© INTERNELa totalité du bloc opératoire de l'hôpital Nord de Marseille est fermée depuis jeudi matin et jusqu'à nouvel ordre. Le personnel a refusé de poursuivre le travail en raison de nouveaux malaises inexpliqués d'une partie d'entre eux durant la nuit de mercredi à jeudi a en effet annoncé la CGT. Selon Eliane Agresti, déléguée CGT et infirmière anesthésiste, "il y a encore eu de nouveaux symptômes signalés par ceux qui ont travaillé hier (mercredi) soir" dans sept des douze salles du bloc opératoire de l'établissement encore opérationnelles. "Le personnel a exercé son 'droit de retrait', comme cela a avait été dit mercredi lors d'une réunion extraordinaire du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'établissement, a expliqué Danielle Ceccaldi, déléguée CGT de l'hôpital Nord.
L'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) a annoncé dans un communiqué que les investigations en cours "s'orientent autour de la présence de solvants", une piste "mise en évidence depuis la parution de prélèvements d'air signalant des traces de toluène dans certaines zones du bloc opératoire".
La piste du toluène
Le bloc central avait déjà été fermé de jeudi à lundi dernier à la suite des nausées, vomissements, maux de tête ou irritations de la gorge, qui ont affecté une vingtaine des 80 agents du bloc. Une batterie de prélèvements et d'analyses avaient été effectués par les services techniques de l'hôpital et des experts de la cellule chimique des marins-pompiers de Marseille pour tenter de déterminer l'origine de ces malaises. En vain. Mais selon Danielle Ceccaldi, déléguée CGT de l'hôpital Nord, des capteurs "renifleurs" disposés par une société privée en différents points du bloc opératoire ont parlé jeudi matin. Ils ont mis en évidence la présence de toluène, une substance toxique "auparavant utilisée dans les laboratoires pour certaines analyses mais remplacée depuis quelques années par un autre produit, le LMR-SOL", a indiqué la déléguée CGT, sans pouvoir donner de détails sur les concentrations relevées.
Si les liens entre les mystérieux malaises et le toluène ne sont pas encore formellement établis, les symptômes provoqués par cette substance présentent de nombreuses similitudes avec ceux recensés chez les employés de l'hôpital. Selon un document de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), le toluène, un hydrocarbure benzénique (C7H8) dont la principale voie d'absorption se fait par inhalation, provoque chez l'homme "des maux de tête, des vertiges, des muqueuses irritées et une somnolence". L'Ineris indique également que "les troubles sont généralement réversibles dans les quelques heures suivant l'arrêt de l'exposition". Les agents du bloc avaient souligné que les symptômes disparaissaient après quelques heures, une fois de retour chez eux. "Nous devons nous réunir pour savoir comment le toluène a pu arriver là, mais nous sommes déjà satisfaits qu'on ait trouvé quelque chose", a déclaré Danielle Ceccaldi.
photo : archives TF1
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