© INTERNELa Commission européenne a annoncé lundi avoir autorisé l'importation dans l'Union Européenne (UE) du maïs génétiquement modifié MON 863, produit par le géant américain des biotechnologies Monsanto. Ce maïs, doté d'une protéine qui le protège contre un ver qui s'attaque à ses racines, est controversé en raison d'effets négatifs observés sur la santé de rats de laboratoire nourris au MON 863.
En juin dernier, les ministres européens de l'Agriculture n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur une demande d'autorisation pour ce maïs transgénique, renvoyant la prise de décision à la Commission européenne selon la procédure actuellement en vigueur.
La demande d'autorisation de Monsanto vise l'importation dans l'UE et la transformation du produit pour l'alimentation animale, et non la culture de maïs ni son utilisation en tant que denrée alimentaire, précise le communiqué de la Commission européenne. Le maïs MON 863 a fait l'objet "d'une évaluation approfondie des risques (...) et a été jugé aussi sûr que les maïs traditionnels par l'Autorité européenne de sécurité des aliments", ajoute le texte.
"Standardiser les tests"
Le quotidien britannique The Independent avait rapporté en juin qu'un document scientifique interne à la multinationale américaine faisait état de graves anomalies développées par des rats nourris en laboratoires avec ce maïs, comme des malformations rénales ou des modifications sanguines. L'information avait été démentie ensuite par Monsanto.
"Les résidus d’herbicides dans les plantes sont connus pour se retrouver dans les graisses animales et s’accumuler dans la chaîne alimentaire", expliquait à tf1.fr en décembre dernier Gilles-Eric Séralini, professeur en biologie moléculaire à l’université de Caen et expert en OGM auprès de l’Union européenne (1). Cette accumulation est à l’origine de problèmes de fertilité, d’immunité, de toxicité chronique, de cancer, comme le montrent des travaux réalisés sur des rongeurs, poursuit le spécialiste. "Or, 99% des OGM commercialisés tolèrent ou produisent des pesticides qui risquent de rentrer dans la chaîne alimentaire", pointait-t-il. Des pesticides qui plus est "jamais testés sur des cellules humaines", s’insurgeait le spécialiste.
"Standardiser les tests des OGM en Europe sur trois espèces de mammifères, pendant trois mois à deux ans, pourrait finalement aider les compagnies à avoir des standards homogénéisés et pour commercialiser de la nourriture de bonne qualité", écrit le professeur Seralini sur le site du Crii-Gen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), dont il est membre. Et de conclure : "Les biotechnologies seraient plus acceptables dans de telles conditions".
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