© INTERNE"Les canards français pourraient transmettre la grippe aviaire", affirme Le Parisien dans son édition de mercredi. Il s’agit "en particulier [des] canards reproducteurs élevés sous abri pour faire du foie gras", poursuit-il. "Sur 60 élevages testés début 2005, 12 se sont révélés positifs au virus H5", selon un document de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Ce virus "n’est pas celui de la grippe aviaire mais une variation proche", écrit le quotidien. Philippe Vannier, directeur de la santé animale de l’Afssa, indique que "c’est la dernière étape avant que cela ne se transforme en grippe aviaire".
"Réservoir du virus"
Les canards "positifs" représentent un "réservoir du virus", même si aucun d’entre eux "n’a déclaré les symptômes de la maladie", précise encore le journal. Ils devraient donc être abattus progressivement. Le ministère de l’Agriculture préconise ainsi d’"éviter toute pratique favorisant la promiscuité entre oiseaux domestiques et oiseaux sauvages, tels que le nourrissage à l’extérieur du bâtiment". "Une surveillance des élevages de volailles et d’oiseaux sauvages au regard de l’influenza aviaire est conduite depuis plusieurs années en France", a pointé mardi l’Afssa, soulignant que "le programme de surveillance a été renforcé pour l’année 2005 avec un ciblage particulier des volailles élevées en plein air".
Pour autant, l’agence se veut rassurante. "Les cartes de migrations aviaires font apparaître que le risque immédiat de contamination des populations aviaires européennes par des oiseaux migrateurs en provenance de Russie est faible", explique l’Afssa. Les oiseaux en provenance des zones de Sibérie occidentale touchées par la grippe aviaire "vont essentiellement passer l'hiver au Proche et au Moyen-Orient", ajoute-t-elle. Un responsable des services sanitaires russes a par ailleurs annoncé mardi soir la levée de la quarantaine dans douze villages touchés par la maladie.
Ornement et chasse
Contacté par tf1.fr, Michel Métais, directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), s’inquiète pour sa part d’une dissémination du virus en France via le commerce illégal d’oiseaux d’ornement. "Les oiseaux, comme les perruches ou les faisans, sont capturés, voire élevés en Asie, puis exportés illégalement dans les oiselleries, note-t-il. Ce trafic terrible est difficile à contrôler."
Autre mode de propagation de la grippe aviaire : les gibiers d’eau élevés par les chasseurs afin d’attirer les gibiers sauvages. Les oiseaux, dont le bout des ailes est coupé pour les empêcher de voler, sont placés sur un point d’eau, près duquel les chasseurs sont embusqués. Leur présence et leurs cris attirent les oiseaux sauvages, qui constituent alors une cible de choix pour les chasseurs. "Les chasseurs à la tonne (sous hutte, NDLR) ont le droit d’en posséder jusqu’à 100", affirme Michel Métais. Et d’avertir : "Les échanges d’oiseaux d’élevages entre chasseurs sont légaux mais s’effectuent en dehors de tout contrôle vétérinaire".
Devant ces menaces potentielles, les experts sanitaires de l'Union européenne se sont retrouvés jeudi à Bruxelles pour une réunion d'évaluation - réunion dont on n'attendait cependant pas de mesure concrète. Et en France, Jacques Chirac a demandé au gouvernement "d'appliquer pleinement le principe de précaution", afin que chaque Français "soit protégé ou puisse être soigné", "en cas d'apparition de la maladie".
Grippe aviaire : les foyers et les modes de contamination |
photo : archives TF1
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