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"Les requins blancs, davantage craints que respectés"

Edité par
le 19 août 2005 à 11h35
Temps de lecture
4min
Un requin en vadrouille

Crédits : INTERNE

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SciencesSorti sur les écrans il y a 30 ans, "Les Dents de la Mer" présente le grand requin blanc comme un monstre sanguinaire. Une image qui colle encore à cet animal pourtant menacé. Explications de Geremy Cliff, spécialiste sud-africain des requins.

1975. Les Dents de la mer (Jaws) sort dans les salles, traumatisant des millions d’amateurs de bains de mer. Tout comme le livre éponyme dont il est tiré (1), le film de Steven Spielberg contribue à diaboliser davantage les requins, et plus particulièrement le grand requin blanc, un animal aussi craint que détesté. Et aujourd’hui menacé, comme l’explique à tf1.fr Geremy Cliff, responsable du département Recherche au Natal sharks board, en Afrique du Sud.

tf1.fr : Les grands requins blancs pâtissent-ils toujours de l’image de tueurs sauvages qui leur a été accolée dans Les Dents de la mer ?

Geremy Cliff : Oui, je le crois. Cependant, il existe un nombre grandissant de personnes qui ont eu le privilège de voir des requins blancs dans leur milieu naturel et qui ne s’en tiennent pas à cette image. Malheureusement, la plupart des gens craignent plutôt qu’ils respectent les requins blancs car ils ne se rendent pas compte que les requins n’attaquent pas chaque être humain avec lequel ils entrent en contact.

tf1.fr : Le grand requin blanc a été classé comme espèce vulnérable par l’Union internationale pour la protection de la nature (UICN). Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur lui ?

G. C. : Il s’agit principalement de l’exploitation humaine dans le cadre des diverses activités de pêche : trophées de chasse (mâchoires et dents) et captures. Je ne pense pas que la question de la destruction de son habitat se pose et je suis sûr que la diminution de ses proies ne sera pas un problème car les grands blancs ont un régime alimentaire très varié.

tf1.fr : L’homme et le grand requin blanc peuvent-ils partager les mêmes sites marins ou faut-il créer des sanctuaires pour ce type de requin ?

G. C. : C’est une question délicate. Les sanctuaires sont extrêmement importants, pas seulement pour les requins mais pour toute la vie marine, et spécialement pour les animaux qui sont lourdement exploités tels que les poissons, les ormeaux [ou haliotides, mollusques, NDLR] et les crustacés.
Ces sanctuaires sont la meilleure façon d’accroître la biodiversité. Le défi consiste à déterminer les meilleurs sites où les mettre en place. Je pense que l’homme doit accepter le fait que s’il entre dans des eaux souvent fréquentées par des grands blancs et d’autres requins dangereux, une attaque est possible. Je crois que beaucoup de jeunes surfeurs acceptent ce risque.

tf1.fr : Quelle est la situation des grands requins blancs en Afrique du Sud ? Comment la population réagit-elle à leur présence ?

G. C. : L’Afrique du Sud a été le premier pays à protéger ces espèces. Je pense que notre population de grands blancs est en bon état. J’aimerais penser qu’elle a augmenté, juste légèrement peut-être, depuis qu’elle est protégée. Récemment, un grand blanc équipé d’un traceur a été détecté par satellite dans les eaux australiennes, ce qui signifie que certains individus parcourent des distances considérables.
Quant aux Sud-africains, je crois qu’ils montrent plus de respect vis-à-vis des grands blancs à travers diverses initiatives touristiques telles que la plongée en cage [cage diving]. Toutefois, je pense que le Sud-africain moyen a très peur des requins blancs.

tf1.fr : Justement, que pensez-vous de ces plongées en cage ? Contribuent-elles à améliorer l’image des requins blancs ?

G. C. : Je suis certain que cela aide les gens à respecter davantage les requins. La plongée en cage génère des revenus importants pour notre pays mais il est important que cette pratique ne devienne pas un cirque avec des gens qui taquinent le requin ou qui lui font cogner la tête sur le côté du bateau alors qu’il essaie de manger un appât.

(1) Peter Benchley, l’auteur de l’ouvrage Les Dents de la Mer, a fait depuis plusieurs années son mea culpa, devenant un farouche défenseur des requins. "Enlever un grand prédateur pourrait altérer l’harmonie de la vie dans les océans de manière catastrophique et imprévisible", souligne-t-il dans le numéro d’août de National Geographic-France.

photo : DR

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  • Céline : Le plus grand prédateur c'est l'homme! Arrétons de toujours accuser les grands blancs, les loups, les ours...ce n'est pas eux qui vont raser les forêts, trouer la couche d'ozone, polluer l'eau, affamer des populations, faire péter des bombes nucléaires, lacher leur merde dans l'espace...bref détruire la planète! la seule entité qu'il faudrait éradiquer de la planète c'est l'homme et sa co..! l'homme va tout seul comme grand à sa propre perte et en plus il entraine la planète avec lui!! Laissons les grands blancs et autres animaux en paix ils se galèrent déjà assez à survivre alors qu'on détruit leur habitat!

    Le 28/08/2005 à 11h04
  • 8-O : En résumé, le film de S. Spielberg était "trop bon". Prochain défi, faire un film impressionant sur les causes de noyades et autres "accidents" ou peut être la méduse tueuse ou encore la morsure de l'oursin géant...

    Le 23/08/2005 à 17h21
  • Alexandre N : Je devais avoir 10 ans, et vivais à cette époque à Dakar. Un après-midi, mon voisin me montra les "Dents de la mer". Choc terrible ! Je n'osais plus prendre un bain ou mettre mes mains dans l'évier pour faire la vaisselle. L'été suivant la vision du film, de retour au Cap d'Antibes pour une plongée, tétanisé par la peur, je fis mon testament avant de mettre un pied dans l'eau et la plongée s'est très bien passée techniquement, mais gâchée car à chaque seconde j'attendais le coup de grâce venant par derrière... je n'ai pas profité de mes plongées en fait ! 4 ans comme ça de trouille à chaque fois que devais me baigner dans des criques d'eau claire en Siciles ou dans des lagunes noires d'Abidjan. J'en eu assez : vu qu'on a peur de ce que l'on ne connais pas, je me suis mis à acheter tout ce que je pouvais sur les requins. Le livre "les dents de la mort" de Xavier Maniguet est superbe avec des récits de naufrages à glacer le sang, mais d'un autre côté, l'approche quasi médico-légales des attaques relativise les risques. Depuis, je suis devenu un fanatique de ces animaux aux 8 sens. Je prends mes risques quand je vais me baigner, essaye de deviner où potentiellement il peut y avoir danger (les sorties d'égouts). Après tout, ça ou un crash aérien ou encore qu'un alcolo vomisse son 38 t sur moi et ma petite moto... Ifo anatomique relevée par les rescapés des attaques de requins : l'abscence de douleur ! Aussi incroyable que cela paraisse, mais des rescapés ont bien dit n'avoir rien senti alors qu'ils leur manquait le pied ou le bras On suspecte le squale d'envoyer une dose d'ondes électriques juste avant d'attaquer, ce qui aurait pour but de neutraliser certains nerfs relatifs à la douleurs (notre système nerveux est émetteur/récepteur électrique), et ainsi les proies ressenttent qu'elles sont secouées par quelque chose mais ne savent pas se qui se passe jusqu'à ce qu'elles se retournent. J'espère avoir apporté un brin de relativité

    Le 22/08/2005 à 18h52
  • Soares : MOI J'AI VU AU JOURNAL DU 20 H00 QU'UN SURFEUR S'EST FAIR ATTRAPPE LE BRAS GAUGHE PAR UN GENTIL REQUIN BLANC QUI PASSAIT PAR LA ET CA C'EST PASSE EN AUSTRALIE.COMPLETEMENT DINGUE. DANY

    Le 21/08/2005 à 01h08
  • Regis : J'ai arreté la plongée definitivement apres des années de pratique apres avoir croisé un grand requin blanc au large de noumea il y a quelques années pourtant, j'avais déja croisé des requins, mais ce jour là il m'a surpris, pour moi la plongée, c'est terminé s'ils disparaissent, ils ne me manqueront pas

    Le 20/08/2005 à 12h32
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