© INTERNELa production de déchets s'accroît de 1% par an pour atteindre 350 kg par habitant contre 150 kg il y a 25 ans, malgré les efforts menés depuis plusieurs années pour limiter les ordures ménagères, notamment via le tri sélectif. Leur traitement coûte de plus en plus cher (doublement du coût en dix ans) et génère par ailleurs 3% des émissions globales de gaz à effet de serre. Lesquelles participent au réchauffement climatique, une préoccupation majeure pour les gouvernants et citoyens de la planète. Ces enjeux, et bien d'autres, sont au cœur des 8e Assises nationales des déchets qui se tiennent lundi et mardi à La Baule.
Organisé tous les deux ans, ce rendez-vous se présente comme "une instance d'échanges, de réflexions et de propositions". Les participants — industriels, collectivités territoriales, pouvoirs publics, associations de protection de l'environnement et de consommateurs — planchent sur une nouvelle politique de gestion des déchets. Elle s'appuie sur quatre axes, précisent les organisateurs de la manifestation, les Directions Régionales de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement (Drire) et le Syndicat national des ingénieurs de l'industrie et des mines (Sniim).
Informer le public
Premier axe : limiter davantage en amont la production de déchets. Cela passe par la limitation de la distribution des publicités dans les boîtes aux lettres affichant un autocollant "Stop Pub" ou l'arrêt de la distribution des sacs en plastique dans les supermarchés (lire l'encadré ci-dessous). Parmi les pistes de réflexion évoquée à La Baule, mieux renseigner les consommateurs sur la durée de vie prévisible des produits et leur coût d'élimination. Deuxième axe : mieux organiser les filières de produits en fin de vie. Le service public des déchets repose sur la distinction entre déchets ménagers et non ménagers ; or cette frontière tend à s'estomper. Il faudrait donc que les filières de gestion de déchets coordonnent davantage leurs actions.
Le taux de valorisation des déchets ménagers pourrait atteindre 40% d'ici à dix ans contre 20% actuellement grâce notamment aux progrès réalisés dans la valorisation des déchets alimentaires, a estimé mardi le secrétaire général des 8e Assises, Stéphane Cassereau. Les déchets alimentaires, entreposés en décharge, produisent du biogaz (méthane) qui contribue à 3% à l'effet de serre, note-t-il. "L'une des solutions c'est le compostage", une solution qui permettrait de transformer "la part fermenticide" en engrais capable de remplacer les engrais chimiques utilisés dans l'agriculture.
Autre pilier de la nouvelle politique des déchets : l'amélioration de la gestion territoriale des ordures. En clair, les habitants doivent pouvoir déposer leurs déchets dans un lieu voisin de leur résidence, même s'il ne se trouve pas forcément dans leur commune. Il en résulterait des économies appréciables pour tous. Enfin, et d'une manière générale, les citoyens doivent être mieux informés sur le traitement des déchets : en quoi consiste-t-il, combien cela coûte-t-il... Une manière également de réduire les réactions de rejet qui accompagnent souvent les projets de centre de traitement. Comme le rappellent les organisateurs des Assises, "la gestion des déchets est plus que jamais un des éléments clés pour promouvoir le développement durable et chacun — entreprises, ménages, collectivités — peut agir en ce sens".
Remplacer les sacs plastiques |
photo : archives TF1
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