
On connaît le bâillement irrépressible qui intervient sournoisement après le déjeuner. Malgré un bon café, rien n'y fait : votre bouche s'ouvre mécaniquement, et hop, vous faîtes place, l'espace d'un instant, à un "phénomène réflexe archaïque", comme disent les médecins.
Pourquoi bâille-t-on ? Parce que l'on est fatigué, tout d'abord. Par mimétisme, ensuite : qui n'a pas été victime de la contagion du bâillement de son voisin de table ? On sait moins que la faim provoque les mêmes effets, de même que l'ennui. Il est donc conseillé de masquer son bâillement lorsqu'on est en réunion avec son patron... Il existe aussi des bâillements au réveil, associés à des "étirements ou pandiculation", note Pascal Corlieu, ORL à Cochin (Paris). Un phénomène que l'on observe tous les jours chez le chat ou le chien.
Pathologie
Le rôle des bâillements reste mal élucidé, mais ils provoquent néanmoins une "sensation de bien être" pouvant être liée à une libération par le corps de substances naturelles agréables, les endorphines, et une stimulation de la vigilance.
Dans les situations à risque, au volant par exemple, bâiller peut déclencher une salutaire réaction d'alerte. On le sait, bâiller permet également de rétablir l'équilibre de la pression dans l'oreille avec la pression atmosphérique, comme on peut l'expérimenter au cours d'un voyage en altitude.
Mais à côté du bâillement normal, il existe le bâillement pathologique, qui intervient de manière tellement fréquente qu'il en constitue un handicap. Il peut être révélateur de la présence d'une hypertension intracrânienne liée à une tumeur. Il peut aussi être un témoin de l'efficacité d'un traitement : en effet, il disparait dans certaines maladies comme la maladie de Parkinson. "Leur réapparition est donc un témoin de l'efficacité thérapeutique et leur disparition peut signifier l'échappement thérapeutique" - la perte d'action du traitement - , explique le Dr Corlieu.
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