
Interrogé en 2001 par tf1.fr, Roland Mazurie, responsable de la prévision au centre de Météo France en Guadeloupe, indiquait sur la base de prévisions, qu'à l'avenir,"les cyclones ne seraient pas plus nombreux mais plus intenses" (cliquez pour lire l'article sur ce sujet). L'actualité récente ainsi que les prévisions des experts semblent lui donner raison. "En moyenne, il y a 9 à 10 cyclones — tempêtes ou ouragans — recensés dans la zone Atlantique/Caraïbe", rappelait encore le météorologue. Or, Rita, qui menace le Texas et la Louisiane, est le 16e depuis le début de l'année — le 1er cyclone de l'année est baptisé d'un prénom commençant par A, le 2e par un prénom débutant par B et ainsi de suite.
"Les prévisionnistes américains avaient estimé qu'en 2005, les cyclones seraient nombreux et intenses", précise à tf1.fr Michel Desbois, directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire de météorologie dynamique. "Ils se sont basés sur deux indicateurs : le réchauffement des températures de la mer, à la surface et jusqu'à dix mètres de profondeur, et le peu de différences entre le vent d'altitude et le vent de surface, qui sont deux conditions favorables à la formation de cyclones", explique l'expert.
Au-delà de ce constat "conjoncturel", les scientifiques ont observé les effets du réchauffement climatique : comme ils le prévoyaient il y a quatre ans, la température de la mer a sensiblement augmenté. "Il est vrai que le changement climatique se traduit par l'augmentation de l'intensité des cyclones, pointe Michel Desbois. Pour autant, on ne peut pas lier directement l'intensité du cyclone Katrina [qui s'est abattu sur la Louisiane et le Sud des Etats-Unis, NDLR] au réchauffement climatique. Des cyclones de l'intensité de Katrina, il y en a eu d'autres auparavant."
Digues défaillantes
Pour le chercheur du CNRS, les meilleurs spécialistes des cyclones sont américains et ils n'ont pas failli dans leurs prévisions. "Ce sont les Etats et l'Etat fédéral qui n'ont pas pris les mesures qu'il fallait : c'est tout le problème de la gestion d'un événement rare mais qui peut générer des coûts importants", pointe-t-il avant d'ajouter : "la société libérale américaine ne fait peut-être pas assez pour la protection collective des citoyens".
Des propos qui trouvent un écho aux Etats-Unis mêmes. "Nous sommes absolument convaincus que les digues n'ont jamais été submergées", a affirmé au Washington Post Ivor van Heerden, le directeur adjoint du centre des ouragans de l'Université de Louisiane. Il a estimé que le vrai scandale de Katrina est "l'échec catastrophique des structures" qui auraient dû contenir le cyclone facilement. Les spécialistes de l'université ont montré par ordinateur que la vague du lac Pontchartrain et de ses canaux avait été inférieure à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer. Or le système était conçu pour résister à des vagues de plus de 4 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est trop tôt pour dire si les digues ont rompu à cause de leur conception ou de leur construction ou une combinaison des deux, a ajouté Ivor van Heerden. Il a estimé que les murs de béton qui entouraient le lac ressemblaient davantage aux murs du son qui longent les principales autoroutes, jugeant en outre que les canaux auraient dû être dotés d'écluses. Le constructeur des digues n'a pas été identifié mais le porte-parole du Génie militaire a indiqué qu'une enquête complète serait diligentée.
photo : une digue rompue après le passage de Katrina, à La Nouvelle-Orléans (TF1)
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