Comment retraiter toujours plus de déchets ?

Par Matthieu DURAND, le 20 septembre 2005 à 13h59 , mis à jour le 20 septembre 2005 à 15h57

Les 8e Assises nationales des déchets ont débuté lundi à La Baule. Objectif : proposer de nouvelles mesures pour répondre à l'augmentation et à la diversification des ordures.

poubelles paris propreté grève © INTERNE

La production de déchets s'accroît de 1% par an pour atteindre 350 kg par habitant contre 150 kg il y a 25 ans, malgré les efforts menés depuis plusieurs années pour limiter les ordures ménagères, notamment via le tri sélectif. Leur traitement coûte de plus en plus cher (doublement du coût en dix ans) et génère par ailleurs 3% des émissions globales de gaz à effet de serre. Lesquelles participent au réchauffement climatique, une préoccupation majeure pour les gouvernants et citoyens de la planète. Ces enjeux, et bien d'autres, sont au cœur des 8e Assises nationales des déchets qui se tiennent lundi et mardi à La Baule.

Organisé tous les deux ans, ce rendez-vous se présente comme "une instance d'échanges, de réflexions et de propositions". Les participants — industriels, collectivités territoriales, pouvoirs publics, associations de protection de l'environnement et de consommateurs — planchent sur une nouvelle politique de gestion des déchets. Elle s'appuie sur quatre axes, précisent les organisateurs de la manifestation, les Directions Régionales de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement (Drire) et le Syndicat national des ingénieurs de l'industrie et des mines (Sniim).

Informer le public

Premier axe : limiter davantage en amont la production de déchets. Cela passe par la limitation de la distribution des publicités dans les boîtes aux lettres affichant un autocollant "Stop Pub" ou l'arrêt de la distribution des sacs en plastique dans les supermarchés (lire l'encadré ci-dessous). Parmi les pistes de réflexion évoquée à La Baule, mieux renseigner les consommateurs sur la durée de vie prévisible des produits et leur coût d'élimination. Deuxième axe : mieux organiser les filières de produits en fin de vie. Le service public des déchets repose sur la distinction entre déchets ménagers et non ménagers ; or cette frontière tend à s'estomper. Il faudrait donc que les filières de gestion de déchets coordonnent davantage leurs actions.

Le taux de valorisation des déchets ménagers pourrait atteindre 40% d'ici à dix ans contre 20% actuellement grâce notamment aux progrès réalisés dans la valorisation des déchets alimentaires, a estimé mardi le secrétaire général des 8e Assises, Stéphane Cassereau. Les déchets alimentaires, entreposés en décharge, produisent du biogaz (méthane) qui contribue à 3% à l'effet de serre, note-t-il. "L'une des solutions c'est le compostage", une solution qui permettrait de transformer "la part fermenticide" en engrais capable de remplacer les engrais chimiques utilisés dans l'agriculture.

Autre pilier de la nouvelle politique des déchets : l'amélioration de la gestion territoriale des ordures. En clair, les habitants doivent pouvoir déposer leurs déchets dans un lieu voisin de leur résidence, même s'il ne se trouve pas forcément dans leur commune. Il en résulterait des économies appréciables pour tous. Enfin, et d'une manière générale, les citoyens doivent être mieux informés sur le traitement des déchets : en quoi consiste-t-il, combien cela coûte-t-il... Une manière également de réduire les réactions de rejet qui accompagnent souvent les projets de centre de traitement. Comme le rappellent les organisateurs des Assises, "la gestion des déchets est plus que jamais un des éléments clés pour promouvoir le développement durable et chacun — entreprises, ménages, collectivités — peut agir en ce sens". 

Remplacer les sacs plastiques

"En 2003, plus de 15 milliards de sacs de caisse plastiques ont été distribués en France", indiquent les organisateurs des 8e Assises nationales des déchets. Grâce aux premières actions visant à en limiter la distribution (ou à l'interdire, comme en Corse), le nombre de ces sachets jetables a été réduit de 15% l'an passé. Plus de 8 Français sur 10 sont ainsi favorables à leur suppression totale (sondage CSA/WWF). Alternatives à l'étude : des sacs biodégradables (à partir d'amidon de maïs) mais plus chers ou des sacs fragmentables qui conduisent à une dissémination des particules et non à leur décomposition mais l'intérêt scientifique n'est pas prouvé. La grande distribution n'a pas attendu la solution "miracle", proposant à ses clients privés de sachets paniers, cabas consignés, sacs réutilisables.

photo : archives TF1

Par Matthieu DURAND le 20 septembre 2005 à 13:59
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6 Commentaires

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  • Marc, le 21/09/2005 à 14h03

    Bonjour, il faudrait déjà que les municipalités fassent appliquer les lois sur le tri, trop de personnes ne le font toujours pas... Leur donner des amendes quand ce n'est pas fait....

  • Jean, le 21/09/2005 à 13h20

    Pourquoi ne pas faire payer une taxe aux industriels qui incluerait le coût de retraitement de leurs produits et de leurs emballages. Ca les pousseraient à utiliser des matériaux facilement recyclables et à limiter les emballages toujours plus abondants. Malheureusement, pour ne pas se mettre les industriels à dos et surtout ne pas les pénaliser vis a vis de la concurrence étrangère, nos gouvernants laissent à la collectivité le soin d'assumer le cout de traitement des ordures. Ce qui à le grand inconvéniant de ne pas mettre les industriels face à leur responsabilité.

  • Alexandre, le 21/09/2005 à 05h01

    Derniere remarque pour m Cassereau, n'hesite pas a aller voir vos confreres d'autres pays car certains on une grande avance en la matiere ( japon). je reviens de l'expo internationale , on justemement on methanise et on produit une energie (presque) propre... voir nedo sur internet

  • Aurelien, le 21/09/2005 à 04h49

    Plutot que de s'affliger des consequences (toujours plus de dechets a gerer)tout en s'accomodant des causes (toujours plus de dechets produits), ne serait-il pas mieux de chercher a en produire moins, en achetant des produits avec le moins possibles d'emballages plastiques ou autres, et ce meme si le prix sur l'etiquette est un peu plus eleve...? de toute facon cette difference de prix on la paye quelque part, avec ces couts de gestion de dechets... le probleme c'est notre ''supermarket attitude'' de systematiquement acheter le produit le moins cher...!

  • Pascal, le 20/09/2005 à 17h30

    Ne faudrait-il pas egalement que fabricants de produits de grande consommation limitent leurs "course a la visibilite" avec leur emballages sans cesse plus voyant, volumineux et donc couteux a eliminer?

  • Didier, le 20/09/2005 à 14h55

    Le problème majeur c'est surtout d'éduquer la population qui a souvent autre chose à penser. Aux industriels de réduire les emballages superflus. Les sacs en papier ça existe !

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