant à 37.000 km/h !"
photo : NASA/JPL
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