Le sort des embryons congelés devant la CEDH

le 27 septembre 2005 à 16h01 , mis à jour le 27 septembre 2005 à 16h13

Une Britannique a réclamé mardi devant la Cour européenne des droits de l'homme le droit d'avoir un enfant à partir d'ovules fécondés par le sperme de son ancien fiancé.

embryon © INTERNE

Natalie Evans, 33 ans, ne peut plus avoir d'enfants. Depuis plusieurs années, cette jeune Britannique se bat pour obtenir la restitution d'embryons congelés conçus avec son ancien fiancé, lequel s'oppose à cette éventuelle paternité. Elle a épuisé tous les recours possibles devant la justice britannique, la  loi de ce pays exigeant en effet que les deux parents potentiels soient  consentants dans le cas d'embryons congelés. Howard Johnston, son ancien fiancé, avait en effet accepté que sa compagne bénéficie d'une procédure FIV (fécondation in vitro), à l'issue de laquelle six embryons avaient été congelés, après avoir appris en 2001 qu'elle souffrait d'un  cancer des ovaires. Mais après sa rupture avec Mme Evans, il a refusé que ces embryons soient  utilisés.

La jeune femme s'est alors tournée vers la Cour européenne des droits de l'homme. Lors de l'audience, mardi, son  avocat Muiris Lyons a souligné qu'elle attendait d'avoir un enfant et que sa seule erreur était d'avoir fait confiance à un homme. "Il n'y a jamais eu égalité dans le cas du consentement mutuel à vouloir un enfant. M. Johnston a limité son droit de reproduction en raison des promesses faites à Mme Evans", a-t-il fait valoir. M. Johnston a répondu par la voix de son avocat, Philip Sales, qu'"il a ses raisons de ne pas vouloir donner son matériel génétique" à un enfant dont il serait moralement et financièrement responsable. L'avocat a par ailleurs rappelé que la loi britannique sur la fertilité  votée en 1990 prévoyait la primauté du consentement et qu'elle rendait le  retrait possible à tout moment. L'avocat de Mme Evans a de son côté expliqué qu'un simple formulaire avait été signé par les deux parties à leur arrivée à la clinique, et souligné qu'il manquait une clause dans la législation britannique rendant le consentement irrévocable. La Cour européenne a mis l'affaire en délibéré.

le 27 septembre 2005 à 16:01
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Rousset, le 28/09/2005 à 15h51

    Les femmes ont déjà le droit d'extorquer la vie à un homme et de se voir attribuer une pension avec la bénédiction de la justice. Ce pouvoir est suffisamment grand pour que le droit du géniteur soit enfin pris en compte . l'oeuf hors du "ventre" intouchable échappe donc à l'avis unilatéral de la mère qui n'ayant plus la possibilité de "faire" un enfant toute seule ,évite à ce gosse un devenir un demi-orphelin. J'espère que la justice tranchera juste . Le droit à la maternité de cette femme ne peut s'arranger du refus de paternité du père . Juger autrement serait valider une inégalité des parents face à l'enfant. Serait-elle plus mère qu'il n'est père?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience