"Malus" pour les voitures polluantes

le 07 septembre 2005 à 18h36 , mis à jour le 07 septembre 2005 à 21h24

A partir du 1er janvier, les acheteurs de voitures neuves très polluantes devront payer une taxe supplémentaire. Véhicules visés : les 4x4, les monospaces et les voitures de luxe.

pollution © INTERNE

Le pétrole est cher et le climat se réchauffe : deux bonnes raisons pour taxer les voitures les plus polluantes qui acquitteront un "malus" à partir de janvier en plus de l'actuelle carte grise, selon la ministre de l'Ecologie Nelly Olin. Elle a détaillé mercredi l'ensemble des mesures écologiques dévoilées la semaine dernière par le Premier ministre. "Le problème du changement climatique et le problème du prix du pétrole sont devenus un seul et même problème", a-t-elle souligné.

Premier secteur visé : les transports, qui absorbent plus de la moitié de la demande de pétrole française, et représentent le quart des émissions de gaz à effet de serre de la France. Les acheteurs de voitures neuves très polluantes (plus de 200 grammes de CO2 par km) acquitteront une taxe supplémentaire sur la carte grise à partir du 1er janvier. La mesure concerne 8% des ventes, soit 180.000 cartes grises. Les véhicules d'occasion qui ont été immatriculés pour la première fois après juillet 2004 seront aussi surtaxés à la revente.

"Une micro-mesure" 

Ce "malus" cible les 4X4, monospaces et voitures de luxe. Chaque gramme de CO2 "coûtera" 2 euros supplémentaires entre 200 et 250 gramme de CO2 au km, et 4 euros au delà de 250 g/km. Le surcot moyen est de 40 euros pour les véhicules entre 200 et 250 grammes et de 211 euros pour ceux émettant plus de 250 g.

Exemple : la carte grise coûtera 12 euros de plus pour une Espace IV 2.2dCi (206 g de CO2) et 380 euros de plus pour une 4X4 Cayenne (320 g). La mesure draînera 18 millions d'euros, affectés à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). "L'intérêt est surtout pédagogique", estime Olivier Louchard du Réseau Action Climat, qui regroupe 13 associations écologistes. "C'est une micro-mesure, sans grand impact sur les émissions de CO2", ajoute-t-il.

Le gouvernement a renoncé à abaisser la vitesse sur autoroute de 130 km/h à 115 km/h, ce qui aurait permis d'économiser 20% de carburant, soit deux millions de tonnes de pétrole par an, selon l'ADEME. La mesure était jugée "coercitive" à l'UMP.

Véhicule hybride

Le gouvernement mise sur des mesures incitatives telles que les crédits d'impôt, portés de 1.525 à 2.000 euros pour l'achat de voitures propres (hybrides, GNV, GPL). Il rétablit aussi l'aide aux transports collectifs de province, supprimée depuis 2 ans : bus et tramway en site propre vont bénéficier de 100 millions d'euros.

Le gouvernement veut inciter les constructeurs français à proposer un véhicule hybride (à l'électricité et à moteur thermique). Les hybrides vendus aujourd'hui sont tous étrangers: Toyota, Honda. Renault et PSA, qui ont une longueur d'avance dans le diesel, pourraient combler leur retard avec un véhicule hybride diesel/électrique. PSA a un prototype dans ses cartons.

le 07 septembre 2005 à 18:36
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