© INTERNEDeux jours après la publication par le ministère de la Santé d'un rapport préoccupant sur la qualité de l'eau du robinet en France, les informations de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de Seine-et-Marne sonnent comme une confirmation. "Dans 250 communes du département, soit un bassin de population de 360.000 personnes, la situation de l'eau est non conforme", a-t-on indiqué vendredi au service santé-environnement de la Ddass. La situation concerne donc environ la moitié du département, qui compte en tout 514 communes. Dans 82 de ces communes, "il y a même des restrictions d'usage pour certaines couches de la population comme les enfants et les femmes enceintes", a ajouté la Ddass.
"La situation est préoccupante, même si les doses nocives dans l'eau restent très faibles et que l'on n'a pas observé d'intoxication directement liée à la consommation", précisent les services de l'Etat. Les pollutions observées portent sur des traces de pesticides, essentiellement agricoles, de nitrates, de sélénium et de fluorures.
"Dans certaines villes, le problème dure depuis plus de dix ans"
"Il y a un vrai problème d'eau potable en Seine-et-Marne. La situation y est absolument comparable avec celle de la Bretagne", a précisé Jean Dey (Verts), vice-président du conseil général en charge de l'eau. Selon lui, le centre de la Brie et l'est du département sont les zones les plus touchées. "Dans certaines villes, le problème dure depuis plus de dix ans et les temps d'exposition (à la pollution) sont élevés. Les élus des communes faisant l'objet de restrictions d'usage ont été convoqués en 2003 par le préfet mais, malgré les menaces de sanctions, rien n'a été fait depuis", s'est insurgé l'élu.
Les services de l'Etat, dont l'Agence de l'eau, et les collectivités territoriales de la région et du département ont prévu de se réunir le 12 septembre afin d'élaborer un "plan départemental pour sécuriser l'alimentation en eau". "On s'achemine vers un observatoire départemental, dont la première partie a été budgétée pour 2006. Aujourd'hui, les efforts sont dispersés sur notre territoire, et, face à un problème de santé publique, il faut mettre en place une démarche curative", a plaidé Jean Dey.
"Depuis quelques années, il y a une montée en puissance de la concentration des pesticides et des nitrates dans le sol", a-t-on confirmé à la Ddass. "Il ne faut pas tarder à résoudre ces problèmes de qualité. Pour le sélénium et le fluorure, il existe peu de procédés de traitement et ils coûtent cher. Notre schéma est en cours de réalisation". De leur côté, les élus départementaux ont fait savoir qu'ils souhaitaient mettre en oeuvre "des aides financières conditionnées au respect des engagements en faveur de solutions solidaires et éco-durables".
Photo d'ouverture : archives
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