Le mal de Chirac décrypté

Par AFP, le 06 septembre 2005 à 16h13 , mis à jour le 06 septembre 2005 à 17h24

Le chef de l'Etat hospitalisé depuis vendredi soir a été victime d'un petit accident vasculaire consécutif à un hématome de petite taille. Explications.

Jacques Chirac © TF1

C'est une hémorragie cérébrale limitée qui se trouve à l'origine du "petit accident vasculaire" ayant conduit à l'hospitalisation vendredi au Val-de-Grâce du chef de l'Etat, Jacques Chirac, âgé de 72 ans, d'après les informations communiquées par un porte-parole officiel. "Il s'agit d'un hématome de petite taille, expliquant le caractère isolé et limité du trouble de la vision", indiquait ainsi lundi le médecin-chef Anne Robert, chef du bureau de la communication et de l'information des services de santé des armées. "Les signes cliniques sont en cours de régression, traduisant une évolution très favorable", précisait-elle. Dans ce cas, l'atteinte apparemment isolée de la vision correspondrait à la rupture d'une petite artère, entraînant une petite hémorragie avec "lésion unilatérale du cortex occipital" et altération visuelle correspondant à l'autre côté de la lésion du cerveau, estime le professeur Yves Samson (neurologie vasculaire, hôpital de la Pitié-Salpétrière, Paris).

Le trouble de la vue évoqué correspond probablement à une hémianopsie (affaiblissement d'une moitié du champ visuel) ou une quadranopsie (absence de champ de vision d'un quart du champ visuel), relève un neurologue. Une malformation vasculaire, qui se rencontre plus souvent chez des sujets jeunes, apparaît une cause peu envisageable à cet âge, selon les spécialistes. "Les facteurs de risque d'hémorragie cérébrale sont l'hypertension artérielle et l'âge", rappelle le Pr Samson. Le terme "hématome" recouvre celui d'hémorragie, explique-t-il. "Le repos et la surveillance de la pression artérielle" sont indiqués. "On s'est aperçu que le fait d'abaisser la tension artérielle (étude Progress), même en l'absence d'hypertension artérielle (HTA) chronique, diminuait le risque de récidive hémorragique", précise ce spécialiste. Aussi "on baisse la tension, la limite étant la tolérance au traitement, si le patient le supporte bien", d'après lui. "Jusqu'à récemment, il n'y avait pas de traitement spécifique de l'hémorragie cérébrale, mais un nouveau traitement a donné des résultats favorables dans une première étude parue dans le New England Journal of Medicine" en février 2005, rapporte le Pr Samson, et ce traitement fait l'objet d'un deuxième essai contre placebo (substance neutre), en France notamment.

Le produit testé est un facteur de coagulation recombinant, le facteur VII (ou rFVIIa ou Novoseven, de la compagnie danoise Novo Nordisk). L'administration de ce traitement doit intervenir dans les quatre heures, selon le schéma expérimental, l'hémorragie intracérébrale (HIC) spontanée pouvant être confirmée par imagerie (examen TDM/scanner CT) moins de trois heures après l'apparition des symptômes. L'objectif des essais en cours est de mesurer l'avantage, la prévention des récidives d'hémorragies cérébrales et les risques potentiels de thrombose (bouchon) en raison de la nature du produit favorisant la coagulation. La première étude avait porté sur près de 400 patients de 20 pays. Il y a environ 250.000 cas d'hémorragies intracérébrales par an dans le monde occidental (Japon, Europe et États-Unis).

Par AFP le 06 septembre 2005 à 16:13
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