© INTERNENatalie Evans, 33 ans, ne peut plus avoir d'enfants. Depuis plusieurs années, cette jeune Britannique se bat pour obtenir la restitution d'embryons congelés conçus avec son ancien fiancé, lequel s'oppose à cette éventuelle paternité. Elle a épuisé tous les recours possibles devant la justice britannique, la loi de ce pays exigeant en effet que les deux parents potentiels soient consentants dans le cas d'embryons congelés. Howard Johnston, son ancien fiancé, avait en effet accepté que sa compagne bénéficie d'une procédure FIV (fécondation in vitro), à l'issue de laquelle six embryons avaient été congelés, après avoir appris en 2001 qu'elle souffrait d'un cancer des ovaires. Mais après sa rupture avec Mme Evans, il a refusé que ces embryons soient utilisés.
La jeune femme s'est alors tournée vers la Cour européenne des droits de l'homme. Lors de l'audience, mardi, son avocat Muiris Lyons a souligné qu'elle attendait d'avoir un enfant et que sa seule erreur était d'avoir fait confiance à un homme. "Il n'y a jamais eu égalité dans le cas du consentement mutuel à vouloir un enfant. M. Johnston a limité son droit de reproduction en raison des promesses faites à Mme Evans", a-t-il fait valoir. M. Johnston a répondu par la voix de son avocat, Philip Sales, qu'"il a ses raisons de ne pas vouloir donner son matériel génétique" à un enfant dont il serait moralement et financièrement responsable. L'avocat a par ailleurs rappelé que la loi britannique sur la fertilité votée en 1990 prévoyait la primauté du consentement et qu'elle rendait le retrait possible à tout moment. L'avocat de Mme Evans a de son côté expliqué qu'un simple formulaire avait été signé par les deux parties à leur arrivée à la clinique, et souligné qu'il manquait une clause dans la législation britannique rendant le consentement irrévocable. La Cour européenne a mis l'affaire en délibéré.
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