
Comment expliquer les mystérieux malaises - nausées, vomissements, maux de tête ou irritations de la gorge - qui frappent les personnels du bloc opératoire de l'hôpital Nord de Marseille ? La totalité du bloc est fermée depuis jeudi matin et jusqu'à nouvel ordre, le personnel ayant exercé son "droit de retrait" et refusé de poursuivre le travail. L'enquête est en cours et les experts échafaudent des hypothèses. La première, celle de la possible présence d'un agent infectieux, a été abandonnée. Une autre, celle du toluène, semble vacillante.
Le bloc central avait déjà été fermé de jeudi à lundi dernier à la suite de ces mystérieux malaises qui ont affecté une vingtaine des 80 agents du bloc. Une batterie de prélèvements et d'analyses avaient été effectués par les services techniques de l'hôpital et des experts de la cellule chimique des marins-pompiers de Marseille. En vain. Selon Danielle Ceccaldi, déléguée CGT de l'hôpital Nord, des capteurs "renifleurs" disposés par une société privée en différents points du bloc opératoire ont mis en évidence la présence de toluène, une substance toxique "auparavant utilisée dans les laboratoires pour certaines analyses mais remplacée depuis quelques années par un autre produit, le LMR-SOL". Mais selon Max Garans, ingénieur sanitaire de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, ces traces d'hydrocarbure benzénique trouvées sur place n'ont pu provoquer les symptômes constatés.
Un appareil de détection d'infra-sons attendu lundi
Les analyses pour identifier la cause des malaises se poursuivent donc sur d'autres pistes. "On a trouvé un effet possible des infra-sons avec des symptômes tels que ceux qui ont été constatés", a déclaré Max Garans, se référant à des études antérieures. Le mistral, par exemple, peut générer des infra-sons dans les bâtiments, a-t-il relevé, tout en insistant sur le fait qu'il s'agissait d'une piste exploratoire parmi d'autres. Et tout en se disant sceptique sur la responsabilité du toluène, il a tempéré : "mais on travaille dessus".
"On cherche et on élargit le spectre des recherches", a simplement déclaré pour sa part Christian Dutreil, le directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH), soulignant que les douze salles du bloc resteront fermées "tant qu'on n'aura pas levé les incertitudes". Quoi qu'il en soit, dès lundi, un appareil de détection d'infra-sons sera apporté tout spécialement à l'hôpital Nord.
photo d'ouverture : l'entrée du CHU de Marseille - DR
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