© AFPAprès l'Asie, la grippe aviaire semble poursuivre sa progression en Eurasie. Vendredi, des responsables kazakhs et russes ont dit leur crainte de voir l'épidémie meurtrière pour les volatiles s'étendre dans ces deux pays, malgré les mesures prises pour l'éradiquer. Les services vétérinaires kazakhs ont confirmé l'apparition de foyers à Pavlodar. Cette zone du nord du Kazakhstan est frontalière de la région russe de Novossibirsk, placée en quarantaine, tout comme Altaï et Tioumen. Moscou a de son côté annoncé des foyers du côté d'Omsk en Sibérie et de Kourgan.
Des moyens de contenir la maladie existent. Les abattages de volailles -10.000 en Russie, 800.000 au Vietnam depuis 2003 - se poursuivent. La vaccination des volailles a lieu dans certains pays. Ainsi, le Vietnam a lancé jeudi une vaste campagne dans la province de Nam Dinh, à quelque 150 km au sud de Hanoi. A terme, les autorités espèrent vacciner 180 millions des 218 millions poulets et canards du pays.
Exportations interdites
Enfin, dans les pays encore exempts du virus, les interdictions d'importations se multiplient. Vendredi, l'Ukraine a fermé ses frontières aux volailles en provenance de toute la Russie et du Kazakhstan. Plusieurs régions allemandes ont fait de même.
Le virus détecté en Russie est du type H5N1, transmissible à l'homme, qui a fait une soixantaine de morts en Asie du sud-est. Au Kazakhstan, le type de virus en cause n'a pas encore été déterminé. Jusqu'à présent seuls des oiseaux infectés ont transmis le virus à l'homme. Mais les scientifiques craignent une mutation du virus lui permettant de passer d'homme à homme, directement. Certains évoquent déjà une épidémie aux effets dévastateurs semblable à la grippe espagnole, qui avait fait entre 20 et 40 millions de morts au début du XXe siècle.
Une pandémie est évitable
Sans écarter cette hypothèse, des travaux publiés dans les revues scientifiques Nature et Science assurent qu'un début d'épidémie humaine pourrait être contenu, voire jugulé. Une identification rapide de ce ou ces premiers cas, si possible dans les 48 heures, est un préalable, ce qui signifie pour certains Etats de rompre avec une tradition de secret.
Des mesures d'isolement – fermetures d'écoles et d'usines, restriction des déplacements - combinées à l'administration d'antiviraux - déjà commercialisés - devraient immédiatement être décidées. La France s'est déjà dotée d'un tel plan. En cas d'épidémie, chaque heure gagnée serait cruciale. Car, ce n'est qu'à l'apparition du nouveau virus que les scientifiques pourraient mettre au point un vaccin adapté.
(Photo AFP/2004 : Poulets thaïlandais promis à un abattage au nord-ouest de Bangkok en Thaïlande)
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