
L'UFC-Que Choisir a dénoncé mardi "l'aberration" de la politique de l'eau, qui applique les taxes les plus faibles à l'irrigation précisément dans les régions qui souffrent le plus de la sécheresse. "Plus le risque de sécheresse dû à l'irrigation est important et plus la taxation de l'irrigation est faible", souligne l'association. "Il s'agit de savoir si l'on veut s'inscrire dans une logique de la rareté de l'eau, défavorable au consommateur", a renchéri le président de l'UFC-Que Choisir, Alain Bazot. "Cette économie de la rareté n'est pas inéluctable".
L'eau est gérée localement en France par grand bassin (Loire-Bretagne, Adour-Garonne etc). Dans chaque bassin, une Agence de l'eau, où siègent élus locaux, agriculteurs, industriels, associations et l'Etat, fixe les taxes qui doivent théoriquement inciter à préserver la ressource en eau. Les bassins Adour-Garonne, Loire-Bretagne et Rhône-Méditerranée-Corse présentent les redevances sur l'irrigation les plus basses, tout en faisant face à de fortes pénuries d'eau. "L'Agence de l'eau Adour-Garonne, la plus concernée par la sécheresse, taxe l'irrigation à hauteur de 0,23 centimes au m3 alors que les agences de l'eau Artois-Picardie, Rhin-Meuse et Seine-Normandie, peu ou pas touchées par la sécheresse, taxent dans une fourchette allant de 1,14 à 1,50 centime par m3", relève ainsi l'UFC. Autre exemple : "l'irrigation est six fois moins taxée en Midi-Pyrénées, très touché par la sécheresse, qu'elle ne l'est dans le Nord-Pas-de-Calais".
La jungle des systèmes dérogatoires
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| Alain Bazot, président de l'UFC |
L'association de consommateurs dénonce aussi la gestion "à court terme" de la sécheresse et demande au gouvernement de saisir l'occasion de la prochaine loi sur l'eau, qui viendra en discussion au parlement en février, pour y inscrire des mesures anti-sécheresse : inciter les agriculteurs à diminuer leur consommation d'eau, via une réforme des taxes, et aider au développement de cultures printanières moins voraces en eau. "Il ne s'agit pas de remettre en cause la gestion de l'eau par bassin, mais il serait opportun d'introduire un cadre national, un système de fourchettes (pour les redevances)", selon Alain Bazot. Or, l'actuel projet de loi sur l'eau ne corrige que faiblement le déséquilibre des taxes sur l'eau, acquittées principalement par les ménages (82% du total). La part des agriculteurs dans les redevances sur la consommation et la pollution doit passer dans ce projet de 1% à 4%.
Photo d'ouverture : un champ irrigué en période de sécheresse - DR
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